I-'^NVENTION DE SAINT ETIENNE, PREMIER MARTYR
^aîs quel est celui de voire mari. » « Je le sais, répondît-elle. » Et elle se jeta pour Tembrasser, mais elle «nnbrassa le corps de saint Etienne, qu'elle prit pour celui de son mari. Lorsqu'elle se fut embarquée avec "^ corps, les anges font entendre des cantiques, une odeur suave se répand, les démons crient et suscitent **>^e tempête affreuse en disant : « Malheur à nous, car le premier martyr Etienne passe et nous fait endu- ^^^ Un feu cruel! m Or, comme les matelots craignaient "u naufrage, on invoqua saint Etienne qui apparut et "*^ : « C'est moi, ne craignez point. » A Tinstant, un K'^^ud calme s'ensuivit. Alors on entendit les voix des "^Uîons qui criaient : « Prince impie, monte sur ce ^^isseau, parce que notre adversaire Etienne y est. » Alors le prince des démons envoya cinq démons pour "^^ttre le feu au vaisseau; mais Fange du Seigneur les ^''^S'ioutit au fond de la mer. Quand on fut arrivé à ■^^Icédoine les démons se mirent à crier : « Il arrive ^ Serviteur de Dieu, qui a été lapidé par les méchants * '^^fs. » On arriva sain et sauf à Constantinople, et on ^^^evelit avec grand respect le corps de saint Etienne "^^s une église. (Saint Augustin.) * — La réunion du
^^^s de saint Etienne avec celui de saint Laurent se fi*-
comme il suit : Eudoxie, fille de l'empereur Théo-
^^^e, fut cruellement tourmentée par le démon. Or, ce
^Iheur fut annoncé à son père comme il étaitàCons-
^^tinople, et il s'y fit amener sa fille, afin qu'on la
^Vjchât aux reliques du très saint Etienne, premier
'^^rtyr. Mais le démon criait en elle : « Si Etienne ne
Martyrologe romain y au 7 mai.
vient à Rome, Je ne sortirai pas, car telle est la volobté de Pàpôtre. » Quand l'empereur apprit cela, 0 obtint du clergé et du peuple de C. P. qu'ils donneraient aux Romains le corps de saint Etienne et qu'ils recevraient eux-mêmes le corps de saint Laurent. Alors Fempereur écrivit à ce sujet au pape Pelage, qui, de Tavis des cardinaux, consentit à la demande de Tempereur. On envoya donc des cardinaux à C. P. pour y porter le corps de saint Etienne, et des Grecs vinrent à Rome pour recevoir celui de saint Laurent. Le corps de saint Etienne arriva à Capoue, et sur les pieuses prières des Capouans, on leur donna le bras droit du saint en l'honneur duquel on bfttit Téglise métropolitaine. Quand on fut arrivé à Rome, et qu'on voulut porter le saint corps à l'église de Saint-Pierre-auxliens, les porteurs s'arrêtent et ne peuvent avancer plus loin ; alors le démon se mit à crier dans la jeune fille : « Vous avez beau faire, ce n'est paâ là, mais .c*est auprès de son frère Laurent qu'il a choisi sa place. » On y porta donc le corps ; et quand Eudoxie l'eut touché, elle fut délivrée du démon. Mais saint Laurent, comme s'il se fût félicité de l'arrivée de son frère, lui sourit et se retira de l'autre côté du tombeau dont il laissa le milieu vide pour faire place à son frère. Quand les Grecs se furent approchés pour emporter saint Laurent, ils tombèrent par terre comme s'ils eussent été privés dévie : alors le pape, le clergé et le peuple prièrent pour eux, et ce ne fut qu'à peine si le soir, ils revinrent à eux-mêmes; tous cependant moururent dans les dix jours suivants. LesLatinseuxmémcs, qui avaient consenti à cela, tombèrent en fré-
^.'invention de saint étienxe, premier martyr 34"»
nësîe et ne purent être guéris qu'après que les corps des saints eussent été ensevelis ensemble. Alors cette *'oix du ciel se fit entendre : « O bienheureuse Rome, <l^î i>ossèdes, dan.^ un même mausolée, ces précietix restes, les corps de saint Laurent l'Espagnol, et de s^îni Etienne de Jérusalem. » Cette réunion se fît aux ï^ones de mai, vers l'an du Seigneur 423.
