‹ La Légion d'honneurChapitre 134 sur 209 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

de Louis XYI d'une manière désintéressée fut Gustave III ; il lui en coûta la vie '.

Par ces considérations, Napoléon fit taire son mécontentement, approuva ce choix, que d'un seul mot il pouvait renverser : ne consultant que la saine politique, il exhorta son ancien lieutenant à partir sur-le-champ, et lui fit remettre deux millions en échange de la principauté de Ponte-Corvo,

L'empereur de Russie, justement effrayé de l'invasion de ses États, faisait des efforts inouïs pour se procurer des auxiliaires capables de faire une puissante diversion; on lui avait appris que Bernadotte nourrissait à l'égard de Napoléon une animosité envieuse : il dépécha vers lui des émissaires, en les chargeant de flatter sa vanité ; .on la savait excessive. Le plus délié de ces émissaires était précisément, comme Bernadotte, un républicain de 179^, Pozzo di Borgo, qui avait siégé jadis à la Législative parmi les hommes les plus exaltés de cette assemblée. Pozzo di Borgo avait voué à son compatriote Bonaparte une de ces haines corses que le temps ne fait que rendre plus ardentes*; il mit

' Bernadette, en arrivant à Elseneur (19 octobre 1810), abjura la religion catholique, dans laquelle il était né : on lui en avait fait une condition absolue.

* L'origine de cette haine tenait à une diversité d'opinions politiques. Pozzo di Borgo se voua avec ardeur aux intérêts de rAngleterre lorsque l'île de Corse passa transitoiremenl, en 1790, sons la domination de cette puissance. Le jeune Bonaparte, au contraire , resta fidèle à la France, et pour ce motif fut en butte dans son pays aux persécutions.

310 LA LfiGION D'HOIIIIËUR.

tour à tour cette hâihë aux gageit de l'Ahgletërre, de la Prusse, de la Kussi^; les ministres du czar^ tiecofinaissant en lui un espHt très-subtil, le prirent au service de leur maître en i8o5 , et, suivant la coutume de ce pays, on le revêtit d'un grade militaire, Celui de colonel : c'est en cette qualité qu'il se présenta en Suède au prince rt>yal; il le détermina à venir s'aboncher avec l'empereur de Russie. Une entrevue secrète eut lieu dans la ville d'Abo, port de Finlande (i^B août i8i!â), au moment on Napoléon ^ ayant constamment battu lès armées moscovite^, ne se trouvait qu'à trois ou quatre marches de Moscou. La conférence s'ouvrit sous les auspices de lord Cathcàrt; ceci était significatif: on fit au prince royal de Suède de vaines prdhiesses de cessions de territoires; on fil aussi briller à ses yeux l'espérance de revêtir la pourpre impériale après la chute de Napoléon, dont la ruine était arrêtée en principe.

Ces machinations enveloppées de mystère n'échappèrent point à la vigilance de l'empereur; profondément irrité, il ne garda plus de ménagements. Davoust, rentré en possession de Hamboui^i fit une excursion dans la Poméranie suédoise au mois de mars i8i3; on voulait prendre ainsi l'initiative de la rupture, et braver un ennemi qui se cachait encore sous les dehors d'dhfe fausse amitié. EH effet, petîdant que Bernadotte entretenait avec le czar des liaisons si préjudiciables aux intérêts de la France, il adressait à son ancien souverain des protestations de dévouement mêlées de conseils ri-

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dicute§ tfahs ^à bdiibh'e. C'est ainsi c{ile 1^ ^Uerrë fût décl»l*ée btlVertethëtil btitrë lé roi de È[\Mk et Tempereur des Français.

Le prihbè ro^àl he pUl ttiéitrè èUr {ilett l'ârfâée suéddiâe usiez à tbMps pour àssiktei* â rbu^ëHUbe de la cdriipaghe de SàJie t Alexandtë ëb cBUBiit dti iTlbrlel dé^lâifeir; ce rhdliàtliuë, Sydht àbtjUls'tiallé revers de Lutzèb urle taoUvëllë preuve dé lâ sd|jërtorîtédëNâ^blébti, ^'imagina qUë, (iourluirési^tër^ il fallait opposera ce pUisi^nt génie db la guerre Uti autre gétiéral français. Uh etivoyé fiil dëpêcHë sbrle-fchatnp aux Étàis-Uriis, dveb kfaissloH d'ihfltël^ Moreàùâ tenir eh Ebl-ofle prêter Npjiui de sbà ta: lents militaires aux souverains alliés: Ëh iilëhlë temps lecbloUel Pozzd di Bdrgb, t(tii le mtiltitiiiiait sans cesâe pôdr ibemplir des missions, se teiidit ëii Angleterre dans lé but de régler cërtlâliies dalise^ relatives aiix {subsides cbtiseiitiâ pà't Ibs riiidiâtt*ëy de Georges III. L'éàiissairë lusse alla tikitër OVi^ niourïez, afin dé lë consulter ku i^ujet de Id câbi^' pâgnë ' qui allait s'diivnr ; l'ânblen généHl de lâ Convetitlbn viVdit dâtii un cdttàgë au3t ëtiVirons de Lobdrës, jouissant de lâ retraité d'ùh bfficiër géhërai anglais. Dutnoùriez, charmé de se vbir rècHël*chë dans soti obsctiHté, heureux de pouvoir, Idl atissi, dôUdëb âôn coup de pied au lldn, fdtirhit

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