‹ La Légion d'honneurChapitre 131 sur 209 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

ment qu'ils eussent fait preuve d'une grande résolution au milieu du danger. Les intentions du souverain furent remplies, et ceci produisit dans Tarmée le meilleur effet. Au reste. Napoléon montrait une rare habileté dans la distribution de cette monnaie; en voici un exemple digne d'être rapporté :

Depuis l'ouverture de la campagne de i8i3, il ne se passait pas de jours sans que l'on vît arriver quelques détachements venant de France; la veille de la bataille de Lutzen, le lo^ de hussards rejoignit l'armée au delà de Weissenfels ; ce régiment, parti d'Espagne, n'avait mis aucun retard dans sa marche ; il jouissait d'une grande réputation : il fut d'aut9nt mieux accueilli, que la cavalerie ne présentait qu'un effectif très-restreint. L'empereur n'avait pas vu le lo^ hussards depuis 1808 : il le passa en revue et, en témoignage de sa satisfaction, il donna à ce régiment vingt-cinq croix de la Légion d'honneur ; les officiers ne devaient pas être compris dans cette distribution. L'empereur or* donna que le choix des sujets dignes d'obtenir cette distinction fut fait incontinent en sa présence. On les (it ranger sur une seule ligne, et l'adjudant-major, après avoir fait ouvrir le ban par un trompette, les proclama légionnaires, k l'appel qui se fit le soir après la bataille, on ne retrouva dans les rangs que cinq de ce's légionnaires créés la veille: les vingt autres gisaient étendus dans la plaine sous des monceaux de cadavres. On conçoit qu'ils n'avaient point succombé impunément.

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Le duc de FeUre, ministre de la guerre, dont l'activité augmentait en raison des difficultés, avait promis à l'empereur un renfort de 20,000 hommes de cavalerie, en y comprenant les quatre régiments de gardes d'honneur récemment créés et une division de dragons tirée d'Espagne. Les derniers escadrons devaient entrer en Saxe avant la fin d'août; toutes les routes de la France étaient sillopnées de détachements sortis des dépôts nouvellement remontés avec les chevaux offerts en don par les villes de l'empire. Ces troupes se dirigeaient vers le Rhin. Les Allemands ne pouvaient s'empêcher de témoigner leur étonnement en voyant défiler au travers de leurs cités ces nombreuses compagnies de cavaliers, dont le passage était journalier depuis trois mois. A leurs yeux, la France était un pays inépuisable d'hommes et de munitions de guerre.

Dès la fin de juin i8i3, Napoléon ne fut occupé qu'à passer en revue les troupes venant de l'intérieur : le 4 juillet, il vit dans la grande allée du Jardin royal de Dresde 900 cuirassiers ou dragons, que les généraux de France et Quinet te avaient conduits sur le terrain. L'empereur voulut que Ton formât des escadrons complets, sans laisser la moindre vacance dans les cadres : ceci donna lieu à un grand avancement, et, chose remarquable ! on rencontra une forte résistance narmi les sous-officiers, qui désiraient tous la croix de la Légion d'honneur plutôt que le grade de sous-lieutenant, qui les plaçait dans une situation bien plus avantageuse. Le souverain, généreux par calcul en cette circons-

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