‹ La Légende dorée de Jacques de Voragine; nouvellement traduite en francais, avec introduction, notices, notes et recherches sur les sourcesChapitre 51 sur 73 · II · texte numérisé non relu

II

d'une â grande iristease. Quand elle lui eut répondu : « Je déplore la paie de mon HIs », le jeune homme répimdit: «t Coosoles-Toos, v<iy<:^z,il est uù vousétes.» fit voici que tout à coup ellf vit sou fils à oMé d'elle. Qaand dïeeut raconté sa lisimi h Aui^iistin, celui-ci ditiH mire: « Vous vous lmiii{iez, ma mère, vous vous trompez ; onoe vousa pas tliU'ela ; mais on vous ■ dit que vous étiet oà je suIh. m « Non, s'écria-t-elle, non,,car l'on ne ra'a pas dit : n Vuum èltrs oii il est, mais « 11 est oA voQfl êtes. • Cette mt^n- pleine de zèle priait avec importunité, d'après les paroles île saint Augustin dans-ses C(m/«ssi<VRS, un saint iivé(]ue de vouloir bien intercéderpour son fils. Et cet hommcvaîncu en cpidque sorte par ses instances lui répondit ces paroles prophétiques: « Allec/abyez Iranquille ; car il est impossible qu'un fils ainsi pleuré périsse pour toujours. » Après avoir enseigné pendant bien des années la rhétorique à Carthagc, il vint à Roi .tement, ' sans en prévenir sa mère, et il v > beaucoup de disciples. En elfel sa mère l'ayant 8 pa^né jusqu'au poripourle retenir ou pour aller avec lui, il la trompa et partit celte nuit-là même & la dérobée. Le malin quand elle s'en aperçut, elle fit retentir ses clameurs aux oreilles de Dieu. Or, chaque jour, le matin et le soir, elle allait à l'église et priait pour son fds. A cette époque, les habitants de Milon envoyèrent prier Symmaque, préfet de Rome, de leurenvoyer un maître de rhétorique. C'étailalors saint Anibroise, un homme de Dieu, qui était évêque de Milan; Augu.stin y fut envoyé. Mais sa mère, qui ne pouvait pas goûter de repos, vini le joindre après de grandes

difficultés; elle le trouva ni tout à fait manichéen, ni •tout à fait catholique. Or, Augustin se prit à s'attacher à saint Ambroise, et à écouter souvent ses prédications. Le saint évéque balançait beaucoup si dans ses discours il parlerait pour ou contre le manichéisme. Une fois pourtant Ambroise parla longtemps contre cette hérésie, de sorte que par les raisons et par les autorités avec lesquelles il la réfuta, celte erreur fut extirpée entièrement du cœur d'Augustin.

Il raconte ainsi au livre de ses Confessions ce qui lui arriva dans la suite : « A peine eus-je commencé à vous connaître, la faiblesse de ma vue fut éblouie par les flots de lumière que vous lançâtes alors sur moi : une horreur mêlée d'amour fit frémir mon âme, et je décoiivris que j'étais bien éloigné de vous, dans une région qui vous est étrangère , il me semblait entendre une voix qui me criait d'en haut : « Je suis la « nourriture des forts; croissez et vous pourrez vous « nourrir de moi. Vous ne me changerez point en votre « propre substance, comme ces aliments dont votre « chair se nourrit; maisc; sera vous qui serez changés « en moi. » Or, comme il était bien aise de voir que le Sauveur est lui-même la voie véritable, mais qu'il lui répugnait encore de marcher dans ses étroits sentiers, le Seigneur lui inspira la pensée d'aller trouver Simplicien en qui brillait la lumière, c'est-à-dire la grâce divine, et de lui révéler toutes ses agitations, de sorte que le connaissant bien, il pût lui indicpier le moyen le plus propre à le faire entrer dans la voie de Dieu, où l'un marchait d'une façon et l'autre d'une autre. 11 avait pris en aversion la vie qui se menait dans le

