ASSOMPTION DE M BIENHEUREUSE VIERGE MARIE
^n époux. Parvenus assez loin, ils rencontrèrent une ^g'Iise sur leur chemin ; la femme descendit de son -Ao val et entra, pendant que son mari attendait dehors. '^Ile se recommandait avec dévotion à la bienheureuse '^^fie, quand tout à coup elle s'endormit et la glo- ^us&e Vierge, semblable en tout à cette dame dans ses ^4>îts et dans ses manières, s'avança de l'autel, sortit ïTTionta à cheval pendant que la dame elle-même **t.ç^ii endormie dans l'église. Le mari persuadé que ^t.€iitsa femme continua son chemin. Quand ils furent ^^ixrésau lieu convenu, le prince des ténèbres accourut ^ Son côté avec grand fracas. A peine s'est-il approché V^%i tout d'un coup il frémit et tremblant de stupeur il ^ Osa avancer. Alors il dit au soldat: « O le plus félon ^^s hommes, pourquoi m'as-tu joué ainsi et pourquoi ^ comportes-tu de cette manière quand je t'ai comblé ^e bienfaits? Je t'avais bien dit de m'amener ta femme et lu m'as amené la mère du Seigneur. Je voulais ta femme et tu as amené Marie, (lar ta femme ne cesse de me faire tort ; je voulais me venger sur elle, et tu m'as amené celle-là pour qu'elle me tourmentât et qu'elle m'envoyât dans l'enfer. » En entendant ces paroles, cet homme était stupéfait, la crainte et Tétonnementl'empêchaient de parler. La bienheureuse Vierge Marie dit alors : « Quelle a été ta témérité, esprit méchant, d'oser nuire à une personne pleine de dévotion pour moi? Tu ne l'auras pas fait impunément. Voici maintenant la sentence que je lance contre toi : c'est que tu descendes en enfer, et que tu n'aies plus désormais la présomption de nuire à quiconque m'invoquera avec dévotion. » El le diable se retira en pousn. 28
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saiit (le grands hurlements. Alors le mari, sautaiil à bas de son cheval, se prosternsi aux pieds de la sainte Vierge, qui le réprimanda et lui ordonna de retourner vers sa femme encore endormie dans l'église et de se dépouiller de toutes les richesses du démon. Et quand il revint, il trouva sa femme qui dormait encore, la réveilla et lui raconta ce qui lui était arrivé. Revenus chez eux, ils jetèrent toutes les richesses du démon, ne cessèrent d'adresser des louanges en l'honneur de la sainte Vierge qui leur accorda dans la suite une grande fortune.
Un homme accablé sous le poids du péché fut ravi en vision au jugement de Dieu*. Et voilà que Satan vint dire : « Il n'y a rien en cette âme qui vous appartienne en propre ; elle est plutôt de mon domaine, d'ailleurs j'ai un titre authentique. » Et le Seigneur lui dit : « Où est ton titre? » Satan reprit : « J'ai un titre; vous l'avez dicté de votre propre bouche, et vous lui avez donné une sanction éternelle. Vous avez dit en effet : « En même temps que vous en mangerez, « vous mourrez très certainement. » Comme donc il est de la racr de ceux (jiii ont mangé le fruit défendu, à ce titre autheiitirjiie il doit tHve condamné à mourir avec moi. » Alors le Seiij^neur dit : « O homme, il tN»sl permis de te défeiulre. » Or, l'homme se tut. Le démon ajouta : « l)'aill(uirs je Tai par prescription, depuis ([-(Mlle ans je possède son àme, et il m'a sem eoininc! un (»sclave (jiii est ma propriété, h ('et homme
Saint Anlonin rapporliMlaiis sa Somme un fait (jui n'offre (jiruiu' h'tî^rre variante avor le texte de la Léij^cndc. Sttmmn, ■i'' ()arl.. lil. W, r. v, i^ I.
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conlinua à se taire. Le démon reprit : « Cette âme est à moi, car quand elle aurait fait quelque bien, ses mauvaises actions l'emportent incomparablement sur les bonnes. » Mais le Seigneur qui ne voulait pas porter de suite une condamnation contre ce pécheur lui assigna un délai de huit jours, afin que, ce terme expiré, il comparût devant lui et s'expliquât sur tout ce qui lui était reproché. Or, comme il s'en allait de devant le Seigneur, tout tremblant et pleurant, il rencontra une personne qui lui demanda la cause d'une tristesse aussi vive. Et comme il lui eut raconté tout en détail, l'autre lui dit : « Ne crains rien, n'appréhende rien, car sur le premier point je t'aiderai fortement. » Le pécheur lui ayant demandé comment il s'appelait, il lui fut répondu : « La Vérité est mon nom. » 11 en trouva une seconde qui lui promit de l'aide sur la deuxième accusation. Il lui demanda comment elle s'appelait et il lui fut répondu : « Je suis la Justice. » Or, le huitième jour, il comparut en jugement et le démon lui objecta le premier chef d'accusation ; la Vérité répondit : « Nous savons qu'il y a deux sortes de mort, celle du corps et celle de l'enfer : Or, démon, ce titre que tu invoques en ta faveur ne parle pas de la mort de l'enfer, mais de celle du corps. Ce qui est évident, puisque tout le monde subit cette sentence, c'est-à-dire que tous meurent corporellement, sans cependant que tous meurent des feux de l'enfer. Quant à la mort du corps, oui, elle aura toujours lieu ; mais (juarit à la mort de l'âme, rarrét en a été révoqué par le sang de J.-C. » Alors le démon, voyant qu'il avait succombé sur le premier chef, se
mit à lui objecter le second. Mais la Justice se présenta et répondit ainsi pour cet homme : a Quoique tu aies possédé cet homme comme ton esclave pendant nombre d'années, cependant toujours la raison voulait le contraire ; toujours la raison murmurait de servir un si cruel maître. » A la troisième objection, il n'eut personne pour le défendre. Et le Seigneur dit : « Qu'on apporte une balance et qu'on pèse les bonnes actions et toutes les mauvaises. Alors la Vérité et la Justice dirent au pécheur : « Voici la mère de miséricorde assise auprès du Seigneur, aie recours à elle de toute ton âme et essaie de l'appeler à ton aide. » Quand il l'eut fait, la sainte Vierge Marie vint à son secours et elle mit la main sur la balance du côté où se trouvait le peu de bien ; mais le diable s'efforçait de faire baisser l'autre plateau ; cependant la mère de miséricorde l'emporta et délivra le pécheur, ndui-ci, revenu alors à lui, se corrigea.
Dans la ville de Bourges *, vers Tan du Seigneur 527, comme les chrétiens communiaient le jour de Pûques, un enfant juif s'approcha de l'autel avec les enfants des chrétiens et reçut comme eux le corps du Seigneur. Revenu chez lui, son père lui ayant demandé d'où il venait, l'enfant répondit qu'il avait été à l'église avec les enfants chrétiens, écoliers comme lui, et qu'il avait communié avec eux. Alors le père, rempli de fureur, prit l'enfant et le jeta dans une fournaise ardente qui se trouvait là. A l'instant la mère de Dieu
* ICvaiçre, Hittoire err/éa.^ I. IV, c. xxxv, rapporte un fait semblable arrivé à C. I*.