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'. OOHÉE
moi, aïoî qui suis un malheureux pécWur] » Un croyaU pas exempt de fautes par rapport à l'odorat ttû dtBaH : ir Quant aux plaisir» qu'excitent en nou» Im odeurs, je m'en inquiète peu : je ne les rechercha pas quand elles me manquent ; quand elles vieiineat à moi, je ne les repousse pas, toujours disposé à m'en. piinr pour toujours. C'est du moins, si je ne nu ttorap^iCe que je crois ressentir; car nul ne doit être dsosonc sécuritécomplèledanscette vie qu'à juste titre, on peatappelerune tentation continuelle, puisque celui qui de méchant est devenu bon, ne sait pas si de hoa il ne deviendra pas plus méchant. » Voici ce qu'il dit toochiril le sens de l'ouîe: << Les plaisirs de l'ouTe ■vaîeot pour moi, je l'avoue, plus de charmes et plua ifattraits ; mais vous avez rompu ces liens et m'en avez afhvDChi. S'il m'an'ivc d'être plus ému par la m^ lodie que par les paroles que l'on chante, alors je Reconnais avoir péché et je préférerais ne poinlenteudri chanter en cette occasion. ■ <
II s'accuse encore des péchés de la vue, comnM quand U dît qu'il aimait trop Tolonlïers i voir ua chien courir, qu'il prenait plaisir à regarder la chasse, ' quand il lui arrivait de passer dans la campa^e, qu'il examina avec trop d'attention des araignées enveloppant des mouches dans leurs toiles, alors qu'il était chez lui. Il s'accuse de cela devant Dieu comme de choses qui distraient dans les bonnes méditations et qui troublent les prières. II s'accuse aussi de désirer les louang;es et d'être entraîné par la vaine gloire : n Celui, dit^il. Seigneur, qui ambitionne les louanges des hommes, alors qu'il s'attire votre blâme.
ne sera point défendu par les hoinmes lorsque vous le jugerez, ni délivré par eux, lorsque vous le condamnerez.
Un homme que Ton félicite de quelque bienfait qu'il a reçu de votre main; se complaît plus dans les louanges qu'on lui donne, que dans la grâce qui les lui a méritées. Nous sommes tous les jours exposés sans relâche à ces sortes de tentation, et la langue de l'homme est une fournaise où nous sommes mis journellement à répreuve. Néanmoins je ne voudrais pas que le bon témoignage des autres n'ajoutât rien à la satisfaction que j'éprouve du bien qui peut être en moi ; mais il faut Tavouer non seulement ce bon témoignage^ raugmente, mais le blâme la diminue. Je suis contristé des éloges que l'on me prodigue, soit qu'ils se rapportent à des choses que je suis fâché de trouver en moi, soit que l'on y estime de petites qualités plus (ju'elles ne le méritent. »
Ce saint homme réfutait les hérétiques avec une si grande énergie, qu'ils disaient entre eux publiquement que ce n'était pas pécher de tuer Augustin qu'ils regardaient comme un loup à égorger ; et ils affirmaient aux assassins (|ue Dieu leur pardonnerait alors tous leurs péchés.
Il eut à subir grand nombre d'embûches de leur part quand il avait besoin de voyager; mais la providence de Dieu [>enneltait qu'ils se trompassent de chemin et qu'ils ne le rencontrassent point. Pauvre luimême, il se souvenait toujours des pauvres, et il leur donnait libéralement de tout ce qu'il pouvait avoir : car il en vint jus(ju'à Taire briser et fondre les vases
sacrés afin d'en donner la valeur aux pauvres, aux captifs et aux indigents. Il ne voulut jamais acheter ni champ, ni maison à la ville ou à la campagne. Il refusa grand nombre d'héritages qui lui avaient été légués, par la raison que cela devait appartenir de préférence aux enfants ou aux parents des défunts. Quant aux biens deTEglise, il n'y était pas attaché: ils ne lui donnaient aucun tracas ; mais le jour et la nuit, il méditait les Saintes Ecritures et les choses de Dieu. Jamais il ne s'occupait de nouvelles constitutions qui auraient pu lui embarrasser l'esprit que toujours il voulait conserver exempt de tout tracas extérieur, afin de pouvoir se livrer avec liberté à des méditations continuelles et à des lectures assidues. Ce n'est pas qu'il empêchât quelqu'un de bâtir, à moins qu'il ne s'aperçût qu'on le fît sans mesure. Il louait aussi beaucoup ceux qui avaient le désir de la mort, et il rapportait fort souvent à ce sujet les exemples de trois évêques. C'était saint Ambroise qui, au lit de la mort, répondit à ceux qui lui demandaient d'obtenir pour soi, par ses prières, un prolongement de vie : «Je n'ai pas vécu de manière à rougir de vivre parmi vous, et je ne crains pas de mourir, puisqui3 nous avons un bon maître. » Réponse que saint Augustin vantail exlraordinairement. Il citait encore l'exemple d'un autre évéque auquel on disait qu'il était fort nécessaire à l'Eglise, et que cette raison ferait que Dieu le délivrerait encore, et qui répondit: « Si je ne devais jamais mourir, ce serait bien ; mais si je dois mourir un jour, pourquoi pas maintenant ? » 11 rapportait encore ce que saint Cyprien racontait d'un autre évéque qui, souffrant beaucoup, demandait le
réiablissement de sa santé. Un jeune homme d'une grande beauté lui apparut alors et lui dit avec un mouvement d'indignation : « Vous craignez de souffrir, vous ne voulez pas mourir, que vous ferai-jeî » II ne laissa demeurer avec lui aucune femme, pas même sa soeur Germaine, ni les filles de son frère qui s'étaient vouées ensemble au service de Dieu. Il disait que, quand bien même on n'auraitaucun soupçon mauvais par rapport à sa sœur et à ses nièces, cependant parce que ces personnes auraient besoin des services d'autres femmes, qui viendraient chez elles, avec d'autres, et? pourrait être un sujet de tentation pour les faibles, ou certainement une source de mauvais soupçons pour les méchants. Jamais il ne voulait parler seul à seule avec une femme, à moins qu'il ne se fût agi d'un secret. II fit du bien à ses parents, non pas en leur procurant des richesses, mais en les empêchant d'être dans la gêne ou bien dans l'abondance. Il était rare qu*il s'entremit en faveur de quelqu'un parleltres ou par paroles, imitant en cela la conduite d*un philosophe qui par amour de sa réputation ne rendit pas de grands services à ses amis, et qui répétait souvent : « Presque toujours, pouvoir qu'on demande, pèse. » Mais quand il le faisait, il mesurait son style de manière à ne pas être importun, mais à mériter d'être exaucé en faveur de la politesse de sa demande.
