SAINT SIMPLICE ET SAINT FAUSTIN
Simplice et Faustîn tHaieiil frères ; ils refusèrent de sacrifier, et endurèrent à Rome beaucoup de tourments sous l'empereur Dioclétien. A la fin on porta l'arrêt de leur condamnation ; ils furent décapités et leurs corps jetés dans le Tibre : mais leur sœur nommée Béatrice relira leurs dépouilles du fleuve et les ensevelit honorablement. Lucréfius qui était préfet et vicaire de Dioclétien passait autour de leur domaine, la fit prendre et lui commanda de sacrifier aux idolesr Sur son refus, Lucrétius la fit étrangler durant la nuit par ses esclaves. La vierge Lucine enleva son corps et l'ensevelit à côté de ses frères. Après quoi, le préfet Lucrétius s'empara de leur maison, où au milieu d*un repas qu'il donnait à ses amis, il se permît d'insulter les martyrs ; alors un petit enfant encore à la mamelle et enveloppé de langes, s'écria, dans les bras de sa mère qui était présente, de sorte que tout le monde l'entendit : a Ecoule, Lucrétius, tu as tué, tu as usurpé, voici que tu es livré au pouvoir de l'ennemi. » A l'instant Lucrétius saisi et tremblant est appréhendé par le démon qui le tourmenta si violemment pendant trois heures qu'il mourut au milieu du repas. Les assistants témoins de cela se convertirent à la foi : ils racontaient à tous le martyre de sainte Béatrice qui avait été vengée dans le repas. Or, ils souffrirent vers l'an du Seigneur 287.
SAINTK MARTHE 307
[L*interprétation du nom de saiocte Marthe. Marthe peut ^tre dicte ainsi côme sacrifiant ou amaigrissant : elle sacriHa ^ Ihùcrist quant elle le hostella : et luy administra le pain et Uvin de quoy luy-mesme sacrifia son sainct corps: amaigrissant, car elle amaigrit son corps par pénitence si côme il sensuit après] *.
Marthe, qui donna l'hospitalité à J.-C., descendait de race royale et avait pour père Synis et pour mère Eucharie. Son père fut gouverneur de Syrie et de beaucoup de pays, situés le long de la rner. Marthe possédait avec sa sœur, et du chef de sa mère, trois chà- ^ux, savoir Magdalon, Béthanie et une partie de la ^Jede Jérusalem. On ne trouve nulle part qu'elle se ^'l mariée, ni qu'elle ait eu commerce avec aucun ^^ttinae. Or, cette noble hôtelière servait le Seigneur ^^ Voulait que sa sœur le servît aussi ; car il lui sem- "'^t que ce n'était pas même trop du monde tout ^ï^lier pour le service d'un hôte si grand. Après l'as- ^'^sion du Seigneur, quand les apôtres se furent ^^persés, elle et son frère Lazare, sa sœur Marie- ^^gdeleine, ainsi que saint Maximin qui les avait '^^ptisés et auquel elles avaient été confiées par l'Es- Pril-Sainl, avec beaucoup d'autres encore, furent mis par les infidèles sur un navire dont on enleva les rames, les voiles et les gouvernails, ainsi que toute espèce d'aliment. Sous la direction de Dieu, ils arri-
• Consulter les Monuments de l'apostolat de sainte Madeleine et de sainte Marthe, par M. Paillon et le Bréviaire romain.
vèrent à Marseille. De là ils allèrent au territoire d'Aix où ils convertirent tout le peuple à la foi. Or, sainte Marthe était très éloquente et gracieuse pour tous. Il y avait, à cette époque, sur les rives du Rhône, dans un bois entre Arles et Avignon, un dragon, moitié animal, moitié poisson, plus épais qu'un bœuf, plus long qu'un cheval, avec des dents semblables à des épées et grosses comme des cornes, qui était armé de chaque côté de deux boucliers ; il se cachait dans le fleuve d'où il ôtaitla vie à tous les passants et submergeait les navires. Or, il était venu par mer de la Galatie d'Asie, avait été engendré par Léviathan, serpent très féroce qui vit dans l'eau, et d'un animal nommé Onachum, qui natt dans la Galatie : contre ceux qui le poursuivent, il jette, à la distance d'un arpent, sa fiente comme un dard et tout ce qu'il touche, il le brille comme si c'était du feu. A la prière des peuples, Marthe alla dans le bois et l'y trouva mangeant un homme. Elle jeta sur lui de l'eau bénite et lui montra une croix. A l'instant le monstre dompté resta tranquille comme un agneau. Sainte Marthe le lia avec sa ceinture et incontinent il fut tué par le peuple à coups de lames et de pierres. Or, les habitants du pays appelaient ce dragon Tarasque et en souvenir de cet événement ce lieu s'appelle encore Tarascon au lieu de Nerluc, qui signifie lieu noir, parce qu'il se trouvait là des bois sombres et couverts. Ce fut en cet endroit que sainte Marthe, avec l'autorisation de son maître Maximin et de sa sœur, se fixa désormais et se livra sans relâche à la prière et aux jeûnes. Plus tard après avoir rassemblé un grand nombre de sœurs, elle bâtit
Une basilique en l'honneur de la bienheureuse vierge Marie. Elle y mena une vie assez dure, s'abstenant d'aliments gras, d'œufs, de fromage et de vin, ne mangeant qu'une fois par jour. Cent fois le jour et autant de fois la nuit, elle fléchissait les genoux.
Elle prêchait un jour auprès d'Avignon, entre la ^'^'leel le fleuve du Rhône, et un jeune homme se trouvait de l'autre côté du fleuve; jaloux d'entendre ^s paroles, mais dépourvu de barque pour passer, il se dépouilla de ses vêtements et se jeta à la nage ; ^\x{ à coup il est emporté par la force du courant et se noie aussitôt. Son corps fut à peine retrouvé, deux jours après ; on l'apporta aux pieds de sainte Marthe Powr qu'elle le ressuscitât. Elle se prosterna seule, les *^*'ss étendus en forme de croix sur la terre et fit cette prière : « O Adonay, Seigneur J.-C, qui avez autrefois ressuscité mon frère Lazare, votre ami, mon cher *^^te, ayez égard à la foi de ceux qui m'entourent et ^^ssuscitez cet enfant. » Elle prit par la main ce J^uiie homme qui se leva aussitôt et reçut le saint bap- ^^nie. Eusèbc rapporte au VIP livre de son Ilisloire ^^^lésiaslique*j que l'IIémorrhoïsse, après avoir été S^*érie, fit élever dans sa cour ou son verger, une statue à la ressemblance de J.-C., avec une robe et sa frange, comme elle l'avait vu, et elle avait pour cette image une grande vénération. Or, les herbes croissant aux pieds de la statue et qui n'étaient bonnes à rien auparavant, dès lors qu'elles atteignaient à la frange,
* H revient sur ce récit dans son commentaire sur sair.t Luc, mais sans prétendre que c'est Marthe. — Cf. Nicéphorc Callixte, lib. X, xxx.