Saint Augustin, au livre XXII de la Cité de Dieu, ^^pporle la résurrection de six morts duc à l'invocation de saint Etienne. C'est d'abord un homme gisant ^ort, on lui avait déjà lié les pouces : on invoque sur ^^i le nom de saint Etienne, et à l'instant il ressuscite. C'est encore un enfant écrasé par un char : sa mère le porte à l'église de saint Etienne et elle le reçoit vivant et sans trace de blessure. C'est une religieuse qui étant à l'extrémité avait été portée à l'église de saint Etienne ; elle y rendit le dernier soupir ; et voici qu'aux yeux de tout le monde effrayé, elle ressuscite guérie. A Hippone, c'est une jeune fille dont le père avait apporté la robe à l'église de saint Etienne ; quelques instants après il jette cette robe sur le corps de celte jeune fille qui était morte ; et tout à coup elle est rendue à la vie. C'est un jeune homme, dont le corps, après avoir été oint dans de l'huile de saint Etienne, ressuscite aussitôt. C'est un enfant qui fut porté mort à Téglise de saint Etienne et quand on eut invocpié le saint, à l'instant il est rendu à la vie. Voici comment s'exprime saint Augustin au sujet de ce saint : <( Gamaliel, à la brillante étole, révéla le corps de ce martyr, Saul converti le loua, J.-C. enveloppé de langes l'enrichit et lui mit une couronne de pierres précieuses. »
II dit ailleurs : « Dans Etienne brilla la beauté d corps, la fleur de l'âge, l'éloquence de Torateur, 1 sagesse éclatante de Tesprit et l'opération divine, r^- Il dit encore : « Cet homme de Dieu fort comme un colonne, alors qu'il était retenu comme avec des tenailles au milieu de ceux qui le lapidaient de leurs mains, était fortifié par la foi, et brûlait pour elle; on le frappait et il s'élevait ; on l'étreignait, et il grandissait; on le meurtrissait et ne se laissait pas vaincre. » Sur ces paroles Dura cevvice (Actes) : « Il ne flatte pas, mais il invective ; il ne touche pas, il provoque ; il ne tremble pas, mais il excite », c'est encore saint Augustin qui dit : « Considérez saint Etienne serviteur de Dieu au même titre que vous : c'était un homme comme vous : il était de la race des pécheurs comme vous ; il fut racheté au même prix que vous ; et quand il fut diacre et qu'il lisait l'Évangile, le même que vous lisez ou que vous écoutez il y trouva ces mois : (( Aimez vos ennemis » ; maxime que l'étude lui apprit et que l'obéissance lui fit pratiquer. »
Dominicus signifie gardien du Seigneur, ou bien gardé par le Seigneur. Ou bien il s'appelle Dominique, selon l'éty-
• La vie de saint Dominique est rapportée ici telle que Tout écrite cinq auteurs contemporains. Ce sont Thierry d*Apolda, (Constantin, évêque d'Orvietto, Barthélemî, évèque de Trente, le père Humbert, etc. Le père Mamachi a réuni dans le livre des Annotes de son ordre les preuves des miracles racontés en cette légende.
m SAINT DOMINIQUE 347
g ^ologie naturelle de ce nom qui est dominus, seigneur. Or, il
■ ^st appelé gardien du Seigneur, en trois manières : il fut gar^
I "ieii de l'honneur du Seigneur, et ceci regarde Dieu, il fut le
^ lydien de la vigne, ou du peuple du Seigneur et cela regarde
'^ J^Fochain; et il fut le gardien de la volonté du Seigneur,
^•* des préceptes du Seigneur, ce qui le regarde lui-même.
