‹ La Légion d'honneurChapitre 137 sur 209 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

liiUer avec avantagecontre Napoléon, commandant l'armée française. Pouvaient-ils mieux avouer leur impuissance? La possession de Morèau, si nous pouvons nous exprimer ainsi, bannit toutes les in* certitudes, et l'armistice fut dénoncé par les alliés le 1 7 août, le lendemain de l'arrivée de ce nouveau Coriolan.

La veille du jour où devait se faire la dénonciation de l'armistice, eut lieu un événement fort grave, que nous ne pouvons passer sous silence, puisqu'il a été rapporté dans une infinité d'ouvrar' ges ; nous étions nous-méme peu éloigné du lieu où il s'accomplit.

La fête de l'empereur tombant le i5 août, la veille du jour indiqué pour la reprise des hostilités, le major général Berthier ordonna aux commandants de division de faire célébrer cette solennité par anticipation, le lo août. Les soldats fêtèrent la Saint-Napoléon dans les cantonnements, par des banquets en plein air. Les officiers gêné- ' raux et les officiers supérieurs de toutes les armes se réunirent pour donner un bal aux dames de Leipsick et aux dames de Dresde. Le matin de ce jour, l'empereur fit plusieurs nominations dans Tordre de la Légion d'honneur; la plus saillante fut celle du général Jomini, qui reçut la croix d'officier. M. Jomini, né en Suisse, dans le canton de Yaud, avait pris du service dans l'armée française en 1 8o3, à l'âge de vingt-huit ans, en qualité de chef debataillon. Il publia en 1806 un ouvragefort remarquable,intitulé : Traité des grandes opérations

3i8 LA UpiON P'QONNEUR.

mililaires, ou Relaùçti critique ci compatutive des coa^pagne^ d^ Frédéric et de F empereur Napoléon, \a pqblicdtion de ce livre lui valut le grade d'adjud^qt général; il fut attaché en cette qualité à l'étatm^yor du maréchal Ney, et fit sous ses ordres les ci^inpagncs d^ i3o6et de 1807 en PologoCyet celles de 1 808 et de 1 809611 Espagne. On le nomma général d^ brigade et baroq. A cette époque, M. Jomini se retira dans son pays natal et y demeura deux années, occupé de travaux littéraires. II reprit rang dans X^vxaé^ en 181SI, et fît une partie de cette campagne ; on Tattacba au quartier général. Le baron Jomini^ rempli de son propre mérite, prens^it à l'égard d^ ses supérieurs un ton trancbant qui les indisposa naturellement contre \\x\ ; le major général Berthier se vit inaintes fois obligé de répriiper ses prétentions. Le général Gquréip cbef d'^tat-niajor du troisième corps, ayant é\é X\\é 4 LMtzen, l'empereur désigna le général Jpimni pour reoiplir cet emploi. Cette décision fut prjsp à l'insu du maréchal INey^ qui n'en parut q^illement satisfait. .Cinq jours après avoir été qoniipé officier de ]a Légion d'honneur, le baron «fomini se (rq^ivait auprès du général Delmas, dont la djvisioq occupait les avant-postes de notre ligHP' pls|oés à dix lieues de Liegnits, daps laSilésie. Feig(^ant de ypuloir s'açsurei* par lui-même de la sitqationdes grandes gardes russes^ il quitta furtivet^ent l'armée dans la nuit du î5 août et alla rejoindre le qviartier général de Tempereur Alexandre: ce prÂQce l'apcueillit fort bien et l'admit à Tins-

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