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2. NoiiL CiiAHAVAY, Bulletin d'aul., Ue juin li)07, ii" .'iHSir. H. (mI. de ta itenfe d'aut. de M. ISovet, n° 914.
LES INIMITIES riE VOLTAIRE
exactitude historique. Il ne s'élonnait point que Lambert, son libraire, lui écrivît à propos du même ouvrage : « Ce livre, ainsi qije tout ce qui vient de vous, Monsieur, fait ici un bruit étonnant; tout le monde veut en avoir et beaucoup de gens ont écrit à Berlin, d'autres à Dresde, pour qu'on leur envoie à quelque prix que ce soit ce qu'il y a d'imprimé '. » 11 goûtait assurément ce certificat que Dortous de Muiran lui adressait au nom de l'Académie des sciences h l'occasion d'un mémoire intitulé : Doutes sur la mesure des forces motrices et sur leur nature. « 11 paraît que M. de Voltaire est au fait de ce qui a été donné en physique et qu'il a lui-même beaucoup médité sur cette science'. » Et alors qu'au seuil de la tombe il allait, avec Irène, recevoir sur la scène delà comédie les honneurs du triomphe, il pouvait accepter sans trop se plaindre, parce qu'elles étaient corl'igées pa r des éloges peut-être exagérés, certaines critiques. Condorcel, au nom de d'Argental, de Suard et de Turgot, lui adressait sur le style de son œuvre dernière des observations justifiées à coup sûr, mais qui durent singulièrement émouvoir le vieillard dont la mort était proche : « Songez, lui disait-il, que vous nous avez habitués îi la perfection dans les convenances, dans les caractères, comme Racine nous a accoutumés à la perfection dans le slyle; (pie vous seul avez réuni ces deux pcrfeclions et (|uc si on est sévère, c'est votre faute '. »
Mais, qu'eûl-il pensé, qu"eùl-il dil surtout s'il eût connu les appréciaiioiis de certains autres? de Destouches, par exemple, à ([ui ce[)endant il avait écrit en le félicitant sur le Glorieu.r, « qu'il le mettait au-des-
1. Noiii. CnAiiAVAY, Hiillcliii irnnl.. cli> j;iiivicr 19(17, n" 58637. ■1. Noia. C.iiAiiAv.\Y, liuUcUn rJ'aiil.. cli- lV-vr'i(M- IDOK, ir 61584. :H. CiiI. ,le lu l'cnic (Ciutl. <lc 11. h'illun, ri" T'.'S.
SUS de son siècle' », formule de louange devenue presque banale chez lui tant elle a été souvent répétée, et qui se plaignait à Tilon du l'illet que « ^'ollaire se fit un point d'honneur d'exalter nos voisins à nos dépens ^ », de son ami Thiériot qui, d'un avis opposée à celui de l'Académie des Sciences, écrivait à Devaux : « Voltaire parle de la PIvisiqiie de Newton sans la comprendre. Il a peu d'originalité, emprunte ses idées à Bayle, à Montaigne, aux Anglais. Comme poète, il n'a ni le génie de Corneille, ni le naturel de Racine. Il fut dans sa Henriade pour la république des Lettres un excellent tailleur. Poussez la comparaison; elle n'est pas noble. Dans Zo/'/-e, on retrouve des pensées de Montaigne. Et cependant, j'aime \o\taire^! » Ou'eût-il dit s'il ne l'eût pas aimé?
Non, Voltaire n'a pas eu que des admirateurs. Il l'a su, il en a souffert, son orgueil en a été cruellement froissé. Il s'est efforcé de briser la vie de ceux dont il savait qu'il n'aurait jamais les louanges et s'il eût eu le temps de connaître Mirabeau, sa vieillesse eût, sans doute, été profondément attristée par ces quelques mots que le futur tribun adressait en 17S1 à Palissot qui préparait une édition des œuvres du patriarche : « .l'ai toujours pensé, depuis que j'ai su que vous travailliez à un commentaire de ce grand homme, que votre ouvrage mériterait de beaucoup la préférence sur tous ceux qui auraient le même poète pour objet, parce que vous seul, j)eut-étre, réunissez les lumières et le courage nécessaii'cs pour énoncer et respecter la vérité dans l'examen des tro|) nombreux ouvrages d'un écrivain si inégal et si infatigable '. »