‹ La Légende dorée de Jacques de Voragine; nouvellement traduite en francais, avec introduction, notices, notes et recherches sur les sources (volume 2)Chapitre 16 sur 57 · XVIII JACQUES DE VARAZZE · texte numérisé non relu

XVIII JACQUES DE VARAZZE

bien, en 1669,Ricciardi comptait soixante-dix systèmes sur Tannée de la naissance de Notre-Seigneur ! Dans un auteur païen, on les excuserait, mais dans une vie de saints ! ! « Il a raconté de faux miracles. » Donc il en rapporte qui sont vrais : donc il prête foi à la parole de par laquelle THomme-Dieu assure à ses disciples qu'ils opéreront des prodiges bien autrement extraordinaires que les siens propres. Tout au plus pourrait-on Taccuser d'avoir jugé comme miraculeux des faits dont les éléments devraient être attribués à une cause naturelle ; mais encore, il y aurait lieu de discuter les coïncidences. Après tout, le bienheureux Jacques de Voragine n'enseigne nulle part ce qui n'est pas de foi, savoir : que l'Eglise exigerait de ses enfants une croyance explicite à tous les miracles. En bien des circonstances, on pourrait être taxé de témérité en ne donnant pas une adhésion complète à ce que l'Eglise elle-même propose à l'admiration des fidèles, pourtant on n'aurait pas alors encouru la qualification d'hérétique, ni même de schismatique.

Au reste, examiner au point de vue théologique les miracles relatés dans la Légendey ne saurait entrer dans le plan de ce travail. Quoi qu'il en soit, si cette étude était plus développée, on ne pourrait se dispenser de faire une appréciation qui aurait pour résultat de démontrer que dans la Légende d'or, comme dans tous les hagiographes, les faiLs merveilleux doivent être partagés en deux catégories : la première

renfermendl les faits qu'on a considérés comme des sjrmbdeff et des figores^ fonte de ponvoir les démon» trer historiquemait ; la seconde comprendrait cenii: dbns lesquels la critique la plus sévère ne peut s'em-^ pécher de reconnaître une cause surnaturelle* La Thédogk les aj^lle proprement miracles et TEglise les admet comme tels.

Enfin 3 serait impertinent d'admettre ce qui a été dit au dujet de» L^endes des Saints, qu'elles seraient «akpiées sur les chansons dea jongleurs. Si, en ayan* çaal cette âiormité,. on a voulu dire que, dans tous' les temps, on a.dianté sur les places publiques des cantiques, tranchons le mot, des complaintes^ oa est avraglé de ne pas reconnaître dans ces pièces, des eoj^es, des traductions de ce que la liturgie appelle Sé^ptenees et cmt^taimis.

Voici en quels termes Bollandus prend la cause de Jacques de Voragine contre Wicélius et Vives.

« Où donc trouvez-vous, bon Wicélius, que Jacques cherche à faire de la mythologie ? Certainement je suis loin d'approuver tout ce qu'il écrit ; cependant qu'il ait suivi d'anciens documents, je n'eu saurais douter; je trouve même que la majeure partie de ses histoires s'accorde avec les pièces antiques et originales.

« Je ne les ai pas débrouillées toutes, et du moment où j'ai trouvé la source, je ne regarde pas comme une nécessité d'en suivre tous les ruisseaux. Je me contente de constater s'ils découlent de cette source, si leurs eaux ne sont pas troubles, si leur

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