CHAPITRE XV
pas conirenable que ]e père el le fils eussent ensemble la même dignité: Letilre de duc de Valmy, ajouta-t^il, et le Grand-Âigle sont un héritage qui ne peut lui manquer.
La croix de grand officier ne fut point conférée dans cette promotion.
I^s généraux Vallin et Chastel, le colonel Bousseauy des fusiliers chasseurs de la garde, furent nommés commandants de la Légion d'honneur.
Le colonel Roland, du a^ cuirassiers, avait fait a,ooo prisonniers avec son régiment; on le nomma commandant. Le colonel Hennequin, du 5^ tirailleurs de la garde, blessé grièvement, fut également nommé commandant. Le colonel Bardiu, des pupilles de la garde, fut nommé commandant, en récompense de la bravoure dont il avait fait preuve à la tête d'une brigade de la jeune garde.
Les colonels Ducoetlosquet, du 8^ hussards; Hubert, du i^*^ chasseurs; Laffont, chef de bataillon au 57® de ligne; le colonel Gourgaud, premier officier d'ordonnance; Leconte, capitaine aux tirailleurs de la garde ; Viel, capitaine au 9^ cuirassiers, furent nommés officiers de la Légion d'honneur.
On nomma beaucoup de légionnaires dans la garde et dans l'artillerie. Le général Roguet obtint un certain nombre de croix pour être distribuées parmi ses conscrits. Peut-être quelques-uns de ces soldats novices, aujourd'hui sexagénaires, étalent avec un juste orgueil au fond de leur village celte décoration gagnée dans une de nos plus glorieuses journées.
316 LA LÉGION OHONMEUR.
Le gain de cette victoire inetpérée ût le trapus vengeur de Moreau causaient a Napoléon une joie dont les éclats remplissaient le palais du roi de Saxe; il remerciait son étoile et la proclamait infaillible. Hélas ! par un de ces revirements, assez fréquents dans les destinées humaines, dont la Providence a seule le secret, le vainqueur de Dresde allait éprouver un terrible revers au moment où la fortune semblait lui préparer de nouvelles faveurs.
L'empereur désirait ardemment faire repentir François II de l'abandon de son alliance; il résolut de porter tous ses efforts vers la Bohême, et de s'emparer de Prague, la seconde ville de la monar* cfaie autrichienne, sans songer que le reste de l'armée austro«russe se retirait dans cette province, pour y réparer un premier échec. Un corps de 3o,ooo hommes devait former son avant-garde, et ouvrir les issues à travers les gorges de Kulm; le maréchal Gouvion Saint-Cyr devait appuyer oe premier corps; enfîn, le reste de l'armée devait suivre ce mouvement et inonder la Bohême, dont les riches campagnes allaient offrir de précieuses ressources pour la subsistance des troupes. Cette avant-garde, qui devait jouer un rôle si important, méritait d'être commandée par un de ces maréchaux qui réunissaient l'expérience à la valeur. Par une de ces aberrations dont personne ne put se rendre compte, on leconfiaàVandamme, dont l'audace avait été quelquefois heureuse; au reste, Napoléon ne montrait aucune estime pour son caractère. Pendant que les généraux Clarke, Andréossi,