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CHAPITRE XI

Ce qu'il y a de plus surpreoaDt dans la guerre maritime soutenue contre eux depuis i8o3, c'est que les Français aient osé la poursuivre dans des conditions aussi défavorables^ et néanmoins nos amiraux surent encore acquérir dé la.gloire dans quelques rencontres : nous disons de la gloire, puisqu'elle ne s'acquiert j aux yeux des hommes de cœur, qu'en surmontant des difficultés bien réelles. Ainsi lorsque nos escadres remportaient des avantages, elles le faisaient constamment avec gloire; tandis que le pavillon britannique ne put jamais la revendiquer au milieu même des succès les plus évidents. Nous allons citer, à l'appui de notre opinion, quelques faits qui prouveront qu'à force égale nos marins seraient parvenus à exercer sur les Anglais l'ascendant de la victoire, comme nos soldats l'avaient pris sur les nations les plus belliqueuses du continent.

Le ai avril 1806, le capitaine de vaisseau Bourayne, montant la frégate la Canonnière^ rencontra, à la hauteur du cap Natal, un convoi de onze navires de la Compagnie des Indes, escorté par deux vaisseaux de guerre t Asia (l'Asie), le Tremendous (le Redoutable). Ce dernier se détacha du convoi pour mettre en chasse la Canonnière ; celle-ci, loin de chercher le salut dans la retraite, accepta le combat contre un ennemi très-supérieur en forces^ le soutint vaillamment, et obligea le Tremendous à s'éloigner rapidement, après lui avoir fait éprouver les plus graves avaries et lui avoir tué^le quart de son équipage. Le capitaine Bourayne, officier de la

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légion 4'^Q^ne^T lors 4^ la cré^Hop, fqt neoiraé CQTpooandanr, et, suivaq^ Tusage^ il F^çut W ^f? taio pombre de croi^ destinée^ ^ récoiqpeD^ev hn marins dp la Canonmèr^,

^fi capitaine de vaisseau Mptard, oqdqu dpik par de§ exploits éclatapts, mpqtait à )a fin d^ i3o7 la frégate la Sémillante ; attaque dan^ les parages des iles Philippine^ par une frégate pt uqe corvette anglaises, il les vainquit et les contraignit à s'éloigner. Daqs pqp nouvelle (BQMfse au milieu de Tocéan Indien, Motard s'empara de buit bâtiments de commerce aprè^ un pprabgt meurtrier soutenu eoqtre un vajssean de 74 et une frégatp de 48* En résumé, cet intrépide qfficier, dans une navigation de plusieurs années, livra cinq batailles , et fit éprouver aux Anglais , ^pit en prises , soit en destructions de magasins , un dommage estimé à vingt-cinq millions. Motard fut nommé commandant de la Légiop d'honneur en

Le lieutenant de vaisseau Bougainville, fils de l'amiral, commandant la Cérès (jpin iSog), attd-^ que dans les eaux de Naples par la Frégate anglaise la Cyane et la corvette t Espoir j soutint ce combat ÎP^g£(I pendant plusieurs heures, et contraignit les vaisseaux ennemis à se retirer après leur avoir causé des pertes considérables.

he capitaine de frégate Menouvrier de Freoe, commapdant le brick le Cygne^ fut assailli devaat la Martinique (la décembre 1809) par deux ïvér gâtes, trois bricks et sept péniebes; il s'^n fît abaor

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donner 3près If) pli|s vîg©wreu«e résistance. Sur Je rapport ()i| mini^tri? de 1^ mariae, (ç capitaine d^ frégate Menouvrier fut nomipé légionnaire.

A la fin de décembre iSio, le capitaine de vaisn seau Duperré, comniandapt dans les n^er^ dç^ Indes une division copiposéç 4^ h frégate la Belt lone^ sur laquelle flottj^it ^pn guidon ; la frégate Iq Minerve, j capitaine Bouvet ; la corvette le Fictor^ capitaine Morice, et \e briçl^ le Çejlan^ capitaine Moulue 9 attaqua l'ile de la Pgsse, défepdup par un fort et par une division d@ cinq frégate^ aux ordres du ppmniodore L^pibert, Trois frégates anglaises furent détruites après un combat terrible; une quatrième fut obligée de se rendre, lorsque le capitaine de vaissean Harpelin survint pour prendre part à l'action,^ L't)e de la Passe tomba également au pouvoir des Français. Ce glorieui^ Tait d'armes fif: un honneur infini à notre marine. Peu de tempi^ après, le papitainç ({pmelin, corpmandant une escadre de frégates, dispersa une division anglaise, et détruisit l'établissement de Tappanouby, sur la côte de Sumatra.

Les capitaines de vaisseau Dgperré et Hamelin furent nopimés commandants de la Légion d'honneur (décembre 1 8io), et les lieutenants de vaisseau Poqvet, ]VIorîice, Moujap, fprent ppmmés légionnaires et reçurent de l'avancement. L'empereur, jaloux d'entretenir l'émulation parmi les équipages, fit envoyer up certain poipbre de croi^ au capitaine Puperré, pour être distribuées paripi les marins de sa division.

Les frégates Flphigénie et CAsirée^ capitaines Bouvet et Lemarant, croisaient devant File de France , en vue d'une division anglaise de deux frégates, un sloop et un brick. Après un rapide et brillant combat, Tune des frégates anglaises fut enlevée (i3 septembre iSto). Le capitaine Leraarant reçut la-croix de la Légion d'honneur, en récompense de sa belle conduite; Bouvet fut élevé au grade de capitaine de vaisseau.

Le brick î Abeille^ commandé par l'enseigne Armand de Mackau , revenant de remplir une mission en Corse, regagnait la station de Livourne; ce bâtiment rencontra, en mai i8i i, non loin de Tile d'Elbe, le brick anglais T Alacrity (la Joie), qui lui était supérieur par son artillerie et par le nombre d'hommes de l'équipage, l^ commandant de XAbeille n'hésita pas à présenter le combat à son ennemi; après une lutte terrible, le brick anglais fut obligé d'amener son pavillon : les deux tiers de son monde avaient été tués ou mis hors de combat. Les Français, vainqueurs, ramenèrent en triomphe celte prise dans le port de Livourne. Cet exploit fut célébré avec une vive satisfaction sur toutes les côtes d'Italie , et enflamma d'émulation les jeunes officiers de marine. L'empereur nomma l'enseigne de Mackau lieutenant de vaisseau et légionnaire; l'enseigne Fortoul et l'enseigne Montaulieu reçurent également la croix. Cinq autres décorations furent distribuées à l'équipage de \ Abeille.

Àlafln de 1 812, le capitaine Roussin^ commandant la frégate la Gloire ^ fit éprouver aux Anglais,

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