‹ La légende du Parnasse contemporainChapitre 13 sur 36 · LES INFIDÈLES · texte numérisé non relu

LES INFIDÈLES

Je t*aime, en attendant mon éternelle épouse,

Celle qui doit venir à ma rencontre un jour,

Dans rimmuable Eden, loin de Tingrat séjour

Où les prés n*ont de fleurs qu'à peine un mois sur douze.

Je verrai devant moi, sur Timmense pelouse Où se cherchent les morts pour Thymen sans retour, Tes sœurs de tous les temps défiler tour à tour, Et je te trahirai sans te rendre jalouse ;

Car toi-même, élisant ton époux éternel, Tu m'abandonneras dès son premier appel.

Quand passera son ombre avec la foule humaine ;

Et nous nous oublîrons, comme les passagers Que le même navire à leurs foyers ramène, Ne s'y souviennent plus de leurs liens légers.

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Vous le voyez, presque tous les poètes d'alors vinrent à la Revue fantaisiste. Chose un peu plus étrange, elle comptait parmi ses collaborateurs la plupart des journalistes célèbres du temps, Jules Noriac, Charles Bataille, Charles Monselet et Aurélien Scholl, poètes aussi ! Leur présence parmi nous était sans doute un présage de la réconciliation future entre l'article de journal et la poésie, entre les chroniqueurs et les Parnassiens. Mais, fait plus extraordinaire encore, nous avions pour collaborateur assidu, trèsassidu, M. Champfleury.Oui, M. Chamfleury luimême, le chef des Réalistesd'antan, Fennemi des rimes et des rythmes, celui qui tenait alors sur les poètes les discours précisément que tient aujourd'hui M. Emile Zola. Ah ! c'est que, vraiment, on s'est fort abusé en croyant ou en disant que les Parnassiens étaient des esprits jaloux, opposés à toute manifestation de l'art non conforme à ce qu'on croyait être leur théorie.

J'ai lu dans un des derniers livres de M. Emile Zola cette phrase assez plaisante et qui ne nous fâche guère : « Comme les fakirs de l'Inde, qui s'absorbent dans la contemplation de leur nombril, les Parnassiens passaient des soirées à

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s'admirer les uns les autres. » Malheureusement, il n*y a rien de plus absolument faux que cette affirmation. Unis par un commun enthousiasme pour le même idéal, nous nous aimions, certes, de tout notre cœur, mais nous ne nous flattions guère. Je souhaite aux jeunes hommes de Técole naturaliste, — jeunes hommes doués d'ailleurs d'un réel talent et parmi lesquels j'ai l'honneur de compter plusieurs amis, — de trouver les uns chez les autres, avec la même camaraderie sincère, la même sincérité de critique. Et nous savions aussi, quoi qu'on ait prétendu, admirer, quand ils nous paraissaient dignes d'admiration, ceux qui n'étaient pas des nôtres. Ces poètes lyriques si exclusifs n'avaient pas de plus cher souci que d'ouvrir leurs humbles journaux à leurs adversaires mêmes. Sur la première page de la République des Lettres, un autre journal parnassien, j'avais écrit ces lignes: « La Revue poursuit le but de grouper, autour des personnalités illustres qui ont bien voulu lui assurer leur collaboration, les talents nouveaux déjà célèbres et les talents encore inconnus. La communauté des travaux n'exigera pas des collaborateurs une entière conformité de