. tOO LA LÉr.&NDR DORÉE

inondé, qjiuid il la comparait aux douceurs pI à la betntéde la demeure céleste qu'il armait. Alors Sitit- {riiâén se mît i l'exhorter eit lui disant : » Combien d'anfonto'et de jpunes filles qui servent Dieu dan»i te sein de ion Bglii^e ! Et vous ne pourrez pas ce qu'ont pu cetix*ci et cellfs-lA? L'ont-ils pu par eux-mêmes et non par le Seigneur leur Dieu? Pourquoi compter mirTOS propres forées? N'avoir que vous-même pour appui, e^est comme si vous n'en aviez point. Jetez- -vons dans son sein, if vous recevra, il vous guérira. • An milieu de œs entretiens, on vint à parler de Viclorin; tà<ftn SUmplicien, enchanté, lui raconte comment ce- vieillani n'étant encore que gentil, avait mérité, A caose de sa sagesse, qu'on lui dressât une statue A HiMnej sur le forum ; chose extraordinaire pour ce lempa4àl et comment il ne cessait de se dire chrétien. Car eommi; Simplîeîen disait A Yictorîn : « Je n'en croirai-rira, tant que je ne vous aurai pas vu dans l'église. » Mais lui se moquait de celte ri'pnnse, en disant: « Sont-cednnc les murailles qui font qu'un homme soit chrétîfen? » Enfin Vîclorîn vint à l'église, et comme on lui donnait, en cachette, dans la crainte qu'il n'en rougFl,'le' livre qui contenait le symbole de la foi afin de le lire tout hiiut, comme c'était alors la coutume, il monta alors sur l'estrade et en prononça à haute voix les paroles ; Rome en était dans l'admiration et l'Eglise toute joyeuse. Sa présence avait soudainement excité un frémissement et dans un transport unanime suivi d'un profond silence, chacun s'écria : a C'est Victorin ! c'est Victorin ! » Saint Augustin reçut alors la visite d'un ami, nommé Pontilien,

qui venait d'Afrique ; celui-ci lui raconta, la vie et les miracles du grand Antoine qui venait de mourir en Egypte sous l'empereur Constantin. Augustin embrasé fortement par les exemples de ces personnages et en proie à une agitation intérieure que trahissait l'expression de son visage, se tourna vers Alype, son compagnon, et s'écria avec force : « Qu'attendons-nous ? Qu'avez-vous entendu ? Voici des ignorants qui s'empressent de ravir le ciel, et nous, avec notre science, nous nous précipitons dans l'enfer ! Rougirions-nous de marcher après eux, parce qu*ils ont pris le devant, au lieu de rougir de n'avoir pas même le courage de les suivre ? » Alors il alla dans un jardin s'étendre sous un figuier ; c'est encore lui qui le rapporte dans ses Confessions ; et là, en versant des larmes amères, il poussait ces cris lamentables : « Jusqu'à quand? Jusqu'à quand? Demain et toujours demain? Tout à l'heure; encore un instant. » Mais cet instant n'avait point de terme et ce court répit se prolongeait indéfiniment. Il se plaignait beaucoupde cette lenteur qui l'engourdissait, selon ce qu'il en dit plus tard dans le môme ouvrage : « O faiblesse de mon intelligence ! que vous êtes élevé, Seigneur, dans les choses les plus élevées ! Que vous pénétrez profondément les plus profondes ! Jamais vous ne vous éloignez de nous, et cependant nous avons tant de peine à retourner à vous. Agissez en nous. Seigneur, mettezvous à Tœuvre, réveillrz-nous et rappelez-nous ; enflammez-nous et entraînez-nous ; embrasez-nous, pénétrez-nous de vos douceurs. » J'appréhendais de me voir libre de toutes les entraves du momie autant qu'il H. 32-

faàdraii craindre de i^y •wàit engagé. J'ai coinmcneél bien' tard à tous mma, à bcMilé loujour» ancienne eLV loDJoori Donvdle 1 J'ai comaienci^ bien tard ù roui-9 aimerl vous éUei ao-dedcns de moi ; maisj'élaîs hon de moi ; ete'éteit li que jeTona cherchais : quand J'élai mœ-mAme « diffonne i vos jeux ; je brillais pour c beaatée qui sonl l'ouvrage de vos mains. Vous éûa avec moi el je D'étaii'pas avec vous. Vous m'avez api peM, vous avei crié et voiia «vez ouvert mes oreiilei ■oordea jusqu'alon. Vousavex frappé mon âme dcvw éclaira; voua avez lancé vos ravons sur elle et met jenx aveuglés se sont ouverts. Vous m'avez fait sentie l'odeur de voa parfums et je respire, je soupire puuri vous. Vous m'aves touché, «l mon ardeur s'est en- | flammée pour jouir de votre pnix. » El comme il ^ sait des larmes amérea, il entendit une voix qui lui' I dit : « Prenex et lisez ; prcnei et lisez, u Et il se bâta f d'ouvrir le livre de l'apôtret «' '1 l"t '" chapitre sur lequel ses yeux ae portèrent d'abonl : <• Hevétez-voiis del Notre-Seigneur J.-C. », et à l'instant furent dissipées les ténèbres où ses doutes l'avaientplon^. Surces entrefaîtes, il fui lourmenlé d'un très violent mal de dents, en sorte qu'il en serait presque venu à croire, c'est lui qui le dit, à l'opinion du philosophe Cornélius, qui faisait consister le souverain bien de l'ftme dans la sagesse el le souverain bien du corps dans l'absence entière du sentiment de Ja douleur. Or, cette douleur fut si violente qu'il en perdît la parole. Ce fut alors, ainsi qu'il le rapporte dans ses Confessions, qu'il écrivit sur des tablettes de cire que tous ses amis priassent pour lui, afin que le Seigneur le guérit. Il se

