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Comment le Cid sortit de Castillc sur l'ordre du roi don Alphonse pour avoir été brouillé avec lui et des choses qu'il fit dans son exil.
Le Cid se rendit auprès de Burgos et là convoqua ses parents, ses amis et ses vassaux, pour leur apprendre comment le Roi l'exilait de ses royaumes en récompense des grands services qu'il lui avait rendus, pour savoir lesquels d'entre eux se décideraient à l'accompagner, prêt à les remercier beaucoup et à partager avec eux tout ce qu'il possédait, et souhaiter au contraire bonne fortune à ceux qui voudraient rester, avec l'assurance qu'il n'en avait nul ressentiment.
Tous de lui répondre qu'ils s'étonnaient beaucoup de cette disgrâce du Roi et qu'ils l'accompagneraient avec plaisir et le serviraient jusqu'à la mort. Le Cid leur en fut trèsreconnaissant, les pria de prendre leurs armes et leurs chevaux, et ce qui leur serait encore nécessaire.
Après quoi il se hâta d'appeler un sien neveu nommé Martin -Antolinez et lui commanda en grand secret de se rendre à Burgos, pour dire à deux Juifs ses amis qu'ils lui feraient plaisir en venant lui parler. Ceux-ci accoururent de très-bon gré, parce qu'ils l'avaient toujours tenu pour
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très-digne homme, et avaient toujours reçu de lui honneur et soutien.
Quand ils firent arrivés : « Amis, leur dit le Gid, je n'ai jamais rencontré chez vous que de bons services, et vous chez moi, autant que je l'ai pu. Voici que le Roi m'ordonne de sortir de ses royaumes, C3 que j'ai l'intention de faire. Mais je me trouve dans un grand embarras, les coffres où sont renfermés mes trésors, n'étant pas assez légers pour que je les emporte, j'ai donc voulu les laisser entre vos mains, et je vous serais très-reconnaissant si sur ce gage vous me prêtiez un peu d'argent, car je vous en sais, grâces à Dieu, bien pourvus. »
Alors le Cid fit apporter deux coffres très-grands, et complètement recouverts de cuir, avec des ferrures et quatre gros cadenas pour chacun. Quatre hommes n'auraient pu soulever un de ces coffres : ils avaient été remplis de sable, de telle sorte cependant que rien ne pût en sortir. Le Cid les leur remit en leur disant de voir ce qu'ils pouvaient lui prêter. Or comme les deux juifs étaient fort . iches et qu'ils avaient grande confiance en la parole du Gid, ils lui donnèrent avec plaisir cent marcs d'or et six cents d'argent, puis lui firent signer des lettres par lesquelles il leur était permis, s'ils n'avaient point été payés au bout d'un an, d'ouvrir les coffres, et de vendre tout ce quïis renfermaient ; après avoir retenu leur suffisance, ils devaient envoyer au Gid le surplus.
Aussitôt le Cid réunit ses gens et sortit de Bivar avec trois cents cavaliers et trois mille fantassins, et, suivant la route de Burgos, il alla dresser ses tentes te ut auprès de cette ville. Mais personne ne sortit pour lui résister et il ordonna d'enlever tous les troupeaux qu'il emmena avec lui jusqu'à Saint-Pierre de Cardena. Et, ne voyant personne venir pour lui reprendre son butin, il voulut qu'on laissât retourner les troupeaux à l'endroit où ils avaient été dérobés.
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Puis !.« Cid pril dm < '< de Bea SUea
cooMBanëa à l'abbé de lea avoir m estime et honneur, il ordonna qu'on lui remit cinquante man à dois Chimène pour sa dépense, il poursuivit enauite ehemin, et, aprèa toute une auil et tout as jour de marche, il traversa le Douero but «les barque
Bl cette nuii comme il dormait, un ange lui apparut dana les rèvea qui lui dit : « Cid, va joyeux et ne craina nulle
ie •. ear in seras toujours heureux, tu auras riches! honneur tant que tu vivras. » Le Cid, à sou réveil, Be montra très-joyeux et pria fort dévotement Noire-Seigneur qu'il en fût ainsi.
Le jour suivant, an matin, il passa la Sierra (de Miedes) rdonna à tous de chevaucher promptement, leur disant: « Amis, marchons en hâte el quittons la terre du roi don Alphonse. Car c'est aujourd'hui que se termine le délai de neuf jours dans lequel nous devons être sortis. Et quand nous serons hors du royaume, qui viendra nous chercher en bataille nous trouvera. »
Cette même nuit, le Cid donna ordre à don Alvar Fanez de chevaucher avec deux cents chevaliers et de faire incursion vers llita et Guadalajara et Alcala, tandis qu'il l'attendait au pied de la montagne.
