‹ La Légion d'honneurChapitre 133 sur 209 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

On ne sait combien de fois ces paroles sortirent de sa bouche; elles étaient, du reste, prononcées sans humeur. L^empressement que ces jeunes militaires montraient à l'égard de son institution favorite prouvait que les années n'affaiblissaient en rien son prestige, et cet empressement, disons-nous, loin de le mécontenter, remplissait son âme de joie, et faisait diversion à ses pénibles préoccupations ^ En définitive, Piapoléon se vit amené, dans cette revue, à donner beaucoup plus de décorations qu'il ne lavait d'abord résolu. Ne dédaignant aucun détail, l'empereur interrogea ce jour-là tous les sous-officiers et les officiers subalternes qui reçurent de l'avaucement : aucun ne fut excepté. Plusieurs ofR* ciers trouvèrent en cette occasion les moyens de réparer les torts de la fortune.

Le capitaine Leroi, du 27® chasseurs, nommé chef d'escadron, présenta sasuppliqueen cestermes : « Sire, j'étais en Egypte, j'étais à la bataille des Py- « rauiides ; je viens de faire cinq campagnes eu Es- « pagne, et je n'ai pas la croix. — Dans quel régi- « ment étiez-vous en Egypte? — Sous^lieuteuant au a y dragqns. — Je vous donne la croix! »

' Deux jours auparavant un courrier était arrivé à Dresde, apportant à l'empereur une funeste nouvelle : l'armée française, anx ordres du roi Joseph, avait essuyé une défaite complète, le 21 juin, auprès de Vittoria. Au reçu de cette dépêche, on donna Tordre au maréchal Soult de partir pour la France, en le chargeant de prendre le commandement des Iroupes <lestinées à défendre nos frontières des Pyrénées.

^ LA LÉqiQ]!j QHQVNËUR.

Oq noipîiiîl, avons-Qous dit, be^iucoup de légion, paires à Is( r^vue du 44 juillet; m^is on ^ montra fort avfife c)es çrpiii d'^dicier. Un chef (l'a^padron (Ifi 2^ bu^s^fd» vînt ]^ demande;* k l^appléon ; les gépéraii'^QU^ çn|oi|raiçpt le souverain ^ récrièrent, f\\ fl^rthier a4rp$sq a^ pqstulapt celle rude apos- Ip^plie; (}Lf)crqj|^d'ftffipj^r! Combien de bataillons avez*-vouspnfoncés? Combien de pièces 4'artilierie ^ye^-yous epl^vées? Avez-vous fait pfisQunier 4^ \otfe rpainuD gpqéral pnnefpi au miliep des sieqs?D Le chef d'escadron, p^^rj^é, regagna ^on rang dç b£|taille.

Qn ne fit qu'une s^ule nomiqafion inipprlante dftps la liégioD d'^onneuf : celle du général de di- Yjçion Fourpier-Ssii^loyèze, qui reçut la croix de commandant.

Le colonel Eugène^ Alerlin^ du 1^' hussards» fut élevé au grade de général de brigade ; |e brillaot Clary le remplaça dans le commandement de sou régiipent.

Au bout de six hepres, la revue étant terpiinée, rpptppf pur reprit pq voitpre le cbemin de Leipzik. Après sou départ chacqn donna un libre cours à ses émotions : l'ivresse régnait dans tous les escadrons ; cette parole. J'ai la croia\ frappait les airs d'une ligne à l'autre; le soir, les cantonnements re*tenlissaîent de chants d'allégresse.

L'empereqr se rendit le 20 juillet à Lqckau, où il passa en revue If; corps du maréchal Oudinot,puis à Lubben^ où il vit le corps du général Bertrand. Quelques jours après il visita les lignes de Magde-

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boui^; enfin, il regagna Dresde en passant toujours des revues, lesquelles avaient pour objet de voir les troupes et de se montrer aux jeunes soldats, sur rimagi nation desquels l'aspect du grand capitaine produisait un effet impossible à décrire, quand même on en a été le témoin. Les deux dernières revues eurent lieu le 4 et le 6 août; elles furent Foccasion de nouvelles nominations, devenues nécessaires poqr constituer d'une manière solide l'organisation de l'armée.

Les généraux Lanusse, Duvernet, Berthezène, Margaron, furent élevés au grade de généraux de division. Le général Cheminot avait été amputé après la bataille de Lutzen; ce brave officier voulut continuer son service actif: on le nomma général de division, et il reçut en même temps ia croix de commandant de la Légion d'honneur.

Lescolonels Valazé,Creutzer, Letellier, Butrand, Saint-Glair, ^Latour, d'Ësclevin, furent nommés généraux de brigade.

Des prqmotions se firent également dans la Légion d'honneur, principalement parmi les officiers généraux et autres venus de l'armée d'Espagne. Les généraux Razout, Albert, Ricart, reçurent l|i croix de grand officier de la Légion d'honneur.

La croix dç commandant futdonnée aux généraux Fres^inet, Tarayre, Boudin, Valazé.

Au moment de clore cet ouvrage, nous sommes obligé, afin de lier Jes diverses parties de notre narrât ÎQn, ^e faire encore une excursion dans le doipaine de la politique et de montrer ce qui s'était

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passé pendaut les deux mois que dura la suspension d'armes de Plesswitz.

Napoléon, en accordant Tarmislice qu'on lui demandait, agissait sans arrière-pens^ie : il désirait la paix, son armée la désirait ardemment, mais on ne voulaitpas une paix humiliante. Lesalliés,au contraire, opposèrent à la bonne foi de l'empereur la plus insigne déloyauté. Ils voulaient, en signant la trêve de Plesswitz, gagner du temps^ se ménager le loisir de recevoir leurs dernières réserves et faire agir les ressorts delà diplomatie : entraîner l'Autriche dans la coalition, et surtout procurer à Bemadotte la facilité d'arriver en ligne avec le contingent suédois. Depuis plus d'une année , l'empereur Alexandre avait su gagner à sa cause cet ancien général français. En 1808, Bernadotte commandait en chef un corps d'armée dans la Poméranie suédoise; il se concilia l'estime des habitants par sa modération et par ses louables efforts pour maintenir une exacte discipline parmi ses troupes. C'est eu reconnaissance de cette conduite que le roi Charles XIll le choisit en 1810 pour prince royal. Napoléon, qui n'avait pas eu à se louer de Bernadotte dans lajdernière campagne, vit d'abord d'un mauvais œil cette déclaration. Néanmoins la raison d'État lui démontra que l'intérêt de la France commandait de se ménager dans le nord de l'Europe un allié capable d'entraver les vues ambitieuses de la Russie. Depuis Henri IV les rois de France n'avaient cessé de tenir à cette alliance, qui ne leur avait jamais failli, et le seul roi qui prit la iléfense

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