‹ La légende des "philosophes"Chapitre 42 sur 70 · Cal. lie la i<cnle ifaiil. de /!. Fillnn. n · texte numérisé non relu

Cal. lie la i<cnle ifaiil. de /!. Fillnn. n

Le 22 juin 1784, Voltaire écrivait à La Condamine une longue lettre ^ qui pourrait bien nous mettre sur la trace des débuts de ces ardents démêlés et nous démontrer à quel point étaient tenaces, acharnées, les querelles dans lesquelles le maître avait une fois pris parti. II venait de publier les Leltresphilosophiques; La Condamine semble y avoir constaté la ])reuve des sentiments athées de l'auteur et lui en avoir faitgrief, car V^oltaire dans sa réponse, emploie toute sa dialectique, l'ait feu des ari^uments les plus persuasifs pour lui prouver qu'il croit en Dieu. Cette lettre est écrite dans un style un peu âpre, dans un ton général qui ne manque pas d'une certaine ardeur mais, c'est encore une discussion paisible et rien ne permet de penser que la discorde va séparer les deux écrivains qui, jusque-là, s'expliquent avec calme et cherchent à trancher une difficulté qui ne parait nullement soulever leurs passions.

lien est tout autrement des sentiments que La Beaumelle a eu le malheur d'inspirer à ce terrible jouteur qui n'a jamais su conserver intacte, rendre durable l'amitié qu'il avait accordée à quelques-uns de ses contemporains.

Cette querelle avec La Beaumelle est, certainement, l'un des incidents les plus pénibles de la vie de Voltaire. Il ne s'agit plus ici, comme i)our Jean-Jacques ou pour Fréron dont nous nous occuperons plus tard, d'une simple guerre de plume; il ne se borne pas à jeter à pleines mains sur son advci'saire les pacpiets d'injures dont ses lettres sont pleines; on le voit très nettement passer de l'aU'ection ;\ l'indifîérence, puis à l'antipathie, puis à la haine; ])()ur assouvir cette haine, chercher à nuire à son (uiiKMui: se réjouir, lors-

Page 1