tendances. Pour donner à l'ensemble de leurs œuvres un noble caractère d*unité, il suffira qu'ils aient entre eux ces points de communion : l'amour et le respect de leur art. » Or, remarquez-le, la Revue parnassienne a tenu ses promesses. C'était au temps où r Assommoir effarouchait si étrangement les lecteurs d'un grand journal du soir que la publication dût en être interrompue. Que fit la République des Lettres ? Ce roman, objet de tant de colères et de reculs effarés, elle alla le demander à son auteur et fut assez heureuse pour l'obtenir ; oui, heureuse ! car c'était notre avis que l'œuvre d'un écrivain tel qu'Emile Zola, quel qu'en fût le ton et quelles qu'en fussent les tendances, valait la peine qu'on s'exposât pour elle à des reproches certains ou même à des dangers possibles. A bien voir les choses, il n'y a point d'écoles en littérature, des malentendus tout au plus. Il y a les hommes qui ont du talent, et ceux qui n'en ont pas, voilà tout. On a des opinions pour soi auxquelles on se conforme, mais qu'il ne faut jamais prétendre imposer aux autres ! Et jusqu'à la fin du livre, sans qu'une phrase fût supprimée, sans une seule ligne dépeints, V Assommoir

parut entre les Pohnus tragiques de Leconte de Lisle et les sonnets de José-Maria de Heredia, tout près de la SûsU de y canne de Victor Hugo. Cétait notre façon d'être exclusifs. Il fit mieux encore, le journal des Parnassiens. Il ouvrit toutes grandes ses petites portes à presque tous les jeunes amis du maître de Médan. C'est la République des Lettres qui a publié les premières pages de Léon Hennique, de Guy de Maupassant, de Huysmans, de Paul Alexis, et qui est fière de l'avoir fait, puisqu'elle a concouru à produire des artistes d'une réelle puissance qu'il serait aussi absurde de dédaigner aujourd'hui qu'il était niais de mépriser autrefois les premiers Parnassiens. Je ne leur ferai qu'un reproche, à ces nouveaux venus : celui de dire ou de laisser dire qu'ils sont une école, — nous nous étions bornés, nous, à vouloir être un groupe. Ils auraient tort de supposer qu'ils apportent dans la littérature contemporaine quelque chose de réellement nouveau , d'imprévu, de sui generis, puisque leur apparition n'est au contraire que la suite de l'évolution romantique commencée en i83o et puisque, malgré eux, ils sont comme nous, des poètes, des Parnassiens, révoltés, mais des Parnassiens !

A ce propos et pour éviter de longs développements qui ne sauraient trouver leur place ici, voulez-vous me permettre de vous lire quelques lignes que j'ai écrites il y a peu de temps et qui résument assez bien ma pensée, sous une forme excessive et parfois trop brutale ? Cela s'appelle Discours à Nana et ce n'est pas très long.

« Viens ici, Nana. Je te parle. Puisque le procès entre les romantiques et les naturalistes est toujours pendant, j'y veux plaider à mon tour. Et c'est à toi que je m adresse. Car, malgré l'étonnant Assommoir et l'extraordinaire Pot- Bouille^ — ces deux poèmes sinistres mais admirables, — je te préfère, à cause de tes cheveux d'or et de tes sourires, à tous les autres enfants de ton père. Quoi qu'on en ait, tu attires et tu charmes, étant jolie. Dans un livre qui n'a pas été traduit, Henri Heine, qui était un impie, a osé dire de la madone qu'elle est la « dame de comptoir » de l'Eglise catholique ; tu es la dame de comptoir du naturalisme. Donc, écoute. Les filles aiment bien qu'on leur joue un « morceau de piano. » Ingénue amour de l'idéal. C'est un « morceau de littérature » que je t'offre. Tu n'y entendras rien, mais tu te hausseras peut-être jusqu'à l'admiration de mon doigté.

Je suis de ceux qui ne croient pas à la vérité absolue dans Tart ; et je t'affirme que tu n'existes pas.

