‹ La Légende dorée de Jacques de Voragine; nouvellement traduite en francais, avec introduction, notices, notes et recherches sur les sourcesChapitre 39 sur 73 · LA L.È · texte numérisé non relu

LA L.È

monde que voici estrempJitoutentierdfLniîsvicL-s: l'urgueil, la concupùoence et l'avarice; voilà pourquoi jr veux le détruire avec ces trois laiiocs. » Alors la Vicrirc lui dit en se jetantà ses «enouv : « Très cber Fîia, ayez pitié et tempérez votre justice par vuLre miséricorde. » J.-C. reprit: « EsV<t que vous ne xoyez pas toutes les injures dont on m'uulrH^c? » Elle lui dit : « Apaiser votre fureur, mon fils, <■! attendez un peu ; car j*ai un fidèle serviteur, un chumpton Intri^pidc? qui parcourra le monde, le vaincra ri lo soumpllra i^ voire domination. Je lui donnerai misai un autre serviteur pou-^ l'aider et pour combattre lidèlemcnt avec lui. u Le Fift^-^ lui répondit: « Voici que je suis apaisé j j'ai rci^^u favorablement votre rcqu(!le; mais je voudrais IW^^n voir ceux que vous Voulez destiner à une si gran -~^e entreprise. » Alors eUe préscnUi à J.-C. saint Dor— »ii. nique. J.-C lui dit : « Vraiment, c'est un bon ei intrépide champion, et il s'acquittera avec zèle de ce c^ up vous avez dit. » Elle lui présenta en même temps s» ïai François et J.-C. lui accorda les mêmes éloges qii an premier. Or, saint Dominique regarda attentivemeol son compag'uon durant sa vision, et le lendemain l'ayant trouvé dans l'église, sans l'avoir jamais vu, sans le secours de personne pour le lui indiquer, il le reconnut d'après son rêve. Alors se jetant dans ses l)ras, il l'embrassa ave4- piété en disant : « Vous êtes mon compagnon ; vous courrez la même carrière que moi ; restons unis ensemble, et aucun adversaire ne triomphera. » Saint François lui raconta qu'il avait eu exactement la même vision : et depuis cet instant, il n'y ent plus en eux qu'un seul cœur et une seule

SAINT DOMINIQrK 335

Unie ; union qu'ils recommandèrent à leurs descendants d'observer à perpétuité *.

Il avait reçu dans l'ordre un novice de la Fouille: Quelques-uns des compagnons de ce novice le pervertirent au point, qu'ayantrésolu de rentrer dans le siècle, il demandait ses habits de toutes les manières qu'il pouvait. Saint Dominique, qui en fut informé, se mit aussitôt en prière. Or, comme on avait dépouillé ce jeune homme de ses habits religieux et qu'on l'avait déjà revêtu de sa chemise, il se mit à pousser de grands cris et à dire : « Je brûle, je suis enflammé, je suis tout en feu ; ôtez, ôtez cette chemise maudite qui me brûle de Coûtes parts. » Il n'eut aucun repos qu'il ne se fût dépouillé de la chemise et qu'il n'eût revêtu ses habits de religieux, enfin qu'il ne fût rentré dans le cloître. Saint Dominique était à Bologne quand, après la rentrée du frère au dortoir, le diable se mit à tourmenter un convers. Frère Reynier de Lausanne son maître en ayant été informé, s'empressa d'en faire part à saint Dominique. Alors celui-ci fit mener le frère à l'église devant l'autel. Ce fut à peine si dix frères purent le transporter. Saint Dominique lui dit: « Je t'adjure, misérable, de me dire pourquoi tu tourmentes une créature de Dieu; et pour quel motif, et comment tu es entré ici. » Il répondit: « Je le tourmente parce qu'il l'a mérité : car hier il a bu dans la ville, sans la permission du prieur, et avant de faire le signe de la croix. Alors je suis entré en lui sous la forme d'un moucheron ou plutôt il m'a avalé avec le vin. » Or, le fait est que cet