II préférait avoir à juger les procès de ceux qui lui étaient inconnus, plutôt que ceux de ses amis; et il disait que parmi les premiers il pouvait distinguer le coupable, sans avoir rien à craindre, et que de l'un d'eux il s'en ferait un ami, mais qu'entre ses amis, il II. 33
514 LA LÉGENDE DORAe
«n perdrait certainement ah, saTotr câui oontretequid il prononcerait sa sentence. Beaucoup d^^i^tises I%m« tèrent ; ii y prêchait la parole de Dieu et opérdil des conrer^ions. Quelquefois, dans ses ' prédiàBttions, il sortait du cadre qu'il s'était tracé ; alors il dintt'qiui cela entrait dans le plan de Dieu prâr le aidtti de quelqu'un. Ce qui fut évident, par rapport i un hottune d'affaires des manichéens, qui se convertit ai assis* tant à une prédication où saint Augustin £t une digression contre cette hérésie. En ce tempfr-li, les Goths s*^taient emparés de Rome ; alors les idoUlIres et les infidèles insultaient beaucoup les chrétiens ; à cette occasion, saint Augustin composa son ItTfe de la Cité de Dieu, pour démontrer qu'ici^bas les justes doivent souffirir et les impies prospérer. Il j traite des deux eitèsi, celle de Jérusalem et odle de Bàbylone c4 de leurs rois, parce que le roi de Jérusalem, c'^t J.«C«, et le roi de Bàbylone, c'est le diable, «c Deux amours,* dit4I, ont bâti ces deux cités, Famour de soi, alhml jusqu'au mépris de Dieu, a bâti la cité du diable, et Tamour de Dieu, allant jusqu'au mépris de soi, la cité de Dieu. » Pendant qu'Augustin vivait eucore, vers Tan du Seigneur 440, les Vandales s'emparèrent de toute la province d'Afrique, ravageant tout, et n'épargnant ni le sexe, ni le rang, ni l'âge. Quand ils arrivèrent devant la ville d'Hippone, ils l'assiégèrent vigoureusement. Au milieu de cette tribulation, saint Augustin, plus que personne, passa les dernières années de sa vie dans Famertume et la tristesse. Ses larmes lui servaient de pain le jour et la nuit, en voyant ceux-ci tués, ceux-là forcés de fuir, les églises veuves
de leurs prêtres, et les villes détruites et sans habitants. Au milieu de tant de maux, il se consolait par cet adage d'un sage, qui disait : « Celui-là n^est pas un grand homme qui regarde comme chose extraordinaire que les arbres tombent, que les pierres s'écroulent et que les mortels meurent. » Mais il rassembla ses frères et leur dit : « Oui, j'ai prié Dieu afin qu'il nous délivre de ces périls, ou qu'il nous accorde la patience, ou bien qu'il m'enlève de cette vie pour n'être point forcé devoir tant de calamités. » Il n'obtint que la troisième demande, car après trois mois de siège, en février, la fièvre le prit, et il se mit au lit. Comprenant que sa fin approchait, il se fit écrire les sept Psaumes de la pénitence qu'il commanda d'at^ tacher à la muraille, à côté de son lit, d'où il les lisait, en versant sans cesse des larmes abondantes ; et afin de ne penser qu'à Dieu et de n'être gêné par personne, dix jours avant sa mort, il défendit de laisser entrer qui que ce fût dans sa chambre, si ce n'est le médecin, ou bien celui qui lui apportait quelque nourriture.
