CHAPITRE XIII
La garde, reconstituée gr&ce aux renforts arrivés de Paris, formait encore un ensemble de 10,000 hommes; on avait trouvé des ressources précieuses dans Tartillerie de marine, qui fournit seize bataillons d'excellentes troupes; malheureusement la cavalerie, si belle et si puissante lors du premier passage du Niémen , avait péri sous les neiges de la Lithuanie : à peine avait-on pu rassembler vingt escadrons; en revanche, l'artillerie était nombreuse, et on avait lieu d'espérer qu'elle conserverait la supériorité qu'elle avait eue dans les guerres précédentes.
Le czar avait sonné le tocsin contre les Français, dans toute l'Allemagne, au moyen de nombreux manifestes; pour être conséquent, il se présenta comme le^ libérateur des peuples opprimés. Frédéric-Guillaume, au mépris de l'alliance contractée Tannée précédente avec Napoléon dans la capitale de la Saxe, leva entièrement le masque, et s'unit étroitement à l'empereur de Russie: au reste, la conduite que le général Yorck, commandant le contingent prussien dans la campagne de i8ia, avait tenue, en abandonnant brusquement le corps du maréchal Macdonald pour se réunir aux Moscovites , fit concevoir de justes appréhensions sur les véritables sentiments de Frédéric-Guillaume.
Les deux monarques réunirent, à la fin de mars, 25o,ooo hommes sur l'Oder. KutusofT venait de mourir ; Alexandre confia le commandement de ses troupes à Wittgenstein, dont les courtisans vantaient les talents militaires. Le roi de Prusse mit
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à la tête de son contingent Qlùpher^ que Von avait tenu depuis plusieurs années dans une disgrâce simulée. Les alliés disposaient d'une cavalerie forte de 3o,ooo hommes bien montés et bien exercés; leur armée s'ébranla les premiers jours d'avril, franchit l'Elbe et envsjhit la Saxe, en contraigpant les corps français à reculer devant elle. Le plan de la çampagpe tendait à rejeter nos troupes au delà du Bhin, sans laisser un seul Français sur le sol germanique.
Le prince Eugène, ayant rallié à lui les corps de Macdonald, de Ney et de Lauriston, prit position en avant de l'Elster; son attitude ferme arrêta k mouvement offensif de l'ennemi. Eugène savait que Napoléon ne se ferait pas longtemps attendre : en effet, l'empereur partit de Paris le i5 avril, arriva à Mayence le surlendemain, franchit le Rhin avec sa garde, que le corps de Marmont précédait de deux jours. Il porta son quartier général à Er* furth ; toutes nos forces réunies, depuis le bas Elbe jusqu'à l'Elster, présentaient un effectif de 170,000 hommes; mais Napoléon n'avait rassemblé, depuis Erfurth jusqu'à l'Elster, que 85,ooo hommes. L'empereur leva son quartier général, le 28 avril, avec l'intention de resserrer les différents corps qu'il avait sous sa main, et. de se diriger vers Leipsick pour chasser de cette ville opulente les souverains alliés et y établir le centre de ses opérations : l'armée s'ébranla en prenant cette direction, Wittgenstein avait deviné l'intention de son formidable ri* val, et, par un mouvemen| précipitée il franchit