Quoi ! tu te figures que tu es de chair, de sang et d*os? Parce que tu chantes l'opérette, et que tu fais le trottoir, parce que tu mets un maillot tous les soirs, et que tu ôtes ta chemise trois ou quatre fois par jour, parce que tu es bête, parce que tu n'as ni pudeur ni amour, ni

cœur, ni sens, parce que tu dis : « » au lieu

de jurer par Notre-Dame-del-Pilar, parce que tu oses montrer l'urne intime où s'ouvre un œil attentif — l'œil du naturalisme ! — tu t'imagines que tu es réelle? «Je suis immonde, donc je suis. » Tu te trompes, Nana. Pour être vraie, il ne suffit pas d'être malpropre. La belle créature nue qui sort d'un puits où se reflètent les étoiles n'est pas la Vérité, sans doute ; mais elle ne l'est pas davantage quand elle sort d'un égout.

Et tu ne pouvais pas être vraie. Le vrai absolu, je te le répète, n'existe pas dans Tœuvre humain. L'art, c'est l'éternel mensonge. Il embellit ou enlaidit, il élève ou abaisse ; il n'exprime jamais, tels qu'ils sont, les êtres ou les choses. Il est une ressemblance, adorable ou

exécrable, qui ressemble peu ou beaucoup, mais qui jamais ne ressemble parfaitement.

Quel que fût le système d'un artiste et quel que fût son art, quand même il serait de ceux — et qui donc l'en blâmerait? — chez qui l'observation est le commencement du génie, il ne pourrait pas s'astreindre à la représentation exacte de ce qu'il a observé. On est un regard, mais on est une intelligence ; après avoir vu, on pense ! et par la pensée qui généralise ou spécifie, qui développe ou résume, qui choisit et coordonne, l'œuvre de la nature ou de la société, transformée, devient l'œuvre d'un homme. L'artiste, c'est l'imitateur qui invente, le copiste qui crée! Toute son âme, avec ses rêves de sublimités ou ses appétits de bassesses, avec ses amours et ses haines, il la met dans le portrait qu'il croit faire, et ce portrait, toujours, tient beaucoup plus du peintre que du modèle. Eh ! quel écrivain, — poète, romancier ou auteur dramatique, — n'a pas hasardé la prétention — sincère ou hypocrite, — de dire la vérité entière, de montrer, comme dans un miroir fidèle, les passions, les caractères, les vertus et les vices ? Relisez toutes les préfaces : toutes promettent le vrai ; relisez

les ouvrages: ils donnent tous, sinon le men* songe, au moins l'a peu près du vrai, et rien que cela ! Pourquoi ? à cause de l'impuissance personnelle des auteurs? Non pas. Aristophane, Shakespeare, Molière, Hugo, George Sand, Balzac, Flaubert, et M. Emile Zola nous eussent faitvoir la réalité même, s'il eût été possible de nous la faire voir en effet ! Mais cette possibilité n existe pas, parce que nul homme ne saurait se soustraire à lui-même, parce que nous avons tous entre les deux sourcils quelque chose, — hélas,- qu'est-ce?— qui veut, qui espère, qui craint, qui aime ou hait, qui pense ou rêve, et que ce quelque chose, — notre personnalité même, — s'insinue, se répand, avec ses fringales abjectes, dans tout ce que nous faisons, emplit notre œuvre, devient notre œuvre ellemême.

Un seul écrivain a failli peindre la vie telle qu'elle est, dans ses petitesses, il est vrai: Henri Monnier, qui observait et ne pensait pas, — n'importe quel passant aux yeux grands ouverts. Voudrais-tu être l'enfant de cet homme, Nana, toi qui es la fille d'un des « inventeurs » les plus puissants du dix-neuvième siècle?

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Résigne-toi donc, pauvre belle. Malgré l'opérette et le trottoir, tu es un être de raison, une chimère ; tu es — oh ! me pardonneras-tu cette injure suprême ? — la création d*un poète. Espèce d'idéal, va !