Or, un malade vint le trouver, et le pria instamment de lui imposer les mains et de le guérir. Augustin lui répondit : « Que dis-tu là, mon fils ? Penses-tu que si je pouvais faire chose pareille, je ne me l'accorderais pas pour moi? » Mais le malade insistait, et lui assurait que dans une vision qu'il avait eue, il lui avait été ordonné de venir le trouver et qu'il serait guéri. Alors Augustin, voyant sa foi, pria pour lui et il fut guéri. Il délivra beaucoup d'énergumènes et fit plusieurs autres miracles. Au livre XXII de la Cité de Dietiy il rapporte, comme ayant été opérés par un
BI6 LA UfCE^nE
autre, deux mincies qu'il fit. « A ma connaissance, dit-il, tme jeune powmne d'Hipponc, ayant répandit < sur elle une huile où le pri^trc «jui priait pour elle avait mél^ ses larmes, fut délivrt^c du démon. » 1] dît l encore an ro£me endrmt : n II est aussi à ma connai»* i sance que le démon quitta soudain un jeune |>09sédé ; ^ ua évique avait prié pour ce jeune homme sans le | voir.,» Il n'y a aucun doute qu'il ne parle de lui-', mtme, mais par humilité, il n'a pas voulu se noia> | -iner. II. rapporte, dans ce même ouvrage, qu'uai malade devait être taillé, el on craignait beaucoup] qu'il ne mourtlt de cette opération. Le malade plia IKeu avec abondance de larmes ; .\ugustin pria avec lui et pour Uii, et sans aucnne incision, il re^-ut une ^érison parfeite. Enfin, à l'approclie de son Irépaa, U laissa cet enseignemcnl mémorable, savoir qaa , l'homme, quelque excellent qu'il soil, ne doit pa*! mourir sans confession, otsans recevoir l'Eucharistie. ^ Quand ses derniers instants furcui arrivés, jouissant I de toutes ses facultés, la vue et l'ouïe encore saines, à l'âge de 77 ans, et de son épiscopat la 40*, en présence de ses frères rassemblés et priant, il passa au Seigneur. Il ne fit aucun testament, parce que ce pauvre de J.-C. ne laissait rien qu'il pût léguer. Il vivait vers l'an du Seigneur 400.
Augustin, cet astre éclatant de sagesse, cette forteresse de la vérité, ce rempart de la foi, l'emporta sans comparaison sur tous les docteurs de l'Eglise, aussi bien par son génie que par sa science : Il fut aussi illustre par ses vertus que par sa doctrine. C'est ce qui fait que le bienheureux Hemi, en parlant de saint
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Jérôme et de quelques autres docteurs, conclut ainsi : « Saint Augustin les surpassa tous par le j^énie et par la science. Car bien que saint Jérôme avoue avoir lu les 6000 ouvrages d'Origène, cependant saint Augustin en a tant écrit, que non seulement, personne, y passât-il ses jours et ses nuits, ne saurait transcrire ses livres, mais qu'il ne s'en rencontre pas même un qui les ait lus en entier. » Vohisien, auquel saint Augustin adressa une lettre, parle ainsi : « Cela ne se trouve pas dans la loi de Dieu si saint Augustin l'ignore. » Samt Jérôme dit dans une lettre écrite par lui à saint Augustin : « Je n'ai encore pu répondre à vos deux opuscules si pleins d'érudition et d'une éloquence si brillante ; certes, tout ce qu'on peut dire, tout ce à quoi peut atteindre le génie, et tout ce qu'on saurait puiser dans les saintes Ecritures, vous Tavez traité, vous l'avez épuisé : mais je prie Votre Révérence de me permettre de donner à votre génie les éloges qu'il mérite. » Dans son ouvrage des Douze Docteurs, saint Jérôme écrit ces mois sur saint Augustin : « Saint Augustin, évêque, est comme l'aigle qui plane sur le sommet des montagnes : Il ne s'occupe pas de ce qui se trouve au bas, mais il traite avec clarté de ce qu'il y a de plus élevé dans les deux ; il embrasse d'un coup d'œil la terre avec les eaux qui l'entourent. » On peut juger du respect et de l'amour qu'éprouvait saint Jérôme pour saint Augustin par les lettres que celui-ci lui adressa. Il s'exprime ainsi dans Tune d'elles : « Jérôme, au saint et très heureux seigneur pape, salut. En tout temps, j'ai en le plus profond respect pour votre béatitude, et j'ai chéri J,-C. notre Sau-
venr ^ Inbtte ai voàB^.naM ma^fimrithm je vaux, ■TS «M ptMBMe, ajoalér ipialqoB ducefluon ot MM* treleomnbfeiiMpeiMée; fi^eitqMJeaeaKpcniels pMde fMBBV mène vne hean m^ «laôr voire îm» préwAt i inoo oi^t. » Dus une maHn lettfe tpHà hà enraie : « Tautt'en fiiut, dil-il, que j'ose toucher » qwn que ce flmtdM ouvrages de votre béatitude ; j'ai déji ueeS de corriger les miens, sans porter la main sur ceàz da aatree. » Saint Grégoire s'exprime ainsi dans une lettre écrite A Innoccnlius. préfet d'Afrique : n HaaB nous réjonissons du désir que vous manifeslexde receTob'de noa^ l'exposition sur Job. Mais si voos SOtthÛtei yons nssasier de quelque noiirrituru délîdeoae, lÎBei les c^ascules de saint Aiivi^ustin, votn^ compatriote ; toob tnmverex que c'es^ on oompaiain son de notre tme, de la fleur de Surine A cdié de quelque chose de fort inftriear venant de nous. » Vomi ce qu'il écrit dans acm Heghtre : « On Kl qiw saint Augiutin ne conaentit pas même A habiter avec sK sœur ; car, disait-il, celles qui sont avec ma sœur ne sont pas mes sœurs. La précaution excessive de ce grand docteur doit nous servir de leçon. On lit dans la Préface Ambroisienne : « Nous adorons, Seigneur, votre magnificence au jour de la mort de saint Augustin : car votre force, qui opère dans tous, a fait que cet homme embrasé de votre esprit, ne se laissa pas vaincre par les promesses des attraits fallacieux : vous l'aviez en effet rempli de tout genre de piété, en sorte qu'il vous était tout à la fois, l'autel, le sacrifice, le prêtre et le temple, h Saint Prosper dans son Traité de la vie contemplative (Julien Pomère, I. III),
