‹ La légende des "philosophes"Chapitre 37 sur 70 · tte la vente d'aiil. B. I-illon, n" i.i · texte numérisé non relu

tte la vente d'aiil. B. I-illon, n" i.i

à peu près fait sur l'auteur de la Nouvelle Jléloïse et, tant d'autres préoccupations, tant d'autres polémiques nouvelles étaient venues assaillir l'esprit du poète, qu'il abandonna les ennemis terrassés pour tomber avec de terribles coups de plume sur ceux qu'il se découvrait tous les jours.

L'une des querelles les plus étranges, parmi toutes celles si étranges qui ont occupé la longue vie de Voltaire, c'est celle qui le sépara à tout jamais de J.-B. Rousseau, dont depuis longtemps il se proclamait l'ami et le défenseur tout dévoué.

A tort ou à raison, J.-B. Rousseau a une assez mauvaise réputation. S'il fut vraiment un grand poète lyrique, celui de tous qui, sachant le mieux allier la sublimité des idées à l'harmonie du style, a apporté à la France une part de gloire littéraire considérableil joua — dit-on — un tlouble rôle qui lui attira le mépris public. Poète religieux dans ses Odes, licencieux dans SCS Epigramnies, il se laissa aller contre ses amis — c'est la renommée qui parle — à de véritables et cruelles dilTamations qui furent sévèrement jugées, puisqu'un arrêt du Parlement, rendu en 1712, le bannissait à perpétuité du royaume. Il protesta toute sa vie contre cette condamnation et ne voulut consentir à rentrer en France qu'après avoir obtenu une réhabilitation publique.

Mais si la Motte, Crébillon, Saurin cl quelques autres avec eux conservèrent à l'endroit de J.-B. Rousseau le ressentiment que leur avait causé les calomnies dont ils étaient alireuvés clia(|ue jour, et dont ils le croyaient l'auteur, il ne parait pas que \'oltaire ait à cette époque, partagé leuf inimitié contre le poète

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lyrique, puisqu'on décembre 171S, il lui écrivaiten lui adressant sa tragédie A'UEdipe qu'il était heureux de renouer le commerce de lettres que ses malheurs l'avaient forcé d'interrompre. Ayant voulu le suivre de loin dans ses succès, il n'avait encore réussi qu'à lui ressembler par ses disgrâces. Peut-être l'en aimerait-il davantage et recevrait-il avec plus de bonté l'ouvrage qu'il lui envoyait. Il ajoutait — ce([ui prouvait à quel point il honorait l'homme cl admirait le poète : « Franchement, les F'rancais doivent être bien honteu.\ d'avoir laissé aux Allemands l'honneur d'avoir [larmi eux un homme tpii t'ait la gloire de sa pairie '. »

Plus tant, le i!3 lévrier 1722, alors fiuil composait la Henriade et qu'il tenait absolument à soumettre à celui qu'il considérait avec raison comme un guide éclairé en l'ait de poésies, certaines difficultés qui le préoccupaient, il lui écrivit de nouveau pour l'engager à mettre à exécution le projet qu'il avait formé d'un voyage aux Pays-Bas où il ne manquerait pas d'aller lui rendre visite, et lui demander ses conseils-. Il lit même davantage. Décidé à être à portée de voir .l.-B. Rousseau, Voltaire demanda au Cardinal Dubois, et en obtint une mission en Allemagne. A la lin de l'été de 172:^,11 accompagna en Hollande Mme de liiqjpelmonde et se rendit à Bruxelles auprès de celui qu'il appelait: son maître '.

Ce fut vraiment un voyage malheureux. \'oltaiie en revint brouillé à tout jamais avec le poète exilé. Pourquoi? il n'esl [las [)ossible de le savoir. — \o\taire est absolument muet sur ce point dans sa correspondance et les lettres datées de La Haye en 1722,

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