‹ La légende des "philosophes"Chapitre 4 sur 70 · LE CYNISME DE VOLTAIKE; LES DÉSOKUUES DE DIDEROT · texte numérisé non relu

LE CYNISME DE VOLTAIKE; LES DÉSOKUUES DE DIDEROT

Les philosophes. — Lkuu vie privée. — \'ollairc et Mme du Cha telet. — Mme Denis. — Diderot. — Mlle Babiity. — Mme de Puisieux. — Mlle Voland.

Mais tout cela, c'est le procès de la monarchie ! — Non, c'est le procès des mœurs d'une société qui ayant perdu les vertus mâles et guerrières de ses premiers âges s'en allait s'elTcminant ; d'un peuple que les raflinements d'une civilisation venue d'Italie avec la Heiiaissance et les Médicis plongeaient dans le libertinage; qui ne songeait plus qu'à marivauder ; qui, môme lorsqu'il portait les armes, faisait la guerre avec le courage et la bravoure qui lui élaieiit naturels, mais la faisait « en dentelles », suivant une expression toute récent(\

C-cla produisit les ell'ets désasireux (|uc j'ai essayé (rindi(|ucr, mais n'empêcha nullement la monarchie d'avoir été la mère nourricière du peuple français, d'avoir, avec ce peuple, écrit cette admirable histoire (|ui, j)cndaiil lanl de siècles, a fait l'étonnemcnl du

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monde.. Cela ne l'enipèche nullement d'avoir été et d'être encore la forme de gouvernement qui s'accoi'de le mieux avecl'esprit et le tempérament des Français. Ils voient en elïet la République s'installer chez eux comme un accidentamené par un cataclysme violent puis disparaître, emportée par une autre secousse non moins violente ; voilà plus d'un siècle que ces crises se succèdent et chacun se demande à part soi si le moment n'est pas venu de l'aire appel au principe dont dépendent l'ordre el la sécurité dans l'avenir.

Et d'ailleurs, ces hommes, dont les doctrines philosopliiques devaient modifier si profondément les habitudes sociales, politiques et religieuses de tout un peuple, qu'étaient-ils donc? — que valaient ils euxmêmes au point de vue moral? où prenaient-ils le droit de se poser en régénérateurs de l'humanité? Peut-être serait-il temps d'étudier leur vie, de voir si elle s'adaptait exactement à leurs théories : s'ils ont donné l'exemple des vertus qu'ils prétendaient imposer et si, empressés à renverser les trônes, ils ont construit un édifice capable de garantir l'existence dune nation (jui se prêtait à suivre leurs préceptes.

Ils se sont parés du titre de philosophes ; il ne semble pas qu'il leur convienne absolument. Prenons ce mot dans le sens que lui donnait l'antiquité : il éveille l'idée d'un homme en (jui se sont rassemblées toutes les vertus, sur la léte duquel sont venus se réunir tous les dons de la divinité; d'un sage que la dignité de sa vie privée, que les hautes qualités de sa vie publique désignent tout naturellement comme exemple aux autres hommes pour les conduire si'u-ement dans les voies de la vérité et de la justice.

Ont-ils été ces sages qui méritent d'être honorés et de laisser à la postérité un nom respecté de tous?

11 est vrai que le mol » philosophe » a, depuis les

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temps antiques, siiii>ulièreaîent changé de sens. Ceux qui, aujourdliui, se patciil de ce beau titre, ontpeutâlre encore la prétention de dicter aux peuples qui les écoutent les véritahles lois de la sagesse et de la vertu; peut-être croient-ils sincèrement qu'ils ont reçu la mission de diriger l'humanité en matière politique et religieuse, dans des voies où elle doit trouver le bonheur absolu qu'elle cherche depuis si longtemps.

J'ai bien peur (ju'ils s'abusent... .le crois que les philosophes qui se considèrent volontiers comme chargés d'une mission spéciale se gonllent outre mesure et s'attribuent dans le monde un rôle sur lequel ils se trompent. C'était d'ailleurs l'avis de Voltaire qui, le 3 mars 1766, écrivait de Ferney à son camarade Fiot de la Marche devenu premier piésident du Parlement de Bourgogne.

« Avez-vous encore vos artistes auprès de vous et ce graveur dont j'ai oublié le nom et dont j'aimais les dessins malgré les dégoûtés de Paris qui n'en ont jjas voulu ? Je voudrais qu'à votre recommandation il me dessinât et me gravât une planche assez bizarre, destinée à un petit in-8. — Il s'agit de représenter trois aveugles qui cherchent à tâtons un âne qui s'enfuit. C'est l'emblème de tous les philosophes qui courent après la vérité. Je me tiens un des plus aveugles et, j'ai toujours couru après mon àuc. C'est donc mon portrait que je vous demande, ne me le refusez pas '. »

Il fallait être Voltaire; pour se permettre de traiter, aVec celte légèreté, trois hommes graves comme Diderot, d'Alemhert et Rousseau qui, d'après lui.