Or, il est fort heureux que le vrai n'existe pas dans l'art. Car si l'art était la vie elle-même, à quoi serait-il bon? Quoi! cela ne vous suffit pas que la société, — trop souvent, hélas ! — soit criminelle avec ses assassins, voleuse avec ses escrocs, obcène avec ses catins, bête avec ses ignorants, vous voulez que l'art soit laid et bête comme elle, obscène, voleur et criminel.comme elle? Pour ce qui est de l'assassinat et des autres violences, je les lui permettrais volontiers; ils peuvent avoir, dans l'horreur, je ne sais quelle grandeur étrange, et le rouge du sang est une belle couleur! Mais la bêtise, la laideur et la malpropreté, — tout le médiocre, — écœurent.

Oh ! ce n'est pas assez d'entendre parler les sots, il faut que je les lise ? et après avoir fait les cent pas à l'angle du boulevard Montmartre, Adèle ou Mélanie me montrera ses bas crottés et me raccrochera à tous les coins de chapitres?

Par bonheur, — il est bon d'insister là-dessus.

— ce dégoût suprême nous est épargné; les sots, dans un livre, ne sont pas, ne peuvent pas être absolument pareils aux imbéciles de la vie; ils sont bêtes, mais ils le sont autrement! et la fille, quoique fasse Tauteur pour la maintenir dans la bassesse vraisemblable, cesse d'être la fille pour devenir la prostituée. Ce qui vaut mieux. Nana elle-même, je vous le dis, n*a jamais mangé de cerises à l'eau-de-vie derrière les vitres du café des Princes, ni commandé une douzaine d*Ostende dans le grand salon des cabarets nocturnes. Comme Juliette au balcon, à l'heure où le cri clair de l'alouette allume le matin; comme Imogène endormie entre les sombres tapisseries de la chambre conjugale, comme Chimène qui voudrait baiser les mains sanglantes du héros de seize ans, comme Agnès qui soupire, comme Marinette qui rit, comme Virginie sur la grève, comme l'impure et chaste Marion, comme Dona Sol qui embrasse son amant mort sous le linceul de la lune, — Nana n'est pas autre chose qu'une chimère! Tu as beau vivre ignoble, gueuse que tu es, et mourir de la petite vérole, au lieu d'expirer, toute sanglante, un poignard dans le cœur, tu n'existes pas, tedis-je!

Mais alors si tu n'as pas l'excuse d'être vraie, si tu ne peux pas avoir cette excuse, — valable aux yeux de certaines gens, — à quoi te sert d'être infâme et quel intérêt veux-tu que je prenne à ton ignominie? Parbleu, mensonge pour mensonge, vision pour vision, je vais vers l'idéal d'en haut plutôt que vers l'idéal d'en bas, et je préfère éternellement, à l'œil de ton pot de chambre, le regard de Béatrix au seuil du Paradis ! »

Mais nous voici bien loin de la Revue fantaisiste ; je me hâte, d'y revenir, et il faut maintenant que je vous raconte une aventure qui me rendra, je le crains, tout à fait digne d'horreur.

A propos d'une comédie en un acte et en vers, intitulée le Roman d'une nuit, qui était de moi, et qui fut jugée, j'en rougis, peu morale, la Revue fut poursuivie et condamnée dans ma personne à 5oo francs d'amende et à un mois de prison. Il y avait 5oo vers dans le petit poème.

c'était justement i franc le vers, payé à rebours. Hélas ! oui, grâce au Roman d'une nuit, — à l'âge ingénu où il est si doux d'aller voir se baigner sous les branches les hamadryades de Meudon, — j'ai passé un mois dans la morne prison de Sainte- Pélagie, sous la surveillance hargneuse d'un guichetier appelé Vert-de-gris, en compagnie de cochers maraudeurs, de marchands de vin qui avaient mis de l'eau dans leur lait, de marchands de lait qui avaient mis de l'eau dans leur vin, et de jeunes voleurs de souliers.