mit lui-même à genoux avec les autres, et à Tinstant il se sentit guéri. Il écrivit donc au saint pontife Ambroise pour lui confier ses intentions, en le priant de lui indiquer ce qu'il devait lire, de préférence, dans les Livres saints, pour le rendre plus digne de la foi catholique. L'évéque recommanda la lecture du prophète Isaie, qui lui paraissait avoir prédit le plus clairement rEvangile et la vocation des gentils. Mais Augustin n'en comprenant pas le commencement et pensant qu*il était partout obscur, Tabandonna, en se réservant d'y revenir lorsque les saintes Ecritures lui seraient devenues plus familières. Or, quand l'époque de Psl(]ues fut arrivée, Augustin, parvenu à l'âge de trente ans, reçut, avec Alype, son ami, le saint baptême ainsi que son fils Adéodat, enfant plein d'esprit, qu'il avait eu dans sa jeunesse, alors qu'il était encore païen et philosophe. Il devait ce bonheur aux mérites de sa mère et à la prédication de saint Ambroise. Alors, dit^ on, saint Ambroise s'écria : Te Deum laudamus! et Augustin répondit: Te Dominum confitemur. Et ce fut ainsi que tous les deux composèrent, en se répondant alternativement, cette hymne qu'ils chantèrent en entier jusqu'à la fin. C'est ce qu'atteste encore Honorius (d'Autun), Pairol. lal.y 172, dans son livre intitulé Miroir de l'Eglise. Cependant dans quelques livres anciens, le Te Deinn est intitulé ainsi : a Cantique compilé par saint Ambroise et saint Augustin. » Tout aussitôt après, Augustin fut aiTermi merveilleusement dans la foi catholique ; il abandonna toutes les espérances qu'il pouvait attendre du monde et renonça à donner des leçons dans les écoles. Il raconte lui-même dans

ses Confessions l'abondance des douceurs que lui faisait éprouver Tamour divin : « Vous aviez, dit-il , Seigneur, percé mon cœur des traits de votre amour et je portais vos paroles comme fixées au fond de mes entrailles ; les exemples de vos serviteurs qui étaient passés, par votre secours, des ténèbres à la lumière et de la mort à la vie, se pressaient en foule dans mon esprit pour enflammer mon ardeur et dissiper ma languissante apathie. Je sortais de cette vallée de larmes et je chantais le cantique des degrés *, blessé des flèches aiguës et des charbons ardents qui venaient de vous. Je trouvais une douceur infinie, dans ces premiers jours, à considérer la profondeur de vos desseins sur le salut des hommes. Combien de larmes je versai en prêtant Toreille à ce mélodieux concert des hymnes et des cantiques qui retentissaient dans votre église ! Pendant que mes oreilles cédaient au charme de ces paroles, votre vérité se glissait par elles dans mon cœur : mes larmes coulaient par torrents, et c'était un bien pour moi de les répandre. Ce fut alors en effet qu'on établit le chant des cantiques dans l'église de Milan. Je m'écriais du fond de mon cœur : Oh! ce sera dans la paix ! oh ! ce sera dans son sein (àli ! quelles paroles!) que je dormirai, que je me reposerai, que je prendrai mon sommeil! car vous êtes bien cet être qui ne change point: en vous je trouve le repos qui fait oublier toutes les peines. Je lisais ce psaume en entier ** et je brûlais, moi qui tout à l'heure n'étais

C'cst-à-dirc le psaume cxix, Ad te levavi.