*^** second lieu, il est appelé Dominique, c'est-à-dire gardé
P^** le Seigneur, car le Seigneur le garda dans les trois étals
^^^^ il vécut. D'abord laïc, en second lieu, chanoine régulier ;
^^ ^n troisième lieu, homme apostolique : car dans le prc-
''^^ frétât, il fut gardé de Dieu qui le fit commencer de ma-
'^•^^^le à mériter des louanges; dans le second, il le fit avancer
"^ ^^s la ferveur, et dans le troisième., il le fit atteindre à la
P^ ^^'fection. En troisième lieu, Dominique vient de Dominus,
*^ ^ on l'étymologie naturelle. Or, Dominus, signifie qui donne
"^^*' menaces, ou qui donne moins, ou qui donne avec munifi-
^^^^=^. ce.De même saint Dominique donna, c'est-à-dire pardonna
le^^ menaces en ne tenant pas compte des injures qu'on lui
*^ ^^^essait ; il donna moins en se macérant le corps, parce
^^"-^ il donna toujours à son corps moins que le nécessaire. Il
^^-^ ■^na avec munificence, en engageant sa liberté, car non
f^ ^-^ lement il donna tous ses biens aux pauvres, mais encore
** "^'"oulut se vendre lui-même plusieurs fois.
iDominique, chef et fondateur illustre de Tordre des ï^ **^res-Prêcheurs, naquit en Espagne, dans la ville ^^ Calaruega, au diocèse d'Osma. Son père se noniï^^^it Félix et sa mère Jeanne. Avant sa naissance, sa ^^^re vit en songe qu'elle portait dans son sein un 'it chien tenant dans sa gueule une torche alluavec laquelle il embrasait tout Tunivers. Quand ^*le l'eut mis au monde, une dame qui l'avait levé des ^^nts sacrés du baptême crut voir sur le front du p^tit Dominique une étoile très brillante qui éclairait l^ule la terre. Tout petit enfant et confié aux soins ^'une nourrice, on le surprit souvent quitter son lit et
se coucher sur la lerre nue. Envoyé à Palerme pour faire ses études, par amour de la science qu'il devait acquérir, il ne goûta pas de vin pendant dix ans. Une famine affreuse ravageant le pays, il vendit ses livres ainsi que ses meubles et en donna l'argent aux pauvres. Sa renommée était déjà grande, quand l'évèque (l'Osma le fit chanoine régulier dans son église, et peu de temps après, devenu miroir de vie pour tous, ses confrères le nommèrent sous-prieur. Or, le jour el la nuit, il vaquait à la lecture et à l'oraison, priant assidûment le Seigneur de daigner lui donner la grâce de s'employer tout entier au salut du prochain. Il lisait avec le plus grand zèle les conférences des Pères, et atteignit par là au comble d'une haute perfection. En allant à Toulouse avec son évêque, il trouva son hôte infecté du poison de l'hérésie, et il le convertit à la foi de J.-C. Ce fut, pour ain§i dire, la première gerbe de la moisson qu'il présenta au Seigneur. On lit dans les Gestes du comte de Montforl*, qu'une fois saint Dominique, ayant prêché contre les héréti- ([ues, mil par écrit le texte des autorités qu'il avait ex[)osées, et donna ce papier à l'un d'eux afin qu'il pût examiner les objections. Or, cette nuit-là, les hérétiques s'élanl réunis auprès du feu, cet homme leur montra le papier qu'il avait reçu. Ses compagnons lui dirent de le jeter au feu, que s'il arrivait qu'il brûlât, leur créance, ou plutôt leur perfidie serait véritable, et que si le feu l'épargnait, ils proclameraient que la foi de l'Eglise romaine est vraie. Lepapierest doncjetéau feu; quand
''' l*iorre de Vaux-Ceriiay, c. vu; — Thierry dWpolila.
il fut resté quelques moments sur le brasier, il en rejaillit de suite sans avoir été brûlé. Au milieu de la surprise causée par ce prodige, un plus opiniâtre que tous les autres dit : « Qu'on le jette une seconde fois, de cette manière Texpérience sera pleinement confirmée et nous saurons sûrement de quel côté se trouve la vérité. » On jette le papier une seconde fois, el une seconde fois il rejaillit sans avoir été brûlé. Le même auteur dit encore : « Qu'on le jette de nouveau, et alors nous connaîtrons un résultat qui ne laissera plus place au doute. » On le jette une troisième fois, et il rejaillit de nouveau entier et sans trace de feu. Mais ces hérétiques restèrent dans leur endurcissement et s'engagèrent, par les serments les plus stricts, à ne pas publier le fait. Cependant, un soldat qui se trouvait là et qui avait un certain allachement pour notre foi, raconta ce miracle plus lard. Or, ceci se passait à Montréal. On raconte que quelque chose de semblable arriva à Fangeaux, après une discussion solennelle qui y eut lieu contre les hérétiques.
