LA NORMANDE
Elle est belle vraiment, la Normande robuste Avec son large col implanté grassement, Avec ses seins, orgueil et gloire de son buste Que fait mouvoir sans cesse un lourd balancement t
Elle est belle, la fille aux épaules solides, Belle comme la Force aveugle et sans effroi ! Il £eiut pour ladorer longtemps des cœurs valides A répreuve du chaud, de la pluie et du froid.
Les phthisiques amants de nos lâches poupées Reculeraient devant ce corps rude et puissant Dont les mains, aux travaux de la terre occupées. Montrent, au lieu des lis, Tâpre rougeur du sang.
Au détour d*un sentier alors qu'elle débouche Ainsi qu'une génisse errant en liberté, On croit voir la Cérès indomptable et finrouche Du gras pays normand si riche de santé.
Regardez-la marcher parmi les hautes herbes La fille aux mouvements sauvages et nerveux, Pendant que sur son front les grands épis des gerbes Poussiéreux et serrés hérissent ses cheveux I
Cest auprès de Bayeux que je Tai rencontrée, Dans un chemin couvert bordé par les pommiers, Où, la blaude flottante et la jambe guêtrée, Le nez à Tair rougi, passaient deux gros fermiers.
Ne pourrait-on pas écrire au bas de ce poème : Millet pinxit? Voici deux autres pièces où Fart parfait du poète triomphe malgré la frivolité des sujets.