‹ La Légende dorée de Jacques de Voragine; nouvellement traduite en francais, avec introduction, notices, notes et recherches sur les sourcesChapitre 37 sur 73 · SAINT ETIENNE, PAPE · texte numérisé non relu

SAINT ETIENNE, PAPE

'>?At chantés pour Dieu. » Alors saint Pierre, dont il 'ail le moine, vint trouver Dieu et intercéder pourlui. c Seijsi^neur lui répondit : « Est-ce que ce n'est pas oi qui ai inspiré le prophète lorsqu'il a dit : « Seigneur qui est-ce qui habitera dans votre tabernacle ? C'est oelui qui entre sans avoir de taches, etc. » Comment lui-ci peut-il être sauvé, puisqu'il n'est pas entré ici ^Tis tache, puisqu'il n'a pas pratiqué la justice?» lors saint Pierre se mit àprierpour lui avec la vierge 1ère, et le Seigneur porta cette sentence qu'il retournerait dans son corps et qu'il y ferait pénitence. Aussitôt donc, saint Pierre avec la clef qu'il tenait à la iTiain effraya le diable et le mit en fuite. Il remit ensuite Fâme de cet homme dans la main de quelqu'un qui avait été moine dans le susdit monastère, avec l'ordre de la reconduire à son corps. Le moine lui demanda 'omme récompense de ce qu'il ramenait son âme, de •éciter chaque jour le psaume Miserere meiy DeuSy et le nettoyer souvent son tombeau des ordures qui s'y rouvaient. Or, le moine, revenu à la vie, raconta à tout e monde ce qui lui était arrivé.

SALNT ÉTIENxXE, PAPE*

Saint Etienne, pape, après avoir converti beaucoup le gentils par ses discours et par ses exemples, et avoir Jonné la sépulture à beaucoup de corps de martyrs,

* Bréviaire romain.

L'niVEMTION DE SAI.NT KTIKSSK, VHEMIER MARTYR 'i'Mi

talion et sa réunion. Son mvention eut lieu comme il ■uîl*; Un prêtre du territoire tic Jérusalem, appel-'î laden, elle par Gennadc (cli. xlvi) au nombre des hommes illustres, écrit lui-mâme qu'un vendredi, comme il reposait à moitié endormi dans son lit, lui apparut un vieillard, haut Je taille, beau de visage, avec une longue barbe, revAlu d'un manteau bliim*. aetBé de petites pierres précieusesencbiUssées dausl'or en forme de croix, portant une chaussure recouverte ■ct'or à la surface. Il tenait à la main une bau;uette d'or dont il toucha Lucien en disant: « Hftte-toi «le découflltnr nos tombeaux, car nous avons été renfernu's dans un endroit fort indécent. Va dire à Jean, évi^que de Jérusalem, qu'il nous place dans un lieu honorable; car, puisque la sécheresse et la tribulation désolent la terre. Dieu, louché de nos prières, a décidé de pardon- I ner au monde. » Le prêtre Lucien lui dit : u Seigneur. qui êtes-vous ? h u Je suis, dit-il, Gamaliel qui ai saint Paul, et qui lui ai ensci;^né la loi à mes côté repose saint Etienne, qui a été lapidé Juifs, hors de la ville, afin que son corps frtt déir les bêtes féroces cl les oiseaux. Mais celui foi duquel ce saint martyr a versé son sang ne lors avec grand reseiiseveli dau« ||^^^B||BU neuf que j'avais ft avec moi, c'est I trouver .I"'is de saint Pierre indignes de

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son action Tauraient tué, si les égards qu'ils avaient pour nous ne les eussent retenus. Cependant ils lui ravirent tous ses biens, le dépouillèrent de sa principauté du sacerdoce et le laissèrent à demi morl des coups dont ils Taccablèrent. Alors je le menai dans ma maison où il survécut quelques jours et quand il fut mort, je le fis ensevelir aux pieds de saint Etienne. Il y en a encore un troisième avec moi ; c'est Abibas, mon propre fils, qui, à Tâge de 20 ans, reçut le baptême en même temps que moi ; il vécut dans la virgi* nité, et se livra à l'étude de la loi avec Paul, mon disciple. Quanta ma femme iEthéa et à mon fils Sélémias qui ne voulurent pas croire en J.-C., ils n'ont pas été digues de partager notre sépulture ; mais vous les trouverez ensevelis autre part, et leurs tombeaux sont vides et nus. » A ces mots, Gamaliel disparut. Alors Lucien s'éveillant pria le Seigneur que si cette vision avait un fondement de vérité, elle se renouvelât une seconde et une troisième fois. Or, le vendredi suivant, Gamaliel lui apparut comme la première fois, et lui demanda pourquoi il avait négligé de faire ce qu'il lui avait recommandé : « Non, seigneur, répondit-il, je ne l'ai pas négligé, mais j'ai prié le Seigneur que si cette vision venait de Dieu, elle se renouvelât trois fois. )) Et Gamaliel lui dit: « Puisque vous avez réfléchi à quel signe, si vous nous trouviez, vous pourriez distinguer les reliques de chacun en particulier, je vais vous donner un emblème au moyen duquel vous reconnaîtrez noscercueils et nos rehques. » Etil lui montra trois corbeilles d'or et une quatrième d'argent, dont l'une était pleine de roses rouges et deux autres

