‹ La légende des trois compagnons [microform]Chapitre 4 sur 24 · LETTRE LIMINAIRE · texte numérisé non relu

LETTRE LIMINAIRE

H Reverend Pere en Jesus-Christ,

frere Crescence, par la grace de Dieu, ministre general,

frere Rufm,

frere Ange,

frere Leon,

qui furent jadis, malgre leur indignite, eompagjions du bienheureux Francois,

offrent leur salut respeciueux et devoue dans le Seigneur.

uisque, an nom du Christ, par la decision du dernier chapitre general et par votre ordre, Les freres sont tenus de communiquer a votre Paternite les actions remarquables et les prodiges du bienheureux Francois quits peuvent avoir vus ou appris, nous avons pense que nous, qui, maigre notre indignite, avons assez Longtemps vecu en sa eompagnie, nous devions vous raconter, en prenant la verite pour guide, quelque chose des nombreux faits dont nous avons ete nous-memes temoins ou que nous avons pu connaitre par de pieux freres.

Nous somines particuliereinent redevables a frere Philippe, visiteur des Pauvres Dames*

a frere'Illuminato de Rieti, a frere Masseo de Marignan, et enfiji a frere Jean, qui fut le compagnon de notre venerable pere Frere Egide et recueillit, pres de lui d'abord, plusieurs des faits que iious allons rapporter, et aussi pres de frere Bernard de sainte memoirej premier compagnon du bienheureux Francois.

Nous ne nous bornons pas a raconter des miracles : Us ne font pas la saintete, Us nen sont que la manifestation. Nous voulons surtoat montrer les traits caracteristiques de sa conduite et I' ideal de sa pieuse volonte. Nous avons en vue la louange et la gloire de Dieu tout-puissant et de notre Pere tres saint, et V edification de ceux qui veulent marcher sur ses traces.

Notre recit ne prejidra pas I'aspect d'une histoire, car on a deja ecrit des histoires sur la vie du saint et sur les miracles que Dieu a operes par lui. Mais, comme en une prai-

rie charmante, nous cueillerons certaines fleurs que notre gout trouveplus belles. Nous ne suivrons done pas I'ordre chronologique, et nous negligerons a dessein beaucoup d'anecdotes deja contees avec autant de verite que d' elegance.

Notre modeste relation pourra trouver place dans les histoires deja faites, si votre prudence juge a propos f de I'y voir inserer. Nous sommes, en effet, convaincus que si les venerablesbiograph.es avaient connu nos recits, Us ne les auraient point passes sous silence; mais, du moins en partie, Us les auraient ornes de leur beau style et confies ainsi a la memoire de La posterite.

Que toujours votre Paternite sainte soit heureuse en Notre Seigneur Jesus-Christ, en qui, nous, vos fits devoues, nous nous recommandons a votre Paternite avec liumilite et respect.

Couvent de Greccio, // aont 1246.

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