* (iëranl de Fr.iche!, I. î, c. i.

itCiti l.\ I.ÛiENDE nORÉE

liomnii' avail vraîmeiil hu. Sur ces eiilrcfaîlcs sunna le [iri;iiiier coii[> de malines. En l'entendant, te diable, qui parlait en lui, dit: « Maintenant je ne puis rester plus longtemps ici, puisque voici les encapuchonnés qui se lèvent. » Ce fut ainsi qu'il fut forcé de sortir parla prière de saint Dominique. Un jour, il passait un fleiive dans les environs de Toulouse; ses livTcs, que personne ne soignait, tombèrent dans l'eau. Trois jours après, un pêcheur, qui avail jeté son hameçon au même endroit, croyant avoir pris un gros poisson, ne ramena que ces livres; mais ils étaient intacts comme s'ils eussent été gardés avec le plus grand soîn dans une armoire. Il arriva à un monastère alors que ; les frères reposaient, il ne voulut pas les troubler; ^ mais il fit une prière et il entra avec son compagnon,^ dans le raonaslère, les porles étant fermées*. Laas même chose eut lieu une autre fois qu'il allait avein» un convers cistercien pour combattre les hérétiques. ; Arrivés sur le soir à une église, dont les portes étaîenV' fermées, saint Dominique ayant fait une prière, ils se^ trouvèrent subitement dans l'intérieur de l'église, oiMl ils passèrent toute la nuit enoraison. Après une longuir marche, avant d'entrer dans l'hôlellerie, il avait coutume d'apaiser sa soif  quelque fontaine, aBn qu'on ne remarquât point dans la maison de son hôte qu'il ait trop bu.

Un écolier d'un tempérament porté au péché de la cliair vint, un jour de fête, pour entendre la messe dans la maison des Frères de Bologne. Or, c'était

' Itodritfue de Cerrnl, n" 91.

sailli Dominique qui célébrait. Quand on fut arrivé à

rofTrande, cet écolier s*approcha et baisa la main du

saint avec grande dévotion. Et quand il Teut baisé;

il sentit qu'il s'exhalait de cette main une si bonnt^

odeur, que jamais il n'en avait rencontré une si grande

«n sa vie : et dès ce moment, le feu de la passion

s'éteignit en lui merveilleusement, en sorte que ce

jeune homme, qui jusqu'alors avait été adonné à la

vanité et à la luxure, devint, dans la suite, continent

'i^t chaste. Oh ! la grande pureté qui régnait dans ce

corps dont Fodeur purifiait d'une manière si admi-

ï^ble les souillures de l'âme ! — Un prêtre, témoin

Je la ferveur avec laquelle saint Dominique et ses

frères s'adonnaient à la prédication, conçut le projet

"C se joindre à eux, dans le cas où il pourrait se pro-

^^ïrerun Nouveau-Testament qui lui était nécessaire

/^^^iirla prédication. Au moment où il pensait à cela,

* ^ présenta un jeune homme qui avait sous son habit

*^ Testament à vendre : le prêtre Tacheta avec une

^ ^^^nde joie; mais comme il hésitait encore un peu, il

. ^ une prière, et ayant tracé le signe de la croix sur

couvert du livre, il l'ouvrit et jeta les veux sur le

f| ^mier chapitre qui se présenta ; il tomba sur cet en-

^it des Actes des apôtres où il est dit à saint Pierre :

^ ^ève-toi, descends et va avec eux sans hésiter, car

^^slmoi qui les ai envoyés (xx). » A Tinstant, il alla

adjoindre à eux. — Un maître de théologie, qui en-

^çnait à Toulouse avec talent et réputation, prépa-

^^ ^t ses matières un matin avant le jour; accablé de

.^^ nimeil, il inclina légèrement la tête sur sa chaire et

^ui sembla qu'on lui présentait sept étoiles. Comme

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