Les autres retournèrent chez eux, et Tévêque d'Osma mourut; saint Dominique resta donc presque seul à annoncer la parole de Dieu avec constance contre les hérétiques*. Or, les adversaires de la vérité Tinsuitaient, en jetant sur lui de la boue, des crachats et autres ordures, et lui attachant par derrière de la paille en signe de dérision. Et comme ils menaçaient
* Vincent de Beauvais, Hist., liv. XXX, c. x; — Constantin d'Orviètc, Vie, n- 12.
(le lé tuef , il répondit avec intrépidité : « Je ne s pas di^ne de la gloire du martyre; je n'ai pas enco mérité ce genre de mort. » C'est pourquoi il pa par le lieu où on lui avait dressé des embûches, et marchait, non seulement sans crainte, mais en chan^ tant et avec un visage gai. Ses ennemis, étonnés, lu^ dirent : « Tu n'as donc pas peur de mourir? Qu'aurais-tu fait, si nous nous étions saisis de ta personne ? » Dominique répondit : o Je vous aurais prié de ne pas me porter, du premier coup, des blessures mortelles ; mais de me mutiler tous les membres, un à un, ensuite de placer sous mes yeux chacun des morceaux que vous m'auriez coupés ; puis de m'arracher les yeux, et en dernier lieu de laisser mon corps, à moitié mort et tranché en lambeaux, se rouler dans son sang; ou bien encore de me faire mourir comme il vous aurait plu. » Ayant rencontré un homme qui, pressé par une grande détresse, s'était uni aux hérétiques, il résolut de se vendre lui-même, afin qu'avec cet argent, qu'il aurait tiré de sa personne, il mît fin à cet état de détresse, en même temps qu'il délivrerait cet homme vendu à l'erreur. Et il eût exécuté son dessein, si la miséricorde divine n'eût pourvu d'une autre manière au soulagement de cette misère*. Une autre fois encore, une femme vint lui exposer avec larmes que son frère était retenu captif chez les Sarrasins, en lui faisant l'aveu qu'il ne lui restait aucun moyen de le délivrer. Alors saint Dominique, touché (Tune vive compassion, s'offrit lui-même pour être
Ibid,
vendu afin de racheter le captif; mais Dieu ne li» permît pas. Il avait prévu qu'il était plus nécessaire pour le rachat spirituel d'un grand nombre de captifs. H était logé dans les environs de Toulouse, chez certaines femmes, qui, sous prétexte de paraître dévotes, s étaient laissé séduire par les hérétiques ; alors Domil^ique, afin de rabattre un .clou par un autre clou, J^ûna, avec le compagnon qui lui était adjoint, pen- <J^ni tout le carême, au pain et à Teau fraîche, se *^vanl la nuit, et quand il était accablé par la fatigue, s^ couchant sur une table nue. Il réussit, parce moyeu, '^ ramener ces femmes à la connaissance de la vérité. Peu après, il commença à songer à Tinstitution de ^n ordre, dont la mission devait être de parcourir le 'Donde en prêchant et de protéger la foi catholique contre les attaques de l'hérésie. Après être resté dans la province de Toulouse l'espace de dix ans, à compter de l'époque où il quitta l'évêque d'Osma, jusqu'au concile de Lalran, il alla à Rome pour ce concile général avec Foulques, évêque de Toulouse, et demanda au souverain pontife Innocent III, pour lui et ses successeurs, la confirmation de l'ordre qui serait appelé et qui serait effectivement les Prêcheurs. Le pape se montra d'abord un peu difficile; mais une nuit, il vil en songe l'église de Latran menacée d'une ruine soudaine. Comme il regardait cela avec effroi, voilà saint Dominique qui se présente de l'autre côté, soutenant avec les épaules tout cet édifice chancelant. A son réveil, le pontife comprit le sens de la vision et accueillit avec joie la demande de Thomme de Dieu; puis il Texhorta, quand il serait de retour auprès de ses
