Mammontf.i., Mi'mnires
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mourir dans les bras de votre amie. Ah ! mon clierabbé, quelle perte ' I »
Quant à Saint-Lambert, il se désintéressa complètement et du souvenir de la mère et de l'enfant qui restait. Il conserva, d'ailleurs, avec M. du Chatelet et avec Voltaire les relations les plus intimes, qui se continuèrent longtemps après ces événements, alors même qu'il eût remplacé Emilie par Mme d'Houdetot.
Gomme étude de mauvaises mœurs, il semble qu'il soit (liflicile de rien rencontrer de plus effrayant. Mais, de cette correspondance, empreinte d'un cynisme qui révolte, il est utile de mettre deux points en relief. C'est d'abord l'aveu fait à Mme du Deffand que Voltaire n'était pas le père de l'enfant. — « Cette
malheureuse petite fille ne m'intéressait pas »,
dit-il, aveu corroboré du reste par le propos d'une crudité fâcheuse rapporté par Marmontel dans ses Mémoires. On ne peut donc refuser à Voltaire à l'endroit de Mme du Chatelet une affection particulièrement large, un cœur vraiment hospitalier puisqu'il n'hésitait pas à partager les faveurs de sa maîtresse avec Saint-Lambert qui semble bien, à cette époque, avoir été le plus heureux des trois. C'est ensuite cette déclaration faite à l'abbé de Voisenon qui vient fortifier ce (pie je disais du calcul peu honorable auquel le grand homme avait obéi en subissant, sans faire entendre le plus léger murmure, les familiarités de Saint-Lainl)ert, en annonçant avec les transports d'une joie qui n'avait rien d'affecté, et la grossesse et l'accouchement de Mme du Chatelet : « Je reverrai ce chiUeau... où j'espérais mourir dans les bras de votre amie. » — C'est qu'en effet, il .ivail ainsi ai'-
1. Toiilos les lellres de Vollairo fini vicniicnl d (Mii- riu-os sont cxtraitns de sa Correspomlance ijénérah\ ('(lilinii r>iii(hol.