L'un de ceux-ci, je m'en souviens, mangeait de la chandelle avec passion, avait soixante-quatre dents^ — une dent derrière l'autre, — et s'appelait, chose extraordinaire, Ratier. Un pseudonyme ou un nom réel, je l'ignore, mais il s'appelait ainsi ! Je me suis souvent demandé ce qu'avait pu devenir mon jeune et hideux compagnon de captivité. Je lui en ai longtemps voulu parce que ce gredin adolescent m'avait dérobé dans ma pistole un mouchoir de batiste dont les initiales brodées étaient mon unique et chère consolation. Pendant que je faisais mon chemin à ma façon, — il est des vocations diverses, — Ratier a persévéré, j'imagine, dans

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la carrière du vol ; il a escaladé des murs, enfoncé des portes, vidé des tiroirs, des caisses, et les juges Tont sans doute envoyé en Nouvelle- Calédonie ou dans quelque prison cellulaire ! Je les approuve, à cause du mouchoir.

Mais, je l'avoue, ce mois de prison ne réussit pas à me convaincre de ma culpabilité. J'étais une âme endurcie. Aujourd'hui même, il m'est impossible de me repentir d'avoir écrit cette folle comédie. Oh! ce n'est point que je la juge bonne. Parfaitement absurde, voilà ce qu'elle est en effet, et peu originale dans sa recherche de l'originalité. Le Roman d'une nuit, dont je ne vous lis pas un vers, parce que ce serait du temps mal employé/ c'est quelque chose comme les Marrons du feu avec la rime en plus et le génie en moins. Alfred de Musset avait accroché jau balcon de la Camargo l'échelle de corde par où j'ai grimpé jusqu'au boudoir de la Bombinella et mon Antoine a baisé sur les lèvres de cette folle fille la bouche de la Camargo. Une seule chose dans cette boufifonnerie mérite peut-être quelque estime, je veux dire l'inquiétude de la forme. Et j'espère aussi que les lecteurs y ont reconnu dans l'allure et le

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ton des vers, cette qualité spéciale, presque indéfinissable, inhérente aux vers de ceux qui ne cesseront jamais d'en faire.

En somme l'œuvre est frivole et médiocre.

Mais elle n'est pas coupable ! et elle n'est pas dangereuse, non, mille fois non ! Toutes les personnes, j'en suis convaincu, qui me feront l'honneur de la lire, se demanderont avec stupeur où diantre les juges d'autrefois ont pu trouver un prétexte pour m'envoyer tenir compagnie au jeune Ratier, qui avait presque autant de dents que le dieu bleu Krichna !

La Revue fantaisiste fut gravement atteinte par le désastre de son directeur. Malgré la très spirituelle et très généreuse plaidoirie de M« Lachaud elle dut payer, je vous l'ai dit, l'amende, et comme elle n'était pas riche....

Mais elle eut de joyeuses funérailles ! c'est mon procès que je veux dire.

Comme nous étions assez fantasques, vous

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le savez maintenant, nous, les néoromantiques, le prétoire ce jour-là présenta un aspect qui nemanquait pas de pittoresque. Certes, les maîtres, Méry, Léon Gozlan, Gustave Flaubert, Charles Baudelaire, Théodore de Banville, qui étaient venus à Taudience pour me donner un témoignage de sympathie dont je serai éternellement fier et pour me défendre par l'autorité de leur présence, portaient des habits d'une convenance irréprochable et gardaient un maintien parfait ; mais les nouveaux Jeune- France étaient bien éloignés d'avoir de ces modesties !

Beaucoup de têtes étonnaient par l'abondance furieuse des chevelures, beaucoup de cravates violentes éclataient sur la blancheur des chemises, beaucoup de gilets offensaient les yeux par des flamboiements écarlates ! Et c'était à la 9^ chambre comme un coin du foyer de la Comédie-Française le premier soir de Hernani,

D'ailleurs, si je fus condamné, je ne fus pas sifflé.

Quand le substitut du procureur alors impérial eut achevé de lire d'une voix retentissante, en accompagnant les vers de commentaires

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