‹ La légende du Cid (volume 2)Chapitre 19 sur 21 · POUCE · texte numérisé non relu

POUCE

Toutes ces valeurs, Mou Gid lésa prit |oa les

gardent el tes BurveiHenft.

M, u< dès que cria l'ut terminé, une nouvelle affaire l'ut

bien vile commencée. Mou Cid dit : < Ah! merci, l!"i el -»'igneur, au nom de votre bonté! Comment pourrais-je oublier ma plus grande cause de ressentiment! Écoutez-moi, vous tous p'us de la cour, et prenez part à ma douleur, le ue

puis laisser sans dt'fis les infants de Carrion, qui m'ont si méchamment déshonoré. Dites ce en quoi j'ai mal mérité de

voua, infants, soit par jeu, soit au sérieux : je vous en ferai ici réparation, au jugement de la cour, de quelque manière que ce soit. Pourquoi m'avez-YOua déchiré les fibres du cœur? A votre départ de Valence, avec de grands honneurs et des biens en nombre, je vous donnai mes filles. Puisque dès ce moment vous n'en vouliez plus, chiens de traîtres, pourquoi les avez-vous emmenées de Valence leur fief? Pourquoi les avez-vous frappées de vos sangles et de vos éperons? Pourquoi, dans la rouvraie de Corpes, les avezvous abandonnées toutes seules aux bêtes féroces et aux oiseaux de la montagne? Vous avez perdu de votre honneur en toutes ces actions. Si vous ne répondez, que juge cette cour ! »

Le comte don Garcia en pied se leva : « Ah! merci, Roi, le meilleur de toute l'Espagne! En ces cortès, publiées par les hérauts, vous voyez Mon Gid , qui a laissé croître sa barbe et la porte très-longue : les uns en sont étonnés, les autres en ont peur. Les infants de Carrion sont de telle naissance qu'ils ne devaient pas désirer ses filles, même pour concubines; qui eût donc osé les leur donner pour égales et pour femmes? lis n'ont rien fait que de juste en les abandonnant, et nous n'attachons aucune importance à toutes ses paroles. »

Alors le Campeador se prit la barbe : « Grâces soient rendues à Dieu, maître du ciel et de la terre. Si ma barbe est longue, c'est parce qu'elle a été soignée à cet effet.

Qu'avez-vous, comte, à critiquer ma barbe? Du moment qu'elle poussa, elle a crû à ma guise; et ne me la prit nul fils né de femme, et ne me l'arracha nul fils de Maure ni de Chrétien, comme à vous, comte, moi je l'arrachai au château de Cabra. Lorsque je pris Cabra, et que je vous pris, vous, par la barbe, il n'y eût point de fripon qui ne vous en arrachât sa poignée. Celle que je vous arrachai n'est pas encore aussi grande que l'autre. »

Fernand Gonzalez en pied se leva; écoutez ce qu'il dit à haute voix: « Yous, Cid, laissez tous ces propos. Vous êtes rentré dans tous vos biens : que cette dispute entre vous et nous ne se prolonge pas davantage. La naissance nous fit comtes de Carrion : nous devions épouser des filles de roi ou d'empereur, et des filles d'infancon ne nous conviennent pas. Nous avons bien agi en les abandonnant. Nous nous en croyons meilleurs, sachez-le, et non moins bons. »

Mon Cid Ruy Diaz regarde Pero Bermuez : a Parle, Perole-Muet , homme de grand silence. Ce sont mes filles et tes cousines germaines. Quand on s'exprime ainsi, c'est à toi qu'on s'attaque. Si je réponds encore, tu n'auras pas à entrer en lice. »

Pero Bermuez se mit à parler. Il a de la peine à discuter, car sa langue est embarrassée, mais quand il commence, sachez-le, il ne lui laisse pas de repos. « Je vous dirai, Cidr que vous avez des habitudes bien singulières : dans les cortès, vous m'appelez toujours Pero-le-Muet. Yous savez parfaitement que je ne puis rien de plus. Quant aux missions qui me sont confiées, ce n'est pas par ma faute qu'elles manqueront jamais. — Tu mens, Fernand, en toutes tes paroles. Par le Campeador, ton honneur s'est accru. Tous tes artifices, je te les saurai conter. Rappelle-toi le jour de ce combat près de Yalence la grande. Tu demandas au loyal Campeador de frapper les premiers coups. Tu vis un Maure, tu fus l'assaillir; mais tu t'enfuis avant d'être arrivé jusqu'à lui. Si je ne t'eusse porté secours, le Maure t'aurait mal

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