parle ainsi de saint Augustin : « Il avait un génie pénétrant, une éloquence suave ; un grand fonds de littérature classique ; il avait scruté les matières ecclésiastiques ; il était clair dans ses discussions de tous les jours, grave dans son maintien, habile à résoudre une question, attentif à réfuter les hérétiques, catholique dans l'exposition du dogme, silr dans l'explication des écritures canoniques. )> Saint Bernard dit de son côté : « Augustin, c'est le fléau le plus redoutable des hérétiques. »
Après sa mort, les barbares ayant fait invasion dans le pays, ils profanèrent les lieux saints ; alors les fidèles prirent le corps de saint Augustin et le transportèrent en Sardaigne. 280 ans s'étant écoulés depuis sa mort, vers l'année du Seigneur 718, Luitprand, pieux roi des Lombards, apprenant que la Sardaigne avait été dépeuplée par les Sarrasins, fit partir des messagtrs pour faire rapporter à Pavie les reliques du saint docteur *. Au prix d'une somme considérable, ils obtinrent le corps de saint Augustin et le transportèrent jusqu'à Gènes. Le saint roi l'ayant appris, il se fit un bonheur de venir à sa rencontre et de le recevoir. Mais le lendemain matin, quand on voulut reprendre le corps, on ne put le lever de l'endroit qu'il occupait, jusqu'au moment où le roi fit voeu que si le saint se laissait emmener, il ferait bâtir, au même lieu, une église qui serait dédiée en son nom. Aussitôt on put prendre le corps sans difficulté.
• Vincent de Beau vais, ///,«/., 1. XXIII, c. cxlviii ; — Sitçebcrt, an 721.
580 Là. ^Qàtmm nomim
Le roi tint sa promesse et fit oonslrmre i Gtees une église en Plionnear de saint Angostin. Pàr^ minde arriva le lendemain dans une TÎUa dn diocèse de Tortone, nommée Casai, où Ton ocmsirmsii euDore nue église ea Tlioniieur de saint At^jfostin. De plm, Luilprand concéda cette même villa avec tontes ses dépendances», pour être possédée & perpétuité par ceax qui desserviraient PégUse. Or, comme le roi Toyaii qu'il plaisait au saint qu'on lui âevfti une église par^ tout où il s'arrêtait) dans la crainte qu'il ne se cfaoistt un autre lieu que celui où il voulait le mettre» partout où on passait la nuit avec le saint ccMrps^ fl fondait une é^ise ea son honneur. Ce fut amsi qu'on arriva à Pavie dans des ùansports de joie, et que Ton plaça les saints restes avec de grands luinMursdans l'^flise de saint Pierre, appdée au Ciel dPw. -~ Un meunier j, qui avait une déyotion toute i|)édale & saint Augustin, souffhdt àlajambed'uœ tumaur nommée pliie^rma sahum^ et il invoqumt pieusement saint Augustin à son secours. Le saint, dans une vision, lui toucha la jambe et le guérit. A son réveil, se trouvant délivré, il rendit grâces à Dieu et à saint Augustin. — Un enfant avait la pierre et de l'avis des médecins, il fallait le tailler. La mère qui craignait que Tenfant ne mourût, s'adressa dévolemenl à saint Augustin pour qu'il secourût son fils. Elle n'eut pas plutôt fini sa prière que l'enfant rendit la pierre en urinant et recouvra une parfaite santé.
Dans un monastère, appelé Elémosina, un moine, la veille de la fête de saint Augustin, fut ravi en extase et vit une nuée lumineuse descendant du ciel, et sur
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cette nuée saint Augustin assis revêtu de ses habits pontificaux. Ses yeux étaient comme deux rayons de soleil illuminant toute l'église qui était remplie d'une odeur très suave. — Saint Bernard étant à Matines s'assommeilla un peu, et pendant qu'on chantait une leçon de saint Augustin, il vit un jeune homme très beau qui se tenait debout, et de la bouche duquel sortait une si grande abondance d'eau que toute l'église paraissait devoir en être remplie. Saint Bernard ne fit pas difficulté de penser que c'était saint Augustin qui a fait couler dans l'Eglise entière des fontaines de doctrine. — Un homme, qui aimait singulièrement saint Augustin, donna beaucoup d'argent à un moine, gardien du saint corps, pour avoir un doigt d'Augustin. Le moine reçut bien l'argent, mais, à la place du doigt de saint Augustin, il lui donna le doigt d'un mort qu'il enveloppa dans de la soie. L'homme le reçut avec respect et lui adressait sans cesje ses hommages avec grande dévotion, le pressant sur sa bouche, sur ses yeux et le suspendant à sa poitrine. Dieu, qui voyait sa foi, lui donna d*une manière aussi miraculeuse que miséricordieuse un doigt de saint Augustin ; l'autre avait disparu. Cet homme étant rentré dans sa patrie, il s'y fit beaucoup de miracles et le bruit en alla jusqu'à Pavie. Mais comme le moine assurait (jue c'était le doigt d'un mort, on ouvrit le sépulcre et on trouva qu'il manquait un des doigts du saint. L'abbé, qui sut le fait, déposa le moine de son office et le punit sévèrement. — En Bourgogne*, dans un monastère nommé
• Herbert, De miraruiis, \. III, c. xxxviii ; — Opp. de saint Bernait.