Ainsi fit Alvar Fanez q:i rapporta grand butin.
Et aussitôt que les Maures eurent ouvert sans méfiance la ville de Hita, le Cid sortit de l'endroit où il se tenait et s'empara de la cité, blessant et tuant tous ceux qu'il rencontrait : ils y trouvèrent beaucoup d'or et d'argent.
Cependant que le Cid faisait cela, Alvar Fanez parcourait tous les lieux déjà nommés : et il revint vers le Cid avec un très-beau butin. Celui-ci commanda de reunir tout ce qu'a[>{)orlait Alvar Fanez à ce qu'on avait trouvé dans le château, puis ordonna un partage exact entre tous ceux qui l'avaient suivi. Et, comme il remettait à Alvar Fanez le cinquième qui lui revenait, Fanez refusa de le recevoir
disant qu'il se contenterait de la part ordinaire, qu'elle suffisait amplement à ses besoins et aux besoins des siens.
Et incontinent le Gid envoya vers le roi don Alphonse pour lui faire savoir qu'il savait aussi bien desservir son seigneur que le servir.
Puis le Cid résolut de quitter cet endroit et il abandonna ce château aux Maures après avoir reçu leur promesse et leur serment qu'ils le conserveraient en son nom.
Le lendemain il arrivait près d'Alcocer et faisait halte près de la rivière de Jalon (1); après avoir campé, ils se mirent à examiner Alcocer. Pour les Maures, quand ils surent que le Gid venait d'arriver, ils entrèrent en pourparlers avec lui et le prièrent de ne leur faire nul dommage, lui promettant tribut et grands présents.
Les habitants du pays de Calatayud et ceux de Daroca l'apprenant à leur tour, se réjouirent de recevoir tel hôte.
Comment le Cid arriva devant Alcocer et du combat où il fut vainqueur.
Après que le Cid fut resté quinze semaines en cette position, ne voyant pas espérance de prendre Alcocer, il résolut de jouer les Maures. Et pour ce, afin de leur donner à croire qu'il prenait la fuite, il commanda à tous ses gens de chevaucher en toute hâte, laissant au camp une grande partie des tentes.
Quand les Maures virent cela, ils pensèrent que le Cid se mettait à fuir : et tous ils s'élancèrent derrière lui en grand
(l! Le Jalon est nommé Salon dans le poème.
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désordre. Le Cid eonduisail toujours les siens en avant, mais quand il vit les Maures assez éloignés de leui n
revint sur eui et en tua un grand nombre. Cependant Alvar Fanez demeuré avec un parti 1 1 ?ilfc y était
entré avant le retour des Maui
C'est de la sorte que le Cid s'empara d'Alcocer, ou il trouva beaucoup d'or et d'argent et maints joyaux, el nombreux prisouniers, etencpre tout ce qu'il voulut.
La nouvelle s'en étant répandue par tout le pays, on la fitporterau roi de Valence, lequel envoya aussitôt deuxrois ses vassaux avec trois mille cavaliers et nombrev troupes de pied. Ils mirent le siège devant Àlcocer. Comme ils étaient restés trois semaines, le Cid, voyant que les vivres allaient lui manquer et qu'il n'avait aucune espérance de secours, si ce n'est de Dieu, résolut de combattre avec eux. Un jour donc avant le lever du soleil il sortit d'Alcocer avec toutes ses troupes, et, se jetant sur le camp des Maures, les mit en déroule e( remporta ui:e victoire qui lui donna de grands trésors. Plus de deux mille Maures furent tués, et les deux rois blessés. Il les poursuivit l'espace de sept lieues, puis revenant à l'endroit où s'était livré le combat, recueillit les dépouilles et partagea très-fidèlement tout le butin. Dans son cinquième , il comptait deux cent soixante chevaux.
De la marque de vasseîage que le Cid donna au roi don Alphonse et du présent qu'il lui envoya après cette victoire.
