‹ La Légion d'honneurChapitre 106 sur 209 · CHAPITRE XI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XI

\ail-on s'en procurer pour les malades. Des hommes intelligents et remplis de patriotisme se mirent à Tœuvre pour découvrir sur le sol français un végétai capable de remplacer la canne à sucre. M. Delessert se distingua par ses eflbrts : il dépensa des sommes considérables dans les essais qu'il fit pour extraire du sucre de la betterave. Il n'avait retiré de ses peines et de ses sacrifices que des moqueries et des quolibets. Chaptal et les autres chimistes de l'Académie des sciences se prononcèrent contre lui. Rebuté par ces injustices, il allait abandonner ses coûteuses expériences. Napoléon, frappé des immenses résultats que la France pouvait retirer d'une pareille entreprise, en devina d'avance le succès, et quoique très-sensible aux railleries, il encouragea de tout son pouvoir M. Delessert et le nomma chevalier de la Légion d'honneur, en attachant le titre de baron à cette distinction.

Un autre industriel s'était nais à l'œuvre pour satisfaire les exigences du luxe sans recourir aux produits étrangers. M. Ternaux fit sortir de ses manufactures le cachemire français; les premiers essais donnèrent l'espérance d'un grand perfectionnement, que le temps seul pouvait amener. Ces espérances ne se sont-elles pas réalisées ? L'empereur, désirant encourager le manufacturier, le nomma légionnaire.

Vers la même époque eut lieu une nomination qui produisit une certaine sensation dans Paris : M. Laine, célèbre avocat de Bordeaux, avait été envoyé au Corps législatif par le département delà

Gironde; il ne craignit pas, dès son admission dans Cette assemblée, de professer des opinions indépendantes et cotnbattre le système de confiscation que le chef du gouvernement voulait introduire dans le code criminel. En conséquence, M. Laine demanda que le Corps législatif se formât en comité secret, afin de pouvoir y développer les motifs de sa proposition. Le règlement laissait au Corps législatif la faculté d'user de ce droit lorsqu'un certain nombre de membres, en exprimaient le vœu par signature individuelle; le député de la Gironde ne put réunir le nombre de signatures exigées, et sa proposition fut repoussée. On s'attendait à voir M. Laine puni de sa courageuse détermination : loin delà, il reçut le surlendemain la croix delà Légion d'honneur. Cette manière d'agir réduisit au silence la coterie des frondeurs, qui sfé préparait déjà à exercer sa critique , tout bas, bien entendu.

I^ peintre David venait d'exposer le tableau de la ï3istribution des aigles, qui eut un gntnd succès : Tarliste reçut la croix de la Légion d'honneur, ainsi que Denon, conservateur du Musée.

La tragédie des Templiers occupait alors l'allentîon publique : son auteur, Raynouard, fVit nommé légionnaire, en même temps que l'économiste de Gérando et l'astronome Bouvard.

Les refus mêmes que le souverain faisait de la croix de la Légion d'honneur servaient à rehausser le prix de cette distinction. Au comnifettcettienl de 1810, au milieu d'une grande réception faite aux fuîleries aveô h pottipë accoutumée, parut le gé**

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