SSS LA lionn» noadi
Fontaines, viraît on mùne fféé HqfOM, trt> dénit i nint AggMtin, dont il lisait ha oanagea amo bo»benr. II le foiait aoavent de ne pas permetlre qu'il trépaMât de ce monde un autre jour que celui où l'on Mdenniaaït sa fêta.- Quinze jours auparavant, la Ëèvre le aaint ai Tiolemment que la veille de la fétc on le posa par terre dans l'élise; comme un mourant. El voici que {dttflieaFspersoiinEiu^es beaux et brillants, en aubes, entfAreot processionnel lement dans l'église dudit monastère : à Imr faite venait un personnage vénérable rerétn d'habits pontificau.v. Un moine qui était alors dansl'4%liae fat saisi à cette vue; il demanda qui ils étaient et oA ils allaient. L'un d'eux lut répondit que Vêtait saint Angustin avec ses chanoines qui venait assùtter & la mort de ce moine qui lui était dévot afin ". de porter son Ame au royaume de la gloire. Ensuite cette noble procession entra dans l'iniirinerie, et après j être restée qaQlqœ temps, la sainte âmi> du moine fut dtiirrée des liens de la chair. Son doox ami 1* fortifia contre les erabllches des ennemis et l'introduisit dans la joie du ciel. — On lit encore que, de son vivant, saint Augustin, étant occupé à lire, vit passer devant lui le démon portant un livre sur ses épaules. Âussîlâl le saint l'adjura de lui ouvrir ce livre pour voir ce qu'il contenait. Le démon lui répartit que c'étaient les péchés des hommes qui s'y trouvaient écrits, péchés qu'il avait recueillis de tous côtés et qu'il- y avait couchés. El à l'instant saint Augustin lui commanda que, s'il se trouvait porté quelqu'un de ses péchés, îl le lui donnât à lire de suite. Le livre fut ouvert et saint Augustin n'y trouva rien d'écrit, si ce n'est qu'une
fois, il avait oublié de réciter compiles. Il commanda au diable d'attendre son retour; il entra alors dans réalise, récita les complies avec dévotion et après avoir fait ses prières accoutumées, il revint et dit au démon de lui montrer encore une fois l'endroit qu'il voulait relire. Le diable, qui retournait toutes les feuilles avec rapidité, finit par trouver la page, mais elle était blanche : alors il dit tout en colère : « Tu m'as honteusement déçu ; je me repens de t'avoir montré mon livre, puisque tu as effacé ton péché par la vertu de tes prières. » Ayant parlé ainsi, il disparut tout plein de confusion.
Une femme avait à souffrir les injures de quelques personnes pleines de malice : elle vint trouver saint Augustin pour lui demander conseil. L'ayant trouvé qui étudiait, et l'ayant salué avec respect, il ne la regarda ni ne lui répondit point. Elle pensa que peutêtre c'était par une sainteté extrême qu'il ne voulait pas jeter les regards sur une femme : cependant elle s'approcha et lui exposa son affaire avec soin. Mais il ne se tourna pas vers elle, pas plus qu'il ne lui adressa de réponse : alors elle se relira pleine de tristesse. Un autre jour que saint Augustin célébrait la messe et que cette femme y assistait, après Télévation, elle se vit transportée devant le tribunal de la très sainte Trinité où elle vit Augustin, la face inclinée, discourant avec la plus grande attention et en termes sublimes sur la gloire de la Trinité. Et une voix se* fit entendre qui lui dit : « Quand tu as été chez Augustin^ il était tellement occupé à réfléchir sur la gloire de la sainte Trinité qu'il n'a pas remarqué que
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ta MHS ▼einié le froavcr ; mais rclonnie chez lui avc-c àMnrancé; In le tronreras nfTable el lu recevras un aVis Milataire. »'EUe If fit et saint Au^slin l'écoiilA mrtc bonté et loi donna un excellent conseil. — On rapporta noMÎ qâ'an Mini homme étant ravi en esprit daiù le ciel et ezamimiit tous les saints dans la gloire, n'y Tc^nl pas nïnt An Justin, demanda à quelqu'un dM bienhenrenx où Sitait. Il lui fui répondu : « \ugostih réside an jhn baut des cieux, où il mt'dite sur la gloire de la tris excellente Trinité, a — Quelquett habitants de Pavie étaient détenus en prison par le marquis de Malaspina. Toute boisson leur fut refusée afin de pouvoir en extorquer une grosse somme d'arfràt. I^ plupart rendaient dt^'jà l'Éimc, quelques-uns buvaient leur orine. Un jeune homme d'eutre eux. qui avait une f^rande dévotion pour saint Au|j;uslin, réclama son assistance. Alors au milieu de la nuil, saint Augustin apparut à ce jeune homme, et comme s'il lui prenait la main, U le ronduisii an fictive de (iravelon où avec une feuille de vigne trempée dans l'eaii, il lui rafraîchit tellement la langue, que lui, qui aurait souhaité boire de l'urine, n'aurait plus souhaité maintenant boire du nectar. — Le prévôt d'une église, homme fort dévot envers saint Augustin, fut malade pendant trois ans au point de ne pouvoir sortir du Ht. La fête de saint Augustin était proche, et déjà on sonnait les vêpres de la vigile, quand il se mit à prier saint Augustin de tout cœur. Saint Augustin se montra à lui revêtu d'habits blancs et en l'appelant trois fois par son nom, il lui dit : « Me voîci, tu m'as appelé assez longtemps, lève-toi de suite, et va me ce-
lébrer Toffice des Vêpres. » Il se leva guéri, et, à Tétonnemenl de tous, il entra dans l'église, où il assista dévotement à tout l'office. — Un pasteur avait un chancre affreux entre les épaules. Le mal s*accrut au point de le laisser absolument sans forces. Comme il priait saint Augustin, celui-ci lui apparut, posa la main sur la partie malade et la guérit parfaitement. Le même homme, dans la suite, perdit la vue. Il s'adressa avec confiance à saint Augustin, qui, un jour sur le midi, lui apparut, et en lui essuyant les yeux avec les mains, il lui rendit la santé.
