‹ La Légion d'honneurChapitre 126 sur 209 · CHAPITRE XIIL S · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIIL S

surrarraée impériale, cooimandée par Waldstein. Ofl sait que le roi de Suède, Tallié de la France, périt au milieu de son triomphe, à Tàge de trentesix ans : une grande pierre, encadrée par des arbres, indique la place où fut tué Gustave-Adolphe; Napoléon considéra pendant quelque temps, avec une certaine émotion, ce monument rustique.

Le lendemain, 3 mai, l'empereur sortit de Lutzen au point du jour, et alla visiter l'armée, restée en position : il commença par voir le troisième corps, et combla de louanges le maréchal Ney et les généraux placés sous ses ordres ; Ney lui demanda avec vivacité la croix de grand officier pour le général Souham ; Napoléon répondit avec humeur ' : «Pliis tard ! »I1 nomma général de division le général Cheminot, qui s'était couvert de gloire en défen« dant le village de Kaya : il venait d'être amputé. Passant au sixième corps, l'empereur adressa les paroles les plus flatteuses aux bataillons d'artillerie de marine. Arrivant au onzième corps, il félicita le maréchal Macdonald de l'heureuse diversion qu'il avait opérée en culbutant l'aile droite des alliés. Macdonald répondit : « Votre Majesté me permettra de lui adresser mon mémoire de proposition ; en ce moment, je demande d'une manière

' Souham avait encouru plusieurs fois la disgrâce de l'empereur. Il venait d'être rappelé d'Espagne à cause des violentes altercations qu'il ne cessait d'avoir avec le roi Joseph ; ceci indisposa naturellement Napoléon confiée ce général.

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spéciale la croix pour le colonel Bourmont ', en récompense de sa belle conduite. » L'empereur, dominé par d'anciennes rancunes, gardait un silence négatif; Macdonald insista avec toute la fierté de son caractère en disant : « Il importe au service de Votre Majesté que M. de Bourmont reçoive la croix que je demande en sa faveur. » : — «Je la lui donne ^ » répondit enfin Napoléon.

Le défaut de cavalerie empêcha de recueillir les avantages que promettait la journée du a mai; néanmoins la victoire de Lutzen eut un effet moral extraordinaire: elle rassura pour un momentia France, justement alarmée, et contint dans le devoir nos alliés, prêts à nous échapper; le météore, dégagé des ombres qui l'avaient obscurci un moment, reparaissait lumineux au-dessus de l'horizon.

Suivant leur usage, les coalisés publièrent qu'ils venaient de remporter un nouveau triomphe sur les Français; le bruit s'en répandit bientôt dans le nord de l'Allemagne : il fallut cependant se rendre à l'évidence lorsque l'on vit Napoléon s'emparer de Leipsick, et occuper Dresde au bout de quelques jours. L'empereur s'arrêta une semaine dans la capitale de la Saxe, afin de concentrer ses différents

' Sur les cent cinquante— huit adjudants-commandants inscrits au cadre de l'état- major de l'armée, quarante de ces officiers supérieurs n'étaient pas légionnaires.

■ Ne voulant pas interrompre notre narration^ nous ren- J voyons ci-après les autres nominations faites dans la Légion d'honneur à la suite de la bataille de Lutzen.

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