‹ La légende du Parnasse contemporainChapitre 4 sur 36 · AUBADE · texte numérisé non relu

AUBADE

Voici la chanson de la bien-aimée, Que Taube m'apporte et que je redis,

La douce chanson toute parfumée Qui change moti cœur en un paradis.

Ces vers sont éclos pour la bien-aimée.

Pour que ses beaux yeux, que ses yeux charmants

Qu*emplit une aurore encore innommée

Les couvrent demain de rayonnements 1

Je Taime, je Taime I et c'est une fête En moi, hors de moi, rien que d*y songer.

Ame de lumière et de bonté faite, Son charme s*épand subtil et léger.

Mais regardez donc, alors qu'elle passe, Cet air délicat et mignon qu'elle a.

Dire que pourtant toute cette grâce, Ce charme, cet air, c'est à moi cela !

Je suis riche, mais riche à fieiire envie Aux oiseaux du ciel, tant j'ai de l'amour Au fond de mon cœur qui la glorifie, Cher être béni I ma vie et mon jour !

C'est elle, mon bien, mon trésor, ma femme, Celle que je montre aux astres joyeux Comme la moitié douce de mon âme, L*épouse au regard tendre et sérieux.

Hiver, tu me plais I tu me plais, ô sombre Endormeur des bois, puisque je peux voir Ses beaux cils baissés projeter leur ombre Sur la joue aimée où sourit Tespoir.

O bonne chanson ! chanson la meilleure Qu'une lèvre humaine ait chantée encor, Eternise-toi I résonne à toute heure, Fanfare d'amour, chère à ce coeur d'or.

Chante dans les bois, chante dans la plaine.

Chante dans la nuit, chante au clair soleil, Toi qui dis Tamour dont mon âme est pleine Et cours lui porter le joyeux réveil.

Ces vers ne sont-ils pas frais et jolis comme un matin de fiançailles ? Ce fut, du reste, à cette époque qu'Albert Glatigny mûri par Tâge et rasséréné par le bonheur, publia ses meilleurs poèmes, ceux grâce auxquels son nom ne périra pas ; les Flèches d'or, son plus beau recueil, sont un livre dont s'honorera toujours la poésie française.

Je voudrais vous citer quelques-unes des Ion

DU PARNASSE CONTEMPORAIN jS

gues pièces, où s-affirme, personnel et virilisé, le grand talent lyrique d'Albert Glatigny. Je dois de me borner à de courtes citations.

Page 1