‹ La légende des "philosophes"Chapitre 41 sur 70 · Cal. )lc In feule ilatil. Il l'illon. n° :t.S · texte numérisé non relu

Cal. )lc In feule ilatil. Il l'illon. n° :t.S

mine, un savant qui cultiva toutes les sciences : un voyageur qui parcourut presque toutes les parties du monde; qui écrivit sur l'Inoculation et contribua de toutes ses forces à sa propagation; que ses travaux tout à fait spéciaux conduisirent à l'Académie des sciences et même à l'Académie française, un homme doux, calme, modeste, incapable de rancunes littéraires; un ami cher qui, tous les jours, allait prendre son café au lait chez Mme du Gliâtelet avant d'aller à l'Académie'. Que le philosophe ait eu l'occasion de rompre des lances contre lui, avec l'ardeur qu'il mettait h toutes choses, cherchant à le blesser, à le laisser écrase, vaincu aussi bien par la violence de ses attaques que par la soudaineté de ses ripostes, cela peut sembler étrange. Et cependant ils lurent en guerre ouverte tous les deux.

Il est assez difficile de déterminer d'une manière absolument précise les causes du conflit qui les sépara l'un de l'autre. La correspondance de Voltaire ne contient de lyôS à 1767 aucune lettre à La Condamine et cependant, en 1704, le comte de Tressan adressait de Toul à l'irritable écrivain la lettre que voici : « J'ai le cœur percé de vous voir aux mains avec M. de la Condamine. Tous deux, vous avez daigné m'accepter pour confrci-e; je vous regarde comme des maîtres dont je voudrais sans cesse écouter les leçons. Je suis lié avec M. de la Condamine par une tendre et ancienne amitié. Je suis pénétré de la plus liautc estime pour vous. Jugez, Monsieur, de tout ce que doit me faire souiïrir une guerre aussi cruelle"-'. » Il s'est donc pi'oduit des incidents d'une réelle gravité jiour que la guerre ait été aussi cruelle que le prétend lecomt(; de Tressan? Quelle en est donc la cause?

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