Après avoir remporté cette victoire, le Cid résolut de reconnaître le vasseîage qu'il devait au roi don Alphonse c'est pourquoi ayant mandé don Alvar Fanez, il lui dit t. i. 4
« Cousin, vous savez bien comment le roi don Alphonse a voulu que je sortisse de ses terres, et l'a obtenu. Or, puisque Dieu Notre-Seigneur nous est venu en aide, je veux reconnaître le vasselageque je lui dois. Allez donc, emmenant avec vous cinquante chevaux, chacun avec une épée aux arçons, et bai.-ez au Roi les mains. Dites-lui la faveur que Dieu nous a faite, racontez-lui quelle vie nous passons ici parmi les Maures. Emportez aussi ces bannières que nous avons prises sur eux et donnez-leur une place dans l'église de S tinte -Marie de Burgos. Saluez de ma partdona Chimène et mes filles. Faites de plus chanter mille messes dans l'église de Sainte-Marie, en l'honneur de Notre-Dame, pour le bien qu'elle nous a fait. »
Alors don Alvar Fanez se rendit vers le Roi qu'il rencontra à Léon. Gomme il lui remettait le présent envoyé parle Cid, celui-ci le reçut très-gracieusement. Puis il lui raconta tout ce qu'avait fait le Cid depuis son départ du royaume: ce dont le Roi éprouva grand plaisir : « Je remercie beaucoup le Cid de ce qu'il m'envoie un présent, et vous de ce que vous me l'apportez. J'entends accorder au Cid tous les biens et les faveurs qu'il mérite. Et n'était l'amitié et le traité qui existent entre le roi de Tolède et moi, je lui pardonnerais à l'instant. Mais à cause de cela, je ne puis le faire aussi promptement, aussitôt. Pour vous, du moins, je vous accorde pardon, et vous rends la terre que vous tenez de moi. De plus, je déclare que tous les hommes de mon royaume, cavaliers et écuyers aussi bien que fantassins, qui voudraient se rendre auprès du Cid, peuvent le faire sans le moindre risque. Et de ce jour je prends sous ma garde sa femme, ses filles et ses domaines, en sorte que personne ne lui fasse tort. »
Alors don Alvar Fanez baisa la main de don Alphonse. et co:i<me il demandait permission de tout rapporter auCid, le Roi le lui permit.
boses q lil le roi don AJpbonse dans la cinquième année de v ii règne.
Dans la cinquième année du règne du roi don Alphonse, leCid, comme noua l'avons déjà rapporté, se trouvait . ses gêna i l'aire la guerre aui Maures et de par-
courir leurs domaine* : il venait de ravager tout le pa\ l'Èbre.
Quand le roi de Saragosse reçut ces nouvelles, il en conçut une grande colère et réunit ses sujets pour aller cou!: • le Cid. Mais celui-ci. ayant marché toute la nuit, arriva devant Saragosae, qu'il attaqua, et fit rude siège jusqu'à ce que les Maures eussent consenti à lui payer tribut et à lui donner des présents d'or et d'argent. Il conclut amitié avec Almudafar, roi de Saragosse, à cette condition que ce Roi serait son vassal et lui enverrait tribut chaque année et le recevrait dans sa ville, toutes et quantes fois il viendrait devers elle. Puis le Cid entra à Saragosse où Almudafar le reçut avec grands honneurs et grandes fêtes.
Sur ces entrefaites arriva don Alvar Fanez avec la réponse du roi don Alphonse, qui réjouit fort le Cid.
Peu après mourut le roi de Saragosse, comme le Cid se trouvait encore en cette ville. Il laissait deux fils appelés, l'un Çulema, l'autre Albenalfange, qui gardèrent pour le Cid les mêmes égards que leur père.
Puis le Cid, s'étant dirigé sur Alcanez, la ravagea et en tira grand butin , qu'il amena avec lui à Saragosse. Les Maures de la contrée en eurent grand mécontentement et portèrent plainte au roi de Dénia, qui était l'allié du comte de Barcelone. Tous deux, après avoir fait de grandes levées.
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se mirent en marche contre le Cid, qu'ils rencontrèrent emportant un gros butin. Le Cid envoya dire au comte de Barcelone qu'il le priait de ne pas donner aide aux Maures contre lui, parce qu'il ne lui avait rien pris. Le comte répondit qu'il ne pouvait s'échapper ainsi et qu'il devait payer tous les ravages qu'il avait faits.
Quand le Cid vit qu'il ne pouvait passer sans bataille, il rangea ses troupes et commença une très-vigoureuse attaque, dans laquelle les Maures furent vaincus, le comte renversé de cheval, blessé et fait prisonnier. Après la poursuite, le Cid et les siens revinrent sur le champ du combat où ils recueillirent de fort riches dépouilles.
