‹ La Légion d'honneurChapitre 120 sur 209 · CHAPITRE iii · texte numérisé non relu

CHAPITRE iii

6a fèTîûeiê \ Sa condluttey comme chef suprême, fût au-dessus de tout éloge : elle sera son plus beau titre dé gloire aux yeux de Ja postérité, Eugène ramena au delà du Niémen les débris de tarit de bataillons, et Voulut prendre des quartiers d'hiver dans le grand -duché de Posen; mais la défection du roi de Prusse, qui ne gardait plus de ménagements, le contraignit à s'avancer plus avant. A force de soin et d'activité, en réunissant les détachements laissés en Pologne, le vice-roi parvint à composer une armée de 35,ooo hommes. Son attitude en imposa à de nombreux ennemis conjurés à sa perte. Déjà l'Allemagne entière entrait en fermentation ; des symptômes de haine se manifestaient contre les Français dans les provinces qui jusqu'alors leur avaient montré le plus de sympathie : nous allons en donner un exemple bien singulier.

Pendant les réjouissances qui signalèrent le début du carnaval à Francfort-sur-le-Mein (février i8i3), une nombreuse bande de jeunes gens s'amusa à jouer une parade très-significative: des Cosaques faisaient marcher devant eux, à coups de fouet, une douzaine d'officiers français, clairement désignés par une énorme croix de la Légion d'honneur faite en carton et suspendue à leur poitrine. Cette mascarade parcourut les principales rues aux applaudissements de la population. Une telle moquerie ne tarda pas à recevoir sa punition. Le maréchal Augereau, nommé gouverneur de Francfort à la jRin de mars, condamna l'opulente cité à payer une contribution de plu-

sieurs millions. Le châtiment ne s'arrêta pas là: les habitants furent obligés, pendant les six mois que dura le passage des troupes qui se rendaient en Saxe, de loger et de nourrir à discrétion les soldats , chose à laquelle ils n'avaient jamais été astreints.

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