‹ La Légion d'honneurChapitre 145 sur 209 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

son ëgard les convenances observées parmi les nations policées; les éplthètes les plus injurieuses furent prodiguées au prisonnier ; des officiers russes lui enlevèrent violemment son épée , des furieux voulaient lui arracher ses épaulettes et sa plaque de Grand-Aigle. L'empereur Alexandre^ étant survenu en ce moment, adressa d'un ton rude des reproches à Vandamme j il voulut néanmoins faire cesser ses tortures et ordonna qu'on lui rendît son épée ; un officier fut placé auprès de sa personne pour la défendre contre de nouveaux outrages '.

L'empereur, qui s'était montré si sévère à l'égard des généraux Dupont, Monnet, Guillot, n'exprimaau sujet du vaincu de Kulrn que des regrets mêlés de compassion.

La défaite essuyée par Vandamme , le 3o août i8i3, trois jours après la bataille de Dresde, ouvrît la longue série de nos malheurs.

Une nouvelle tentative faile par Ney, les a et 3 septembre, dans la direction de Berlin, échoua complètement; ce maréchal, repoussé violemment par Bernadotte, se vit obligé de battre en retraite après avoir éprouvé des perles considérables. En Silésie, le maréchal Macdonald, chargé d'occuper Breslau, se vit arrêté par l'armée prussienne, trois

* Les généraux Haxo, Guyot et plusieurs colonels pris avec Vandamme furent conduits à Tœplitz ; on ne cessa de les traiter .avec les plus grands égards. Le major TrogofT, officier français au service d*Autnohe> fut chargé par le prince de Schwartzemberg de pourvoir à leurs besoins.

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fois plus forte que la sienue; assailli de tous côtés, il perdit beaucoup de inonde ^ et se ^it contraint d'exécuter péniblement sa retraite sur l'Ëlbe.

Les revers que venaient d'essuyer deux généraux aussi consommés s'expliquent , non-seulement par l'infériorité de leurs forces, mais encore par la conduite des auxiliaires saxons, hessois, westphaliens, wurtembergeois. Ces soldats allemands refusaient de faire feu sur les alliés dont ils parlaient la langue; ils prenaient la fuite au moment d'aborder l'ennemi. Cette panique se communiquait aisément à nos jeunes soldats, qui n'avaient point assez de fermeté pour résister à cet entraînement.

Napoléon, dégarni sur ses flancs, concentra ses différents corps sur les deux rives de l'Elbe; il s'obstina à demeurer tout le mois de septembre dans le cœur de la Saxe, en manœuvrant sans cesse, afin de se ménager l'occasion de pouvoir se jeter sur une portion de l'armée combinée, et de l'écraser sous le poids de ses masses, comme il l'avait fait plusieurs fois dans les campagnes précédentes. Le sort ne lui offrit aucune chance favorable : loin de là, une fermentation menaçante se faisait remarquer parmi les populations germaniques, jusqu'alors si paisibles et si patientes. Le soi tremblait sous nos pas.

Ce mois de septembre se passa en combats partiels où nos divisions eurent à lutter constamment contre des forces triples. L'empereur faisait journellement des nominations dans l'armée et dans la Légion d'honneur; il ne pouvait les renvoyer à

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