Correupondance (/énfrale (te Voltaire
En même temps, il écrivait à l'abbé Desfontaines pour le prier d'averl.ir le public que, non seulement il n'avait aucune part à l'impression de la Morl de César mais que son ouvrage était tout à l'ait difi'érent.
Le directeur des Nouvelles du Parnasse se livra, malgré cette démarche à une critique très acerbe de la tragédie. Il fit l'emarquer « toutes les pauvretés, les mauvais vers, les phrases inintelligibles, les scènes tronquées et transposées qui étaient dans cette misérable édition ' ».
Rien n'était plus sensible à Voltaire que de semblables procédés et, il faut reconnaître d'ailleurs, que l'abbé Desfontaines qui n'était peut-être pas d'une délicatesse de sentiments très scrupuleuse, en avait usé avec son correspondant d'une manière vraiment peu correcte. Aussi, dans la correspondance de Voltaire qui s'échelonne du mois de septembre 17.35 aux premiers jours de 17^6, l'abbé Desfontaines est fort maltraité. C'est un homme dont les procédés sont inl'àmes; ses écrits sont des impertinences; il est un auteur famélique et, lorsque l'abbé fait paraître une dissertation sur le Jules César de Shakespeare qu'il comparée la tragédie de Voltaire, s'écriant : <i Oue de mauvais vers! que de vers durs ! » celui-ci, profondément désolé écrit à l'abbé Asselin : « Je me connais assez en vers, quoique je n'en fasse plus, pour assurer que cette tragédie, telle qu'on l'imprime à présent en Hollande, est l'ouvrage le plus fortement versifié que j'aie fait'-'. «
Ce fut précisément à cette époque, au nionuMii où ces difficultés animaient contre lui Voltaire qui ne lui pardonnait pas la fausseté de son attitude, que l'abbé Desfontaines écrivit^ J.-B. Hotisseau et, sous le pré-
1. C.nrreaponilance générnle de \'ollairc. ■2. r.orrcspontliince </(hii'rale de Vol/aire.
texte qu'il était depuis plusieurs années l'ami du grand homme, lui annonça qu'il allait tenter de les réconcilier.
Tentative inutile, d'ailleurs. On ne trouve, dans la correspondance de Voltaire aucune allusion à cet incident cependant intéressant. Mais, l'abbé n'en resta pas là, il dénonça le poème : le Mondain — que Voltaire navouait pas — comme attaquant la morale et la religion el ce fut, à partir de ce jour, une guerre acharnée. Le poète répondit à cette attaque par le pamphlet : le Préserpatif auque\ l'abhé répliqua par un libelle tellement odieux : la Vollairomanie, que sous le coup de la réprobation publique, il dut en signer le désaveu. Voltaire en était resté tellement outré qu'en lySo, il écrivait à son éditeur : « J'ai vu dans votre catalogue des titres infâmes. Un honnête homme ne doit pas débiter de telles marchandises. La Voltairomanie et les autres sottises de la canaille doivent être brûlées. Ce n'est pas à vous à vous souiller de ces horreurs '. »
Il était dit, d'ailleurs, qu'avec tout le monde. Voltaire aurait des difficultés. Ou'il en eût avec des hommes de lettres au tempérament ardent, des critiques littéraires qui faisaient à ses ouvrages une guerre de tous les joui's, cela pouvait parfailemeiit se comprendre; Voltaire avait, de sa valeur porsonneilc la plus haute idée; il peut paraître naturel qu'il (Migageàt des polémiques avec ceux qui se pcrmeUaient de trouver durs ses vers, et de le mettre fort au dessous de (Corneille et de Racine ; mais avec l.a (londa-