I. El. (liiAiiAVAY, Calaloyuc de lu l'fntf il'(inliiiji-iii>lies ilc M. l!ovcl, n" 72r).

couraient sans cesse à la recherche de la vérité sans la rencontrer jamais ; mais il faut reconnaître que cette satire, vraiment cruelle d'ailleurs, ne manque pas d'une certaine justesse.

Qu'est-ce en effet que le philosophe moderne ? — L'inventeur de hcUes théories qui, d'habitude, n'ont rien h voir avec la marche normale de riuimanilé; un observateur profond qui, surtout, s'observe luimême. Il s'abîme dans l'étude d'un seul être: soi; il s'absorbe dans les réflexions les plus savantes qui n'ont qu'un seul objet: ses propres sentiments, ses propres sensations ; il dissèque son âme ; il la connaît dans tous ses recoins ; il sait à merveille s'il croit en Dieu, ou s'il considère l'existence de la divinité comme un élément inutile au bonheur de sa vie intime ; il constate qu'il est athée ou bien sceptique; que la complexion de son esprit le conduit, en matière politique, soit vers un régime monarchique qu'iljui^e indispensable pour diriger sagement et sûrement les peu[)les vers leur avenir, soit vers un régime de liberté qui lui paraît seul capable d'assurer le bonheur des sociétés modernes ; puis, lorsqu'il a achevé son examen, très consciencieux à coup sûr, il s'imagine être en possession de la vérité absolue ; il prend la plume et voilà né un système philosophique nouveau. Mais ce sage qui a passé sa vie entière h s'étudier luimême, qui nous fait part du résultat de ses méditations n'a oublié qu'une chose : c'est qu'il faut également étudier l'Ame des autres. Il a commis l'erreur qui vicie pas mal des vérités considérées à tort comme démontrées: il a conclu du particulier au général, de lui aux autres. En sorte qu il ne s'est pas aperç;u que, s'il est à ]ieu [)rès indill'érent h la marche de l'humanité que lui, vénérable savant, dont les cheveux ont blanchi à l'étude obstinée de son moi, sente

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son âme complôtemenl satisfaite par la religion naturelle ; que lui, unité dans le monde, nie Dieu et considère comme une folie les pratiques de la religion ; il n'est nullement indilTérent pour les hommes destinés à vivre en société que Dieu existe ou n'existe pas, que la religion soit ou ne soit pas pratiquée car, dans le premier cas, c'est la civilisation marchant d'un pas régulier vers sa perfection, et dans le second, c'est simplement le retour à la barbarie. Il ne faut pas oublier, en effet, que c'est au pied de la Croix qu'a pris naissance la civilisation moderne. Les philosophes du dix-huitième siècle n'ont point échappé h cette eri'cur si répandue. Ils se sont, pour ainsi dire, contemplés eux-mêmes ; ils ont admiré l'idéal qu'ils se sont créé et, jugeant que cet idéal était, en effet, admii'able, ils ont décidé qu'il devait, désormais, illuminer la roule sur laquelle l'humanité chemine péniblement.

Mais, cela nest pas sufllsant : quand on veut être apôtre, il faut donnera ceux qu'on entend entraîner à sa suite des exemples ([ui les attirent vers le bien. Cela devient indispensable lorsque l'apôtre prétend réformer les mœurs d'une nation.

Ou'étaient-ils donc, ces philosophes? — Le moment est venu d'entrer avec quelques détails dans l'étude de leur vie privée et de savoir si, les uns et les autres, sont vraiment dignes du nom dont la postérilé les a parés.

Leur liste est assez difficile h établir d'une manière exacte. Kn dehors de ceux qui forment l'élat-major de ce groupe très influent, il y faut comprendre Saint- Lambert, Duclos, (irimm, l'ablié Galiani, d'Holbach, Ilelvétius, BufVon, La Harpe, Marinontel, (londorcet et bien d'autres beaucoup moins célèbres qui collaborèrcnf à riMicvcli)|ié(li(,'.