C'est là que le Cid conquit son épée Colada sur le comte don Raymond. Il emmena ce comte avec lui et le traita avec grand honneur et le consola merveilleusement, en lui disant qu'il n'eût point à s'étonner d'avoir été fait prisonnier dans la bataille, que c'était chose ordinaire à la guerre, et qu'il sut toute la bienveillance dont il était animé pour lui, quoiqu'il n'eût point reçu de lui ce qu'il devait attendre. Puis il commanda de le délivrer et lui donna deux chevaux qu'il lui permit de choisir entre tous les siens. Le comte partit très-joyeux, offrant ses services au Cid.
Après quoi le Cil s'en retourna devers Saragosse, où il fut très-bien reçu. On l'y aimait beaucoup, parce qu'il y maintenait en toutes choses la justice.
Puis le Cid mit de nouveau ses troupes en mouvement, pour aller faire incursion sur Mozon et autres lieux voisins; ce dont le roi d'Aragon s'irrita fort. Il convoqua tous ses gens pour marcher contre le Cid qui avait déjà quitté Saragosse et venait d'arriver et d'établir son camp dans un lieu nommé Palta. Le lendemain même, les habitants de Mozon venaient à lui et lui livraient leur citadelle. Le roi d'Aragon survenant n'osa combattre avec lui.
Et un jour, comme le Cid était sorti de la ville avec quelques-uns de ses chevaliers pour se divertir, il se rencontra
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avec cent cinquante chevaliers du roi d'Aragon. Il teur livra tille, letmit en déroute el s'empara de sepl d'entre eux, et il les emmenait avec lui, mail ceux-ci lui avant demandé en grâce de les relâcher il donna ordre da les délivrer.
Le Cid lit encore maintes chei château
d'Almeoara, où le roi de Dénia el le coml don Raymond de Barcelone résolurent «le venir l'assiéger, Lt, en effet, avec de très-fortes troupes, ils vinrent assiéger le cbâtei u d'AInienara, et ils restèrent autour si longtemps, qu'enfin la viande et l'eau manquèrent au dedans. Le Cid se trouvait alors devant le château d'Estraga, situé auprès de la rivière
- gre, L'- roi de Saragosse lui manda qu'il eût à secourir son château d'Almenara. Alors le Cid revint à Saragosse, et, après avoir réuni toutes ses troupes, marcha vers ce château, devant lequel il eut bataille avec le roi de Dénia et )•• comte don Raymond. Ceux-ci furent vaincus, et une grande partie de leurs gens tués. La poursuite dura l'espace de trois lieues. Maints chevaliers, Chrétiens comme Maures, furent aussi faits prisonniers, et le Cid les remit tous au roi de Saragosse ; mais bientôt il demandait que les Chrétiens fussent délivrés et ils le furent.
Après quoi le Cid revint à Saragosse en toute richesse eî honneur.
De la fourberie qu'un Maure voulut faire au roi don Alphonse, el
ornaient ce Maure t'jarinfcintdon Ramire et le eonite dou Garcie
de Cabra, pensant tuer le Roi; et comment le Cid vint à Roda
par Tordre du Roi ; comment don Alphonse paru, le Cid resta a
faire le siège, et demeura là jusqu'à la prise du château.
En ce temps, un Maure se souleva contre le roi don Alphonse dans le château de Roda, et le Roi, ayant envoyé
vers lui l'infant don Ramire et le comte don Garcie de Cabra, ceux-ci, par un messager, le supplièrent de venir en onne, car ie Maure disait qu'il ne remettrait son château à nul autre qu'au Roi.
Et quand le Roi fut arrivé, le Maure lui fit demander en grâce d'entrer dans le château, qu'il y mangerait à sa table. Mais comme le Roi s'y refusait par défiance de quelque trahison, l'iofaut don Ramire et le comte don Garcie dirent au Roi qu'ils voulaient, s'il le permettait, recevoir cette invitation. Et tout aussitôt ils entrèrent dans le château, mais y rencontrèrent la mort, eux et tous les Chrétiens qui les avaient suivis, ce dont le Roi eut grande peine.
Et aussitôt il envoya vers le Cid qui se trouvait près de là; celui-ci, sitôt qu'il eût connu cet ordre et appris la trahison, se rendit vers le Roi avec toute sa chevalerie. Le Roi,, de son côté, sortit à sa rencontre avec toutes ses compagnies et lui rapporta le grand dommage qu'il venait de recevoir de ce Maure.
