A PROPOS D UN LIVRE RECENT
peut-être pas faire naître Tincident qui doit amener le dénouement imposé par Gi-imm. Il met alors en avant la personnalité de Diderot qui, avec sa nature rude, son franc parler brutal, son emportement habituel, brusque les choses et provoque la crise. Rousseau quitte l'Ermitage ; Grimm a gagné la partie.
Cela, c'est le drame de la Chevrette. Grimm, tout seul, a été l'instigateur de cette machination ; Mme d'Épinay et Diderot n'ont été entre ses mains que des instruments inconscients qu'il a fait agir suivant le gré de sa tyrannique volonté. A cette heurelà, ni Diderot ni Mme d'Epinay n'étaient encore des ennemis de Rousseau. Mais plus tard, lorsque dans la Lettre sur les spectacles, Jean-Jacques glissa celte phrase : « J'avais un Aristarque, sévère et judicieux, etc. » Diderot comprit et voua à son ami une haine mortelle. C'est de cette haine que Grimm se servit avec une habileté malfaisante pour déterminer Diderot et .Mme d'Epinay à s'unir à lui afin de détruire à tout jamais la réputation de Rousseau.
L'ouvrage de INIme Macdonald s'applique aux événements qui ont suivi le départ de .lean-Jacques de l'Ermitage et la publication de la Lettre à d'Alembert, il ne faut pas l'oublier. J'avais donc raison de dire que le chapitre qu'on vient de lire complète l'étude critique de Mme Macdonald. Le premier indique les causes initiales de la rupture, la seconde fait connaître, grAce à une documentation démonstrative, les suites de celle rupture.