Vers Tan du Seigneur 912, des hommes gravement malades, au nombre de plus de quarante, allaient à Rome de l'Allemagne et de la Gaule pour visiter le tombeau des apôtres. Les uns courbés se traînaient par terre sur des sellettes, d'autres se soutenaient sur des béquilles, ceux qui étaient aveugles se laissaient traîner par ceux qui marchaient en avant, ceux-là enfin avaient les mains el les pieds paralysés. Ils passèrent une montagne el parvinrent à un endroit appelé la Charbonnerie. Ils étaient près d*un lieu qui se nomme Cana, à une distance de trois milles de Pavie, quand saint Augustin revêtu de ses ornements pontificaux, et sortant d'une église érigée en l'honneur des saints Côme et Damien, leur apparut et leur demanda où ils se dirigeaient. Ils lui répondirent qu'ils allaient à Rome ; alors saint Augustin ajouta : « Allez à Pavie et demandez le monastère de saint Pierre qui s'appelle Ciel d'or, et là vous obtiendrez les miséricordes que vous désirez. Et comme ils lui demandaient son nom, il dit : « Je suis Augustin autrefois évèque de l'église d'Hip-
putic. u AussitiM il disparut à leurs regards. Ils se diriçf^renl donc vers Pavie, et étant arriv»îa au monastère indiqué et apprenant que c'était là que reposait le corps de saint Aui^ustin, ils se mirent tous à élever la voix et à crier tous ensemble : « Saint Augustin, aidez-nous, u Leurs clameurs émurent les citoyens et les moines qui s'empressaient d'accourir à un spectacle ai extraordinaire. Or, voilà que, par l'extension de leura nerfs,une grande quantité desangse mit àcoulcr, de telle sorte que depuis l'entrée du monastère, jusqu'au tombeau de saint .Augustin, la terre paraissait enétretoul« couverte. Parvenus au tombeau, tous furent entièrement guéris, comme s'ils n'avaient jamais été cstropiéa. Depuis ce moment, la renommée du saint se propagea de plus en plus, et une multitude d'infirmes vint à son tombeau, 01*1 tous recouvraient la santé, cl iaism'uml des gages de leur i^uéhson. Telle fut la quantité de ces gages que tout l'oratoire de saint Augustin etf le portique eu étaient pleins, en sorte que cela devinl^ la cause d'un grand embiirras pourentrer Pt pour sor**^ tir. La nécessité força les moines à les âter. — Il y a trois choses qui sont l'objet des désirs des personnes du monde, les richesses, les plaisirs et les honneurs. Or, le saint atteignit à un tel degré de perfection qu'il méprisa les richesses, qu'il repoussa les honneurs el qu'il eut les plaisirs en aversion. Il méprisa les richesses ; c'est lui-même qui t'assure dans ses Soli!oques, où la raison l'interroge el lui dit : « Est-ce que tu ne désires pasde richesses? » Et Augustin répond: '( Je ne saurais avouer ce premier point : j'ai trente ans, et il y en a bien quatorze que j'ai cessé de les
désirer. Des richesses, je n'en désire que ce qu'il faut pour me procurer ma nourriture. C'est un livre de Cicéron qui m'a entièrement convaincu qu'il ne faut en aucune manière souhaiter les richesses. » Il a repoussé les honneurs : il le témoigne dans le même livre. «Que peusez-vous des honneurs? » lui demande la raison. Et saint Augustin répond : (( Je Tavoue, c'est seulement depuis peu de temps, presque depuis quelques jours que j'ai cessé de les ambitionner. » Les plaisirs et les richesses, il les méprisa, par rapport à la chair et au goût. La raison lui demande donc : « Quelle est votre opinion au sujet d'une épouse? Ne vous plairait-elle pas, si elle était belle, chaste, honnête, riche, et surtout si vous aviez la certitude qu'elle ne vous serait pas à charge? » Et saint Augustin répond : « Quelque bien ([ue vous la vouliez peindre, quand vous la montreriez comblée dé tous les dons, j'ai décidé que je n'avais rien tant à craindre que le commerce avec une femme. » « Je ne demande pas, reprend la raison, ce que vous avez décidé, je vous demande si vous vous y sentez porté ? » Et saint Augustin répond : « Je ne cherche, je ne désire rien à ce sujet : les souvenirs qui m'en restent me sont à charge, affreux et détestables. » Pour ce qui est du second point, la raison rinterroiç-e en disant : « Et pour la nourriture, qu'avez-vous à dire? » ce Pour ce qui est du boire, et du manger, des bains el des autres plaisirs du corps, ne me demandez rien. J'en prends ce qu'il me faut seulement, pour conserver la santé. »
