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CHAPITRE XII

Conquête du royaume de Valence, faite parle maréchal Suchet. — Distribution de croix de la Légion d'honneur aux officiers et soldats de Tarmée d'Aragon. — Campagne de Russie. — Nominations faites dans l'ordrede la Légion d'honneur,datées da Moscou, — Funeste retraite. — Cosaques parés de croix de légioQi^air^s. -rr* ])Ioquerie des habitants de Francfort au sujet de la croix de la Légion d'honneur; juste punition.

L'anqép j8ia sera, pour nos petits-neveux, une époque remplie de lugubres souvenirs, et néantpoins cette année s'ouvrit par des succès qui devaient ajouter k la gloire de nos armes. De tous les généraux de l'empire, Suchet fut celui qui se rapprocha le plus de Turenne. A l'e^^ernple d|i ^ vaiqqueur deTurckeiq^t, il obtint d'in^men^es réspl- |ts avec d^s moyens fort Uniités. Qnelques mpjs ^rès avoir saisi le bâton de maréchal sur le^ remirts fumants de Tarragone, Suchet enyahit le faumc de Valence, où s'ét^ienf: concentrées toii^^s ré^istapces dis 1^ partie orientale de \^ Pcniu^ujp, ke, nommé capitaine général par la Junte cen-

Irale, passait à juste titre pour le mililaire le plus capable de conduire cette guerre, autant par ses talents que par son activité.

Le maréchal Suchet ouvrit cette nouvelle campagne à la tête de 18,000 hommes ; un Faible corps d'observation, aux ordres du général Reille, devait l'appuyer. Les divisions françaises, dirigées paruo chef habile, refoulèrent les troupes espagnoles, qui voulurent leur disputer l'entrée de la province. Blake, contraint de reculer, concentra ses forces au pied de la montagne de Murviedro, sur le sommet de laquelle s'élevaient les ruines de l'aDcienne Sagonte. Une action décisive fut livrée dans ce lieu; Suchet y déploya une valeur qui servit d'exemple aux officiers aussi bien qu'aux soldats. Les lignes espagnoles furent enfoncées sur tous les points. Le général Blake, jugeant de bonne heure quelle devait être l'issue de la journée, se hâta de battre en retraite et ramena le gros de son armée dans Valence, ne doutant pas que l'immense population de cette capitale nelui prêtât un salutaire appui ; il espérait que le maréchal Suchet, disposant à peine de 20,000 combattants, renoncerait à l'idée de former le siège d'une cité aussi considérable; ses espérances ne tardèrent pas à s'évanouir.

Le maréchal Suchet parut le 21 janvier 1812 en vue de Valence. Cette ville était devenue le dépôt des forces et des approvisionnements des. insurges des provinces de l'est; les Anglais en avaient faitl^ centre de leurs machinations, et n'épargnaient aucun moyen pour attiser le feu de l'insurrectioD.

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