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CHAPITRE XV

Monindy de la Grange, Lucottei Durutte, Latour- Maubourg, et bien d'autres, faisaient honorer en Prusse et en Autriche le nom français par une probité antique, Yandamme le faisait haïr par sa rapacité et ses honteuses exactions*

Le premier corps, placé sous les ordres de Yan* damme, se composait des trois divisions d'infanterie Mouton-Duvernet, Philippon et Dumonceau, et d'une brigade de cavalerie aux ordres du général Corbineau (Ju vénal), aide de camp de l'empereur; ce corps d'armée présentait un effectif de 16,000 hommes. Fier de ce commandement, qui le mettait au rang des maréchaux, Yandamme se jeta avec étourderie à la poursuite des alliés; il culbuta au* près de Pirna une division commandée par le prince Eugène de Wurtemberg, à qui il fit a, 000 prison* niers, passa la gorge de la grande chaîne de montagnes de la Bohème et descendit dans la plaine de Kulm.

Emporté par son ardeur, Yandamme, laissant en arrière de Kulm la moitié de ses forces, se jeta pré« cipitamment le 219 août vers Tœpiitz; cette ville, dont les souverains alliés avaient fait le centre de leurs magasins d'approvisionnements, avait été désignée par le prince Schwartzembei^ comme point de ralliement^ dans le cas où ils seraient obligés de battre en retraite. Le point essentiel pour le géné« rai français consistait à s'empai*er de Tœpiitz avant l'arrivée des colonnes russes, autrichiennes et prussiennes ; de Tœpiitz, il pouvait en deux journées atteindre la capitale de la Bohème. Le généi^al

3» LA LAGION D'HONNEUR.

HaxO| commandant l'arme du génie de la garde impériale, venait de rejoindre Vandamme; il avait reçu mission de diriger ce dernier dans ses mouvements. Il lui apportait en même temps, de la part de l'empereur, la promesse du bâton de maréchal s'il réussissait dans son entreprise.

Vandamme, lancé avec sa division d'avant-garde sur le chemin de Tœplitz, fut arrêté brusquement par le général russe Osterroann, qui commandait un corps d'élite de 12,000 hommes ; Osteraiann, un des meilleurs généraux du czar, avait été chargé de couvrir dans cette direction la retraite du corps àe Barclay de Tolly ; il s'était dignement acquitté de sa mission; l'engagement fut des plus vifs et se prolongea jusqu'au soir. Osterroann eut le bras droit emporté par un boulet. La prudence exigeait que Vandamme profitât de la lassitude des troupes ennemies pour exécuter un mouvement i^trograde, et regagner la plaine de Kulm, où s'étaient arrêtées h division Philippon et toute la cavalerie. Le général Haxo en donna vainement le conseil ; durant la nuit, l'armée autrichienne, d'un coté, et l'armée russe, de l'autre, arrivèrent parallèlement sur les flancs de Vandamme, pendant que le général Osterroann l'arrêtait en tête. Le lendemain au matin (3o août), le commandant d,u premier corps français fut à même d'apprécier le danger de sa position; il se mit en mouvement pour regagner Kulm, mais au moment où il allait opérer sa réunion avec la dernière section de son armée, l'on vit arriver parle village de Hollendorf d'épaisses colonnes qui

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