V^oltaire, grâce à son iucontestahle talent, à sou esprit si français, jouit dune notoriété telle que rien de ce qui touche h sa vie ne peut nous être indifférent. Au temps de sa jeunesse^ il portait son véritable nom: Arouet. C'était le temps des cours galantes, des nuits d'orgie du Temple, des longs séjours à la cour de Sceaux. Ce ne fut qu'à la fin de 1718 qu'il s'appela Voltaire. 11 en donne la raison dans une lettre adressée de Paris en décembre de cette année à J.-B. Rousseau. Il lui envoie sa tragédie d'OEdipe : « Franchement, dit-il au poète alors réfugié à l'étranger, les Français doivent être bien honteux d'avoir laissé aux Allemands, l'honneur d'avoir parmi eux un homme qui fait la gloire de sa patrie. » — Pour la première fois, il signe : \'oltaire, puis il ajoute : « J'ai été si malheureux sous le nom d' Arouet que j'en ai pris un autre, surtout pour n'être plus confondu avec le poète Roy. Si vous me faites l'honneur de m'écrire, adressez votre lettre à M. de \' oltaire, chez M. Arouet, cour du Palais '. » — Dès cette époque, Roy était une des victimes du jeune auteur tragique ; il semble cependant que, pour qu'il pût y avoir confusion entre le nom du grand homme cl celui du poète, il fallût qu'on prononçât Aroy et que l'assonance des deux mots fût la même. Mais, au temps où il signait encore Arouet, le 20 juillet 1717, Voltaire écrivait de Sully à l'abbé de Chaulieu, toujours à propos de sa tragédie d'OEdipe, qu'il avait beau se défendre d'être son maître, il le serait quoi qu'il put dire. H avait d'ailleurs — disait-il — trop besoin de ses conseils pour essayer de s'en passer. Les critiques que le grand pr-jeur et lui (ir-ciit de sa tragédie en certain

1. IvT. C.iiAiiAVAY. ('.(il(ilo(/iic (/(' /(i rcnif d'nuloiiniphe); di- H.Fitlon, ir luOG.

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souper de l'abbé de Bussylui avaieiiL été très utiles et il ajoutait : « Socrate donnait ses leçons au lit et vous les donnez à table. Ce qui l'ait que vos leçons sont plus gaies que les siennes '. » — (l'était là, dira-t-on, propos de jeunesse, soit ; mais on oublie que Voltaire a été jeune toute sa vie.

Suivons-le dans le cours de son existence pas mal tourmentée et nous serons obligés de constater que — comme tous ceux d'ailleurs qui formaient avec lui létat-major delà philosophie nouvelle — sa moralité n'était guère de nature à servir d'exemple à tous ceux dont il prétendait diriger la conduite.

En 1718, il avait dix-neuf ans ; il était secrétaire de l'ambassaileur de F'rance à Amsterdam ; il eut une intrigue avec Mlle Dunoyer que, dans sa correspondance, il appelle ainiableuient : Pimpelte. L'affaire faillit tourner mal. Le diplomate apjjrit que son secrétaire avait formé le projet d'enlever la jeune lille. il lit partir en toute hàle Arouet qui trouva le moyen de rejoindre Pimpette. Elle ne tarda pas d'ailleurs à se détacher de son amoureux dont le caractère était vraiment trop difficile et ce roman de jeunesse tourna court laissant l'aiiprenti diplomate libre de diriger ses vues vers des combinaisons jilus jiraticjucs.

En 1715, il pensa avoir rencontré la réalisation de son rêve : une femme titrée, reniée, mariée, qui consentit à le recevoir chez elle et à lui donner la place abandonnée par un mari complaisant. La mar- (piise de Mimeure l'accueillit et lui procura bon souper, bon gîte... et le reste. Il parut se plaire pendant quelque temps dans cette agréabh^ Thébaïde, mais en 172:^. Mnne la marquise de Bernières vint se jeter à la traverse. Elle était femme d'un président à

1. Ivr. fiiiAiiAVAy, Caluln</ue de la vente d'auloi/raiihcs de U.Fitlon. Il KKlô.

mortier an Parlement de Rouen, possédait un château en Normandie, avait maison montée sur un grand pied, recevait toute une société spirituelle et gaie, il n'en fallut pas davantage pour que Voltaire — il avait déjà adopté définitivement ce nom — briguât l'honneur de suppléer M. le Président dans ses fonctions intimes. Il y réussit. Auprès de Mme de Bernières s'écoulèrent plusieurs années heureuses. Ce fut le temps des premiers succès dans la littérature, des essais dans la tragédie ; ce fut le temps des premières chaudes amitiés : Thiériot, Forment, Cideville avec qui Voltaire échangeait des petits vers légers, élégants, spirituels, des petits vers comme lui seul a su les faire. Mais, ce fut aussi le temps des premiers déboires. L'abbé Desfontaines, dont la plume était assez mordante, ne laissa pas passeï- sans la critiquer vertement la situation un peu équivoque que s'était faite cet homme de lettres qui, h peine éclos à la littérature, prétendait à la renommée. Il lui reprocha dans des termes amers de vivre aux crochets de Mme de Bernières et Voltaire se défendit — comme il put — contre une semblable imputation. Autre mésaventure: ce fut la violente querelle avec le chevalier de Roliaii, les coups de bâton reçus en public, l'emprisonnement à la Bastille et, nous sommes en 1726, comme suite à ce scandale, le départ de X'oltaire pour l'Angleterre. En décembre 1780, nous le retrouvons à Paris. Mlle Le Couvreur lui accorda ses faveurs qu'il partagea avec celles de Mme de Fontaine-Martel, chez laquelle, le 3 septembre 173:^, il eut la sottise de perdr(> 12.000 francs au biribi, et celles de Mlle Lefebvrc el, en i733, au mois d'aoïll, nous voyons apparaître pour la première fois, le nom de Mme du Chalelet. Entre temps. Voltaire a fait quebiues fugues du cùlé de Mme de Chambonin et de Mme de la Neuville;