LA DÉGOLLATrON DE SAINT JEAN-BAPTISTft'J
La décollation de saint Jean-Baptiste se célèbre et aélif instituée, paratl-il, pour quatre motifs, d'après VOflice milral* : i" En raisonde sa décollation ; 2" A . cause de la combustion et de la réunion de ses os ; 3°à l'occasion de l'invention de son chef ; i' en mémoire delà translation d'un de ses doigts, et de la dédicace de son église. De là les différents noms attribués à cettef' fête, savoir la décollation, la collection, l'invention eL|] la dédicace,
l. On célèbre cette Kte â cause delà décollation. ËIL' eiïel, selon le récit de l'tlisloire scholastique'*. Hérode Anlipas, fils d'Hérode le Grand, en partant pour Rome passa par chez son frère Philippe; alors eut lieu un accord secret entre lui et Hérodiade, femme <le Pliilipi»!-, et selon Joscplie, stcur d'Hérode A^ripp«^| lie répudier sa propre femme à son retour et de se ma^| rier avec cette même Hérodiade. Sa femme, fille d'A- , rétas, roi de Damas, eut connaissance de celte convention ; alors sans attendre le retour de son mari, elle se hâta de rentrerdans sa pairie. En revenant, Hérode enleva Hérodiade à Philippe et s'attira l'inimitié d'A- ' rélas, d'Hérode Agrippa et de Philippe tout à la fois. Or, saint Jean le reprit, parce que, d'après la loi, il ne lui était pas permis de prendre pour femme, ainsi qu'il l'avait fait, l'épouse de son frèredu vivant de celui-ci.
• Cap. xLi.
" In Ecangel., cap. l\xii:.
Hérode voyant que saint Jean le reprenait si durement pour ce crime, et que, d'un autre côté, saint Jean, au rapport de Josèphe, à cause de sa prédication et de son baptême, s'entourait d'une foule de inonde, le fit jeter en prison, dans le désir de plaire à sa femme, et dans la crainte d'un soulèvement populaire. Mais auparavant il voulut le faire mourir, mais il eut peur du peuple. Hérodiade et Hérode désiraient également trouver une occasion quelconque pour pouvoir tuer Jean. Il paraît qu'ils convinrent secrèlement ensemble qu'Hérode donnerait une fête aux principaux de la Galilée et à ses officiers le jour anniversaire de sa naissance; qu'il promettrait avec serment de donner à la fille d'Hérodiade, quand elle danserait, tout ce qu'elle demanderait; que cette jeune personne demandant la télé de Jean, il serait de toute nécessité de la lui accorder à raison de son serinent, dont il ferait semblant d'être contristé. Qu'il ait poussé la feinte et la dissimulation jusque-là, c'est ce que donne à entendre VHisioire scholasUque où on lit ce qui suit : « 11 est à croire qu'Hérode convint secrètement avec sa femme de faire tuer Jean, en se servant de cette circonstance. » Saint Jérôme est du même sentiment dans la glose : « Hérode, dit-il, jura probablement, afin d'avoir le moyen de tuer Jean ; car si cette fille eùtdemandc la mort d'un père ou d'une mère Hérode n'y eût certainement pas consenti. Le repas est prêt, la jeunefille est là présente ; elle danse devant tous les convives: elle ravit le monde ; le roi jure de lui donner tout ce qu'elle demandera. Prévenue par sa nièn*, elle demande la tête de Jean, maisrastucieux Hérode, à cause n. 34
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de 800 senneat, simula la Imlease, parée qae» ommag le dit Raban, il avait ea la tém^tté de jarer ce ^^M loi fidlait tenir. Or, sa tristease était sedemeai anr aa igurC) tandis qu'il avait la joie dans le coMir. flVeaiEcttse sur scmh serment afin de pouvoir être iaupie aoaa rappareoce delà piété. Le bourreau est dmie eainifé, la tète de Jean est tranchée, elle est donnée à la jeune fUle» et celle-ci la présente à sa mère adultère, s Saint Augustin, à propos de ce Serment, raconte Prrrf pir suivant dans un sermon qu'il fit A la ÛécoHation àà saint Jean*Baptiste.