frères, à choisir une des règles déjà approuva qu'après cela il revînt le trouver et qu'il en obtiendi la confirmation, comme il le désirait. A son retoi Dominique communiqua à ses frères ce que lui avî dit le Souverain Pontife. Or, les Frères étaient en^ ron au nombre de seize ; ils invoquèrent TEsprit-Saii et choisirent, à l'unanimité, la règle de saint Augu^ lin, docteur et prédicateur éminent, puisque eux-mêm^^ devaient être des prédicateurs d'effet et de nom ; ils;^ ajoutèrent quelques pratiques de vie plus sévères "^ qu'ils résolurent d'observer sous forme de constitu-^ ' lion. Sur ces entrefaites, Innocent mourut, et Hono--^ rius, son successeur au souverain pontificat, confirma ^ l'ordre, l'an du Seigneur 1216. Comme saint Domi-^ nique priait à Rome dans une église de saint Pierre, pour la dilatation de son ordre, il vit venir à lui les glorieux princes des apôtres Pierre et Paul ; le premier, c'est-à-dire saint Pierre, semblait lui donner un bâton, et saint Paul un livre, en lui disant : (c Va prêcher, parce que tu as été choisi de Dieu pour remplir ce ministère. » Et il lui sembla, en un clin d'œil, qu'il voyait ses fils dispersés par tout l'univers, et marchant deux à deux*. C'est pour cela qu'à son retour à Toulouse, il envoya ses frères de côté et d'autre, les uns en Espagne, quelques-uns à Paris, et d'autres à Bologne. Quant à lui, il revint à Rome. Avant l'institution de l'ordre des Prêcheurs, un moine fut ravi en extase et vît la sainte Vierge à genoux, les mains jointes, priant son Fils pour le genre
* Humbert, Vie, n« 26
"Umaiii. Il repoussait bien souvent sa pieuse mère ; ^nfîn comme elle insistait, il lui parla ainsi : « Ma Mère, que puîs-je et que dois-je faire de plus? J'ai envoyé des patriarches et des prophètes, et peu d'hommes se sont amendés. Je suis venu vers eux, ensuite j'ai envoyé des apôtres, et ils m'ont tué et les apôtres aussi. J'ai envoyé des martyrs, des confesseurs et des docteurs, et ils n'ont point eu confiance en eux: cependant comme il n'est pas juste que je vous '"cfuse quoi que ce soit, je leur donnerai mes Prêcheurs, par lesqufslsils pourront s'éclairer et se purifier ; sinon, J^ viendrai contre eux. » Un autre eut une vision semblable, dans le temps que douze abbés de l'ordre d^ Citeaux furent envoyés à Toulouse contre les héré- ^•ques. Car le Fils ayant répondu à sa mère comme il ^■^ni d'être rapporté ci-dessus, la sainte Vierge dit: ^ Mon bon Fils, ce n'est pas d'après leur malice, mais ^ siprès votre miséricorde que vous devez agir. » Alors '^ Pils vaincu par ces prières dit : « Je leur accorderai ^ï^core cette miséricorde selon votre désir ; je leur en- ^'^ï*rai mes Prêcheurs pour les avertir et les former ; ^^ s'ils ne se corrigent point, je ne les épargnerai plus ^^vantage.» Un frère Mineur, qui avait été longtemps *^ <îoinpagnon de saint François, raconta ce qui suit à plusieurs frères de l'ordre des Prêcheurs : A Tépoque où Saint Dominique était à Rome en instance auprès ^^ pape pour obtenir la confirmation de son ordre, ^^^ nuit qu'il était en oraison, il vit en esprit J.-C. daas les airs, tenant à la main trois lances qu'il brandissait contre le monde. Sa mère s'empressa d'accourir, cl lui demanda ce qu'il voulait faire. Et il dit: « Ce H. 23