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et, en 1784, il a tout à fait conquis la marquise qui, propriétaire d'un vieux castel en ruines, le fait restaurer et embellir pour s'y installer avec son ami. Deux ans s'écoulent pendant lesquels tous les deux surveillent les travaux de restauration du château de Cirey ; ils y étaient d'ailleurs installés avant que tout fût achevé, et Voltaire racontait de la manière la plus amusante et la plus spirituelle, son arrivée avec Mme du Chatelet à Cirey dont les ruines n'avaient point encore été relevées, dans une série de lettres à l'abbé INIoussinot, cet étrange factotum, ce commissionnaire un peu brocanteur chargé d'approvisionner Voltaire de tout ce dont il avait besoin, d'acheter les objets d'art dont il tenait à s'entourer et de placer les abondants capitaux que lui rapportaient ses travaux.

En 1/36, les voilà tous les deux installés. Les réparations sont achevées ; Cirey est devenu une demeure superbe. Voltaire en fait à son ami Thieriot, une description enthousiaste et qui, d'ailleurs, ne va pas au-delà de la vérité car, en i744i le Président Hénault qui venait d'y passer avec Voltaire et son amie la journée du 7 juillet, écrivait le g au comte d'Argenson : — « J'ai aussi passé par Cirey ; c'est une chose rare. Ils sont là tous deux seuls, combles de phusirs. L'un fait des vers de son côté, et l'autre des triangles. La maison est d'une arcliiteclure romanesque et dune magnificence qui surprend. \ ollaire a nn ajjpartenient terminé par une galerie qui ressemble à ce tableau que vous avez vu, de l'Ecole d'Athènes, où sont rassemblés des instruments de tous les genres: mathématiques, chimiques, physiques, astronomiques, etc., cttoutcela est accompagné d'ancien laque, de glaces, de tableaux, de porcelaines de Saxe, etc. ; enfin, je vous dis que l'on croit rêver. »

Ce fut à Cirey que commença une existence coin-

mune qui — avec quelques interruptions — se continua jusqu'en 174S ; existence de labeur, car pendant celte assez longue période de sa vie, Voltaire composa la plupart de ses tragédies, quelques-uns des pamphlets dont il reniait énergiquemenl la paternité et qui lui attirèrent des ennuis qu'il appelle volontiers des persécutions : — le Mondain, le Préservatif entre autres. Mme du C-lialelet, de son côté, écri\it son ouvrage sur la Philosophie de Neirlon qui enthousiasma à ce point ^'ollaiI■e, qu'il ne l'appela plus que « la divine Emilie », — existence scandaleuse néanmoins, car de la part d'une femme appartenant à la plus haute société de son temps, c'était un spectacle singulièrement immoral que celui qu'elle donnait en abandonnant son mari pour vivre ouvertement en concubinage, en laissant son nom publiquement associé aux hommages qui accablaient l'homme le plus spirituel de France. Cette situation irrégulière parfaitement connue d'ailleurs de tous ceux avec qui Voltaire était en relations, était non seulement tolérée, mais considérée presque comme légitime. Toutes les fantaisies parfois étranges de cet esprit puissant qu'était Voltaire, n'étaient-elles point accueillies comme les manifeslalions du génie? — Néricault-Destouclies, l'auteur du Glorieux, commeni^ait le i5 novembre i'j\'\ une lettre au grand homme en l'appelant : « .Mon cher Virgile, mon cher Sophocle et mon cher Euripide », et la terminait en le priant d'assurer Mme du C.hatelel de son })rofond respect '.

Du monde des lettres, l'iiabilude en était venue jusque dans les cours. Le grand Frédéric n'écrisait jamais à \ ollairc sans adresser ;'i la marijuise ses

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