l'invention de saint ETIENNE, PREMIER MARTYR 341

de roses blanches. Il lui montra aussi la qualriènie pleine de safran. Alors Gamaliel ajouta : Ces corbeilles sont nos cercueils et ces roses sont nos reliques. La corbeille pleine de roses rouges est le cercueil de saint Etienne qui, seul d'entre nous, a mérité la couronne du martyre ; les deux autres pleines de roses blanches sont les cercueils deNicodèmeet de moi, comme ayant persévéré d'un cœur sincère dans la confession de J.-C. Pour la quatrième d'argent qui est pleine de safran, c'est le cercueil d'Abibas, mon fils, dont la virginité fut éclatante et qui sortit pur de ce monde. » Ayant dit ces paroles, il disparut de nouveau. Le vendredi de la semaine suivante, Gamaliel lui apparut avec un visage irrité et le réprimanda gravement de ses délais et de sa néghgence. Aussitôt Lucien alla à Jérusalem et raconta à Tévèque Jean Tensemble de tout ce qu'il avait vu. On fit venir d'autres évêques et on se dirigea vers l'endroit indiqué à Lucien ; et dès qu'on se fut mis en train de fouiller, la terre trembla et Ton ressentit une odeur très suave, dont l'admirable parfum guérit, par les mérites des saints, soixante et dix hommes affliiçés de diverses maladies. Or, ce fut ainsi que Ton porta en l'église de Sion de Jérusalem, et où saint Etienne avait exercé ses fonctions d'archidiacre, les reliques de ces saints au milieu de la joie publique, et qu'on les y ensevelit avec les plus grands honneurs. A cette heurelà même, il tomba une grande pluie. Bède, en sa chronique, fait mention de cette vision et de cette invention. Cette invention de saint Etienne eut lieu le jour même qu'on célèbre son martyre et Ton dit ({ue ce martyre arriva aujourd'hui. Mais ces fêtes furent chan-

gées de jour par l'Eglise pour deux motifs. Le premier, parce que J.-C. naquil ici-bas, afin que Thomme naquit au ciel. Or, il était convenable que la nativité de J.-C. fût suivie du natalice de saint Etienne qui le premier souffrit le martyre pour J.-C, ce qui n'est autre chose que naître au ciel, afin de montrer par là que l'un était la conséquence de l'autre : aussi c'est la raison pour laquelle l'Eglise chante dans l'office' de ce jour* : « Hier, le Christ est né sur la terre, afin qu'aujourd'hui Etienne naquît dans le ciel. » Le second motif est que le jour de l'Invention se fêtait plus solennellement que celui de son martyre, et cela par respect pour le jour de Noël, et à cause des miracles nombreux que le Seigneur opéra lors de l'Invention. Mais parce que le martyre l'emporte sur l'Invention, et qu'iljdoit être célébré plus solennellement, c'est pour cela que l'Eglise a transféré la fête du martyre à cette époque où Ton pourrait lui rendre de plus grands honneurs. — Saint Augustin rapporte que sa translation eut lieu comme il suit. Alexandre, sénateur de Constantinople, alla avec sa femme à Jérusalem et fit construire un oratoire magnifique en l'honneur de saint Etienne, premier martyr ; il vouluty être enterré auprès du corps de ce saint. Sept ans après sa mort, Julienne, sa femme, ayant résolu de revenir dans sa patrie à cause de certaines injures qu'elle endurait (les princes, voulut remporter le corps de son mari. Après bien des instances auprès de l'évêque, celui-ci lui montra deux cercueils d'argent et lui dit : « Je ne

'' Leçons du 2« oocturoe.

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