Aussitôt le Roi donna au Cid son pardon et le pria de revenir avec lui en Castiile. Le Cid lui baisa les mains et entendit son offre avec plaisir, et le pria de lui faire celte grâce : que lorsqu'il voudrait chasser de ses royaumes un homme de noble race, il lui accorderait trente jours pour sortir, comme c'était auparavant le délai fixé pour l'exil : qu'il ne procéderait jamais contre aucun gentilhomme bourgeois, sans avoir ordonné auparavant qu'on l'entendît, selon la justice; qu'il ne violerait point les privilèges et franchises que possédaient ses villes et cités, et ne s'opposerait point à leurs bonnes coutumes; qu'il ne chargerait point le pays d'impôts sans raison et sans grave nécessité; et qu'au cas où il le ferait, le pays pourrait se soulever contre lui jusqu'à ce qu'il les eût retirés. Le Roi lui accorda toutes ces choses.
Et comme il lui demandait encore de l'accompagner en Castiile, le Cid lui répondit qu'il ne le ferait en aucune façon
jusqu'à ce qu'il l'eu! la fourberie que lui avail faite
ce Maure. A l< r le Roi très-reconnaissanl partit poi Castille, tandis que leCid restait el mettait le Biége devant le château. El il le tint assiégé bî longtemps que h ' s'offraient à le lui remettre; mais il refusa de le recevoir ainsi, voulant l'emporter. Il s'empara donc du Maure qui s'étail révolté contre le Roi et de luus ceui qui se trouva avec lui. el envoj a tous ces prisonniers au roi <\<m Alph qui éprouva de ce présent grand plaisir, et ordonna de I justice de ers gens comme de trait]
Le Roi remercia beaucoup le Cid du service qu'il de lui rendre, el celui-ci, après être revenu à Saragosse, réunit de nouveau ses troupes et alla faire incursion sur la terre d'Aragon. Le roi d'Aragon entra en grande colère, mbla son armée, et fit appel au roi de Dénia : ensemble ils marchèrent contre le Cid qui s'occupait de construire une forteresse. Le Cid, ayant appris l'arrivée des rois, mit en ordre ses gens et attendit la bataille, qui dura un fort long temps. Mais enfin le Cid demeura vainqueur. Les re4s furent mis en déroute, et une grande partie de leurs gens tués. Le roi d'Aragon tomba prisonnier et avec lui le comte don Sauche Sanchez de Pampelune, et le comte don Nuno Sanchez de Galice et Pero Suarez de Léon et maints autres chevaliers. Avec ces nombreux captifs, le Cid s'en vinî à Saragosse, et le roi sortit pour le recevoir en grande pompe. Puis ayant eu pitié du roi d'Aragon et de ses chevaliers, il les relâcha tous sans aucune rançon.
Après quoi il se reposa dans cette ville quelques jours et partit pour la Castille avec grande richesse et grande gloire.
Comment le roi don Alphonse fit incursion sur Ubeda et Daeza, laissant le Cid en Castille.
En ce temps, le roi don Alphonse réunit une grande armée et fit incursion dans le pays d'Ubeda et de Baeza, laissant le Cid en Castille pour la garde du royaume.
Celui-ci ayant rassemblé sept mille hommes d'armes, se rendit sur la frontière d'Aragon et traversa le Douero. Et comme le roi d'Albarazin se trouvait là, il lui envoya dire qu'il voulait se constituer son vassal et s'entretenir avec lui. Dans cette vue, ils décidèrent que celui-ci serait vassal du Cid et lui payerait tribut.
Puis le Cid se rendit à Saragosse. où il reçut du roi trèsbon accueil, et tandis qu'il était en cette ville, Alymaimon mourut. Un sien fils du nom d'Almocaben lui succéda sur son trône. Il se mit en marche avec le Cid pour Valence.
Mais quand le roi de Dénia, qui la tenait assiégée, apprit sa venue, il leva le siège, conclut amitié avec le roi de Valence, à qui il remit toute les provisions et les vivres qu'il possédait en son camp, et après lui avoir recommandé de faire bonne garde de sa ville, se rendit à Tortosa.
Le Cid et le roi de Saragosse arrivant auprès de Valence, le roi s'avança à leur rencontre, et les traita avec grand honneur et les convia à prendre leur repas dans l'Alcazar. Le roi de Saragosse pensa qu'il allait lui abandonner la ville, selon ce qui avait été convenu entre eux; mais, voyant qu'il ne la lui remettait point et n'y faisait même aucune allusion, il parla tout bas au Cid et lui dit comment ce Maure avait promis de lui donner Valence et semblait peu disposé à l'exécuter; qu'il le priait donc de lui donner son