Le psaume iv, Cum invocarem, exatulivit me Dewt,

qu'un ennemi acharné, un aveugle el furieux détrao leur de ces Ecritures qui distillent un miel céleste et brillent de tout Téclat de votre lumière : je séchais de douleur en pensant aux ennemis de ce divin Livre. O Jésus, mon appui I Que soudain il me parut doux de renoncer aux douceurs des vains amusements ! Ce que j'avais tant redouté de perdre, je le quittai avec joie. Car vous les chassiez loin de moi ces douceurs, vous, la véritable et la souveraine douceur; vous les chassiez pour prendre leur place, vous qui êtes plus suave que toutes les voluptés, mais d'une suavité inconnue de la chair et du sang; qui êtes plus brillant que toute lumière, mais plus caché que ne l'est aucun secret ; qui êtes plus élevé que toutes les dignités, mais non aux yeux de ceux qui s'élèvent eux-mêmes, jd

Après quoi, il se prépara à revenir en Afrique avec Nébrode, Evode et sa mère. Mais arrivés à Ostie, sa pieuse mère mourut. Alors Augustin revint dans ses propriétés, où se livrant, avec ceux qui lui étaient attachés, aux jeûnes et à la prière, il écrivait des livres et instruisait les ignorants. Sa réputation se répandait partout : on le trouvait admirable dans tous ses écrits et dans ses actions. Il avait soin de ne point aller dans les villes où les sièges étaient vacants, de peur qu'il ne fût exposé aux embarras de l'épiscopat. Il y avait dans le même temps à Hippone un homme jouissant d'une grande fortune qui envoya dire à saint Augustin que, s'il venait le trouver et le faire jouir de son entretien, il pourrait bien renoncer au monde. A cette nouvelle, Augustin se hâta de venir. Alors Valère, évêque d'Hippone, informé de sa repu-

B06 -La légende dorée

talion, fonhNÎDa prêtre de Sun église, malgré lout«s. •es réùtancea. Quelques-uns altribuaicul ses larnies> A aoa oiipiùlt et lui disaient, pour le consoler, que Imposte'qu'il occupait comme prêtre, bien qu'inférieur ii-atm oaérite, étail un aclieminement vers l'épisc» "pat. AiM^tAt Augustin établit un monaslôre de clerc^ ilaii^ leqtul if cooiiuen^-a à vivre selon la règle iusiU tuée par les saints api!itres, et d'où il sortît au moins dix évAques. Or, comme l'évêque Valère était grec de naûsaDceet peu rersé dans les lettres et dans la langae latine, il donna à Aui^usliii le pouvoir de prAchcU «a sâprésence dans l'église, ce qui était contre les us» ges dé l'Orient : mais comme beaucoup d'évèques ne leii saivaîent pas en ce point, il ne s'en înquîétD pEU^. pourvu que le hitn i|u'il ne pouvait opérer se ffl par' un autre que soi. Dans le même temps, il convainquît^ figOA et réfuta PurCunal, prêtre manichéen et d'atttres hérétiques, ])i'incipalement les rebapliscurs, lei donalistes et les nianicliéens. Alors Valère commençi i craindre qu'on ne lui enlevât Augustin el que quelque autre ville ne le demandât pour évéque. Et on aurait bien pu le lui ravir, s'il n'eût pris garde de l'envoyer dans un lieu retiré, de manière qu'on ne putle trouver. Il demanda donc à l'archevêque de Carthagela permission de se démettre en faveur d'Augustin qui serait promuàl'évêcliéd'Hippone. Mais Augustin s'opposa de toutes ses forces à ce projet : en6n, pressé et poussé, il fui obligé de céder, et il se chargea du fardeau de l'épiscopat. Dans la suite, il dit et il écrivit qu'on n'aurait pas dû l'ordonner évêque du vivant de celui qu'il remplaçait. Il sut plus tard que

cela était défendu par un concile général ; aussi ne voulait-il pas faire pour d'autres ce qu'il regrettait qu'on eût fait pour lui. Et il donna tous ses soins à ce que dans les conciles des évéques il fût statué que ceux qui conféraient les ordres intimassent toutes les ordonnances des Pères à ceux qui devaient être ordonnés. On lit qu'il dit plus tard en parlant de lui-même : (c Je n*ai jamais mieux reconnu que Dieu fût irrité contre moi, que quand j'ai été placé au gouvernail de l'Eglise, alors que je n'étais pas digne d'être mis au nombre des rameurs. » Ses vêtements, sa chaussure et ses autres ornements n'étaient ni trop brillants ni trop négligés, toutefois ils étaient simples et convenables. On lit en effet qu'il dit de soi : « Je l'avoue, je rougis d'avoir un habit précieux ; c'est pour cela que quand on m'en donne un, je le vends, afin de pouvoir au moins en partager le produit, puisque je ne puis partager l'habit. » Sa table était servie frugalement et simplement, et avec les herbes et les légumes, il y avait le plus souvent de la viande pour les infirmes et les hôtes. Pendant les repas, il goûtait plus la lecture ou la discussion que les mets euxmêmes et il avait fait graver dans sa salle ce distique contre le poison de la médisance :

Quisquis a mat dictis absentilm rodcre vitani, Hanc mensam indignam noverit esse sibi*.

