‹ La Légion d'honneurChapitre 125 sur 209 · CHAPITRE XIII. ièi · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII. ièi

bôfdé dé peupliers. L'âdjudant-commandlanl Bourmont tourne habilement cet obstacle^ sous le leu le plus vif, h la tête de deux bataillons ; il indique ainsi la directioti que doit suivre le 1 1® corps. Macdonald aborde enfin l'aile droite, formée des Prussiens d'Yorck; il rerifonce, la culbute et la refoule dans la plaine. Cette diversion, opérée avec autant d'audace que d'intelligence, oblige le généralissime des alliés à prendre des mesures pour éviter une déroute complète. Wîttgenstein, expulsé de Kaya, donne le signal de la retraite : son infanterie l'exécute sous la protection de la cavalerie, qui est encore tiombreuse malgré les pertes qu'elle vient d'essuyer.

Napoléon, établi en avant de la petite ville de Lutzen, ordonna à tous les corps de conserver leur ordre de bataille, les régiments formés en bataillons carrés, de peur de quelques surprises de la part de la cavalerie ennemie. L'événement prouva la sagesse de ses prévisions: à neuf heures du soir, une colonne de cuirassiers et de uhians s'avança silencieusement à la faveur des ombres de la nuit et vint assaillir l'extrême droite de la ligne française, laquelle, par uri heureux hasard, avait devant elle un large fossé pour la protéger. La jeune garde occupait ce point important; les cuirassiers, arrêtés par le fossé, essayèrent de le franchir d'un élan ; ils furent accueillis par un feu des plus nourris. Ces cavaliers, renversés, périrent en majeure partie écrasés sous le poids de leurs chevaux. Cette alerte eut pour conséquence d'aug-

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menter la perte des allies, qui s'éleva à iS^ooo hommes, tant tués que prisonniers; des renseignements recueillis postérieurement prouvèrent que Wittgenstein et Blucher avaient ramasse dans leur retraite 10,000 blessés.

Notre perte s'éleva à ia,ooo hommes, tués ou mis hors de combat. Le nombre des généraux et des officiers tués ou blessés fut considérable: car les chefs avaient du donner l'exemple du dévouement, afin d'animer la résolution des jeunes soldats.

On eut à regretter le général Gkiuzé, chef d'étalmajor du maréchal Ney, et le général Gruner, commandant une brigade du sixième corps. Les généraux Cheminot et Guillot furent amputés. Rellermann, commandant un faible corps de cavalerie, sut en multiplier les forces par l'imbileté avec laquelle il l'employa ; ce général eut trois chevaux tués sous lui, et reçut une blessure en conduisant à la charge, pour la seconde fois, le 10^ hussards. Les généraux Bonnet, Girard, Brenier de Moutmorand, furent également blessés. Les chefs d*escadron Prelet et Béranger, officiers d'ordonnance, reçurent des blessures graves en portant les ordres de l'empereur.

Cette bataille aurait dû prendre son nom du village de Kaya ; Napoléon, qui attachait un prix infini aux rapprochements historiques, voulut que cette brillante journée portât le nom de Lutzen^ en souvenir de la victoire gagnée dans les mêmes lieux, par Gustave-Adolphe, le 6 novembre i632

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