CHAPITRE XV. aie
de&cendaieDt les pentes de la montagne pour enli*er daos la grande chaussée de Tœplitz^ on crut d'à* boi*d que ces colonnes formaient la léte du corps de Gouvion Saint-Cyr^ qui, après avoir franchi les gorges de la Bohême, accourait prêter son appui au corps de Vandamme; Terreur ne fut pas de longue durée: les troupes que nos tirailleurs venaient de signaler appartenaient au corps prussien commandé par le général Kleist.
Les Français se voyaient entourés par 70,000 hommes, appartenant à Tarmée des trois puissances que l'empereur venait de battre devant Dresde. La situation avait plusieurs points de conformité avec celle où s'était trouvé le général Dupont à Baylen ; cette situation, dison§-nous, indiquait la nécessité de chercher à regagner, par un mouvement rapide, les gorges de la Bohême, 011 nécessairement le corps du maréchal Gouvion Saint- Cyr devait bientôt arriver. La résolution d'un mouvement rétrograde fut prise sans hésiter; la gauche devenait la tête. Le général Corbineau, commandant la cavalerie, fondit sur les Prussiens de Kleist qui coupaient la chaussée; il ouvrit luimême la charge avec les premiers escadrons du 4^ chasseurs ; le choc de cette cavalerie produisit l'effet le plus désirable : les lignes prussiennes furent successivement enfoncées. Le général Philippon, profilant de la trouée pratiquée par nos cavaliers, s'élança à la tête de sa division, et passa sur le ventre des bataillons allemands qui s'étaient reformés.
330 LA LË610N D'HONNEUR.
Pendant que les gënëraux Corbineau^ Dumon^ ceau et Philippon s'ouvraient un passage en culbutant les lignes prussiennes, le général Yandamme, placé en arrière avec la deuxième section de Tarmée française, fut assailli dans la plaine de Rulm^isur ses flancs et en queue, par les Russes et les Autrichiens, que dirigeaient dans cette attaque Barclay de Toliy et le grand-duc Constantin. Vandamme eut à supporter pendant plusieurs heures le poids de 3o,ooo hommes, dont 6,000 de cavalerie ; il se battit avec la bravoure qu'on devait attendre d*un vieux soldat; des flots d'assaillants ne tardèrent pas à le séparer du reste de son armée. Enfermé dans une triple muraille de baïonnettes, Vandamme fut pris avec 8,000 des siens ; 3,ooo hommes avaient péri en combattant; ia,ooo avaient été sauvés par la résolution des généraux Corbineau, Dumonceau et Philippon. Trente pièces de canon, n'ayant pu suivre le mouvement rapide des premières divisions, tombèrent au pouvoir de l'ennemi. Tel fut en résumé le combat de Kulm, livré le 3o août i8i3.
Le général Vandamme fut conduit le soir même, sous une forte escorte, dans la petite ville de Lahn, où le czar avait établi ses quartiers. MoreaU;, transporté Tavant-veille dans le même lieu , venait de subir une seconde amputation. La malheureuse réputation que Vandamme s'était faite dans toute l'Allemagne donnait à sa capture une double im- •portance : son arrivée produisit une vive émolion parmi les babitanls et les soldats. On méconnut à