Aussi il arriva une fois que quelques-uns de ses collègues dans Tépiscopat avec lesquels il vivait dans

* O vous qui des absents déchirez la conduite. Sachez qu'aux détracteurs ma table est interdite.

808 1.A LI-^(iENDK DURKK

la Cimiliarité, sVtant pLTini» de mi^tlirr, il I» doremeol, et dit que s'ils nu cessaient, ou bien il eflî ceraU œs vers ou bien il allait quitter la table. Ayai îarité on jour quelques intimes à un repati, l'un dVtutjîl phi8 corieiu que les autres, entra dans la cuisine, oâ, J a/ant trouvé tout refroitli, il demanda à son retour êM aainl Aujiulin queU mets le père de famille »vail con^ mandé de servir. Augustin, qui ne s'oecupait pa^ < cRosea pareitles, lui répondit: « Et je ne le s plus iijne TOUB. <•

11 disait avoir appris trois chose» de saint Ambroisi la première de ne demander Jamais de Temme ) qnehja'iln; la seconde, de ne jamais exciter persoruU^ qiiiT09lArs*en^a^ei' dans l'état militaire, à suivre e parti; et la troisièmi?, de n'accepter aucune invilatioill pour an repas. Quant à la première, c'était dons Nl'| craints <pw les 4pou.\ ne se convinssent pas et se que< rellasaent ; quant A la seconde, c'était de peur que a les militaires se livraient A la calomnie, cela ne lin M^ reproché ; enlin, quant à la troisième, c'était pour i point dépasser les bornes de la tempérance. Telle fut sa pureté et son humilité, que même les péchés les plus légers, qui parmi nous sont réputés nuls ou minimes, il les avoue dans le livre des Confessiotu et s'en accuse en toute humilité devant Dieu; car il s'y accuse qu'étant enfant, il jouait à la paume, au lieu d'aller à l'école. Il s'accuse encore de ne vouloir ni lire, ni s'appliquer, si son maître ou ses parents ne Vy forçaient; de ce qu'étant enfant, il lisait volontiers les fables des poètes, comme celle d'Enée, et qu'il pleurait sur Uidon se tuant par amour; de dérober sur la

table ou dans le cellier quelque chose qu'il pût donner aux enfants, ses compagnons de jeu; de les avoir trompés quelquefois au jeu. Il s'accuse aussi d'avoir volé, à l'âge de seize ans, des poires sur Tarbre de son voisin.

Dans ce même livre de ses Confessions^ il s'accuse d'une légère délectation qu'il éprouvait quelquefois en mangeant: « Vous m'avez appris, dit-il. Seigneur, à ne considérer les aliments que comme un remède, et c'est dans cet esprit que je m'efforce de satisfaire à ce besoin. Mais lorsque je passe de la douleur que me cause la faim à cet état de quiétude qui s'empare de moi quand elle est apaisée, alors la concupiscence mî? tend des pièges. Cette transition est vraiment une volupté, et il n'est pas d'autre voie pour satisfaire à cette nécessité à laquelle nous sommes réduits.

« En effet le boire et le manger étant nécessaires à la conservation de notre existence, un certain plaisir s'est attaché à cette nécessité comme une compagne inséparable : mais bien souvent elle s'efforce de prendre les devants, pour m'obligera faire pour elle-même ce que je dois et ne veux faire seulement que pour ma santé. Pour les excès du vin, j'en suis bien éloigné, et j'espère que vous me ferez la grâce de n'y tomber jamais. Après les repas, un certain engourdissement peut s'emparer de quelqu'un des vôtres, vous me ferez la grâce d'en être préservé. Quel est donc Tliomme, ô mon Dieu, cpii n*est pas quelquefois entraîné au delà des bornes que lui prescril la nécessité? Oh! celui-là est grand ; cju'il glorifie votre nom. Mais ce n'est pas

Page 1