' « YcMciun fait qui m'a été raconté par nuboauBeiaN nocentetde bonne foi. Quelqu'un Itiiajant niénn prél ou une (tette, il en fut ému et il le provo^pm A bire aw» ment.Ledétnteur le fit et l'autre perdit. Lanuitanimualet ce dernier se crut tratné devant le juge qui rinterrogea en ces termes : « Pourqum as-tu provoqué tim défain teur à faire serment, quand tu savais qu'il se paijttr»* rail ?» Et Thomme répondit : « Il m'a nié monbten. a « Il valait mieux, reprit le juge, perdre ton bien que de tuer son âme par un faux serment. » On le fit prosterner, et il fut condamné à être battu de verges ; or, il le fut si rudement, qu'à son réveil, on lui voyait encore la marque des coups sur le dos. Mais il lui fut pardonné après qu'il eut fait pénitence. » Ce ne fut cependant point à pareil jour que saint Jean fut décollé, mais un an avant la Passion de J.-C, vers les jours des azymes. Il a donc fallu, à cause des mystères de Notre-Seigneur, que Tinférieur le cédât à son supérieur. A ce sujet, saint Jean Chrysostome s'écrie : « Jean, c'est l'école des vertus, la règle de vie, Tcx-
pression de la sainteté, le modèle de la justice, le miroir de la virginité, le porte-étendard de la pudidiéy l'exemple delà chasteté, la voie de la pénitence, le pardon des péchés, la doctrine de la foi. Jean est plus grand qu*un homme, il est Tégal des anges, le sommaire de la loi, la sanction de l'évangile, la voix des apdtres, celui qui fait taire les prophètes, la lumière du monde, le précurseur du souverain juge, l'intermédiaire de la Trinité tout entière. Et cet homme si éminent est donné à une incestueuse, il est livré à une adultère;, il est accordé à une danseuse ! » Hérode ne resta pas impuni, mais il fut condamné à Texil. En eflFet, d'après ce qu'on trouve dans 17i/stoire scholastique, Hérode Agrippa, vaillant personnage, mais pauvre, se voyant réduit à l'extrémité, s'enferma par désespoir dans une lour avec Tintention de s'y laisser mourir de faim. Hérodiade, sa sceur, informée de celte résolution, supplia Hérode Antipas, tétrarque, son mari, de le tirer de la tour et de lui fournir ce qui lui était nécessaire. Il le fît, et comme ils étaient tous les deux à table, Hérode, tétrarque, échauffé par le vin, reprocha à Hérode Agrippa les bienfaits dont il l'avait comblé lui-même. Celui-ci en conçut un vif chagrin et partit pour Rome où il fut bien accueilli par Caïus César, qui lui accorda deux tiHrarchics, celle de Lisanias et celle du pays d'Abilène; il lui plaça, en outre, le diadème sur le front, avec l'intention de le faire roi de Judée. Hérodiade, voyant que son frère avait le titre de roi, pressait instamment son mari d'aller à Rome et de solliciter aussi pour lui la même distinction. Mais,
SSâ LX LÉGEMtE IIOKÉE
t'Iaiil fort riclie, il ne voulait pas suivre le cr>nseil de sa femme, car il préfi^rail le repos à des fonctions lionorables. Vaincu enfin par ses prières, ÏI alla A Rome avec elle. Agrippa, cjuî en eut connaissanre, expédia à César des lettres pour l'informer qn'Hérodc s'était assuré de l'amitié du roi des Parthes, et voulait se révolter contre l'empire romain, et pour preuve, il lui fît savoir qu'il avait dans ses places fortes d^ armes en assez grande quantité pour armer soixantedix mille soldais. CaTus, après avoir lu la lettre, s'informa, comme s'il le tenait d'une autre source, auprès d'Hérodc, sur sa position, et entre autres choses, il lui demanda s'il était vrai, ainsi qu'il l'avait entendu dire, qu'il ertt une si grande quantité de troupes sous les armes, dans les villes de sa juridiction. Hérodene Ht aui'une difficulté d'en convenir, Caïus, persuadé alors de l'exactitude du rapport d'Hérode Agrippa, l'envoya en exil ; quant à son épouse, qui était sœur (le ce même Hérode Agrippa pour lequel il avait beaucoup d'affection, il lui permit de retourner dans son pays. Mais elle voulut accompagner son mari, en disant que puisqu'elle avait partagé sa prospérité, elle ne l'abandonnerait pas dans l'adversité. Ils furent donc déportés à Lyon, où ils finirent leur vie dans la misère. Ceci est lire de l'Histoire sckolastique.
II. Cette fêle est célébrée à cause de la combustion et de la réunion des os de saint Jean ; car des auteurs prétendent qu'on les brâla en ce jour, et que les restes en furent recueillis par les fidèles. C'est, en quelque sorte, un second martyre que saint Jean souffre, puisque il est bn1lé dans ses os, et c'est la raison
pour laquelle l'Eglise célèbre cette fête comme si elle était son second martyre*. On lit donc au XII® livre de VHisloire scholasiîque ou ecclésiastique y que les disciples de saint Jean ensevelirent son corps auprès de Sébaste, ville de Palestine^ entre Elisée et Âbclias. Il se faisait de grands miracles à son tombeau ; mais, par Tordre de Julien TAposlat, les gentils dispersèrent les os du saint ; et comme les miracles continuaient toujours, on recueillit les os, on les brûla, puis on les réduisit en une poussière que l'on vanna dans les champs, toujours d'après VHisloire scholastique. Mais le bienheureux Bède dit que les os eux-mêmes furent ramassés et épars plus loin encore. Saint Jean parut souffrir ainsi un second martyre. (C'est ce que certaines gens imitent sans savoir ce qu'ils font, quand, à la Nativité de saint Jean, ils ramassent des os partout et les brûlent.) Or, pendant qu'on les recueillait pour les brûler, d'après VHisloire ecclésiastique et le témoignage de Bède, des moines, venus de Jérusalem, se mêlèrent en cachette à ceux qui étaient occupés à les recueillir, et en prirent une grande partie. Ils portèrent alors ces ossements à Philippe, évéque de Jérusalem, qui, plus tard, les envoya à Alhanase, évêque d'Alexandrie. Dans la suite, Théophile, évéque de cette ville, les mit dans un temple de Sérapis, purgé de ses ordures ; il le consacra comme une basilique, en l'honneur de saint Jean. Mais aujourd'hui, on les honore à Gènes, ainsi que Alexan-
• Eusèbe de Césarée, 1. II; — Jiist, ecclesiastit/ue, c. xxviii ; — Sigebert, Chronique, an 39i.