CHAPITRE XV
la Gq de la campagne, comme il Tavait praliqué par le passé.
Le général de division Maison, qui s'était signalé dans un engagement livré auprès de Freyberg, fut nommé grand officier de la Légion d'honneur.
On nomma commandants de l'ordre les généraux Pelet, Maurin, Jacquemard, Henrion, Boulard, Harlet; et les colonels Secrétan, du lo' voltigeui*s de la garde; Suisse, du 8^ id.; Baudinot, du 12® de ligne.
Les généraux de brigade Boyeldieu , Fressinet^ Gérard, Turent nommés généraux de division.
Furent nommés généraux de brigade : les colonels Flamand, des Fusiliers-grenadiers de la garde; Schramm, du!2e voltigeurs de la garde; Cambronne, du 3" voltigeurs de la garde; Laroche, du i^^ carabiniers; Blancard, du 2^ id. ; les adjudants-com« mandants Cbartran^ Beauvais, Bernard.
Les contrées voisines de l'Elbe, épuisées par le séjour prolongé des armées belligérantes, ne pou^ vaient plus les nourrir; nos chevaux mouraient faute de subsistances ; la pluie^ tombant journellement, détrempait la terre et ajoutait aux incommodités de la vie ; les chefs et les soldats, exténués par la faim et par la fatigue, supportaient leurs pri* vations avec une résignation stoîque.
Napoléon, en voyant les alliés étendre démesurément leurs ailes,, comprit que leur manœuvre avait pour butde l'enfermer entre TEIster et la Saale, et de lui couper le chemin de la France; il quitta ses positions le i^ octobre, abandonna Dresde, en
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laissant dans cette viile plusieurs divisions placées sous les ordres du maréchal Gouvion Satnt<Cyr. L'empereur dirigea ses divers corps sur Leipsick. Les alliés suivirent ce mouvement et, à dater de ce jour, les rencontres devinrent plus meuitrières. Nous en citerons une seule^ parce qu'elle mérite de tenir une place distinguée dans nos annales militaires.
Le général Milbaud, arrivé récemment d'£s« pagne, commandait deux divisions de cavalerie; il rencontra le lo octobre, daM la plaine de Zeitz, non loin des bords de TEIster, à six lieues de J^ipsick, un nombreux corps de cavalerie, placé sous les ordres du général Thieimann, transfuge saxon passiéau service du roi de Prusse; les alliés ne purent tenir contre les charges impétueuses de nos cuirassiers, de nos hussards et de nos chasseurs. Les deux régiments autrichiens les dragons de Hobenzollern et lés chevaux-légers de l'empereur furent détruits en entier : on tailla également en pièces plusieurs escadrons prussiens» L'empereui? arriva le soir même dans la plaine qui avait servi de théâtre à celle glorieuse action; il combla d'éloge» le général Milbaud, nomma général de dlvisimi le Comte Pire, et général de brigade le colonel Ducoetlosquet, du 8* hussards; le général Pire réçitt en outre là croix de commandant de la Légion d'honneur. On donna un nombre notable de croix de légionnaires aux régiments composât ce corps de cavalerie. Le côlcrnel Thalotiet, du G* chasseurs qui s'était signala à la îêté dé son r^iméift, fut
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Dominé officier de la Légion d'honneur, ainsi que le clief d'escadron d'état-major de Lawœsline et le chef d'escadron de Lou^encourt, du 4^ de cuirassiers^
Les mouvements opérés par les souverains alliés feisaîent présager une bataille qui devait, sans au-* cun doute, amener le dénoûment de cette longue querelle. En effet, dès le 1 5 octobre, toute l'armée française, forte de 1 5o,ooo hommes, se concentra en avant de Leipsick; le village de Wachau servait de point d'appui au front de sa ligne.
Le prince de Schwartzemberg avait réuni dans sa main aoo^ooo combattants. Le corps russe de fienningsen, les divisions prussiennes aux ordres d'York, et toute l'armée du Nord, commandée par le prince royal de Suède, n'avaient point encore achevé leur mouvement de concentration; mais ces troupes manœuvraient rapidement pour y par-* venir. Le généralissime des alliés, se confiant en sa supériorité numérique, attaqua l'armée française le i6 octobre, dès la pointe du jour. L'empereur sut réisister victorieusement à ce premier choc, dont l'effet devait être décisif : l'action fut des plus chaudes; les alliés se virent contraints de regagner leurs positions, après avoir essuyé une perte consi« dérable. Le maréchal Victor repoussa six fors les attaques de Barclay deToUy, commandant en chef l'armée russe. Le général Compans, placé dans Wa^ chau pour défendre ce village, battit complètement le corps du comte Merfeldt, chargé de le déloger, et fit prisonnier ce général avec une poriiod de ses troupes. Le régiment autrichien de^ cuiràssitrs de
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Sommariva, s'étani engage au travers des carrés de la division du général Lagrange, fut détiuit; il ne s'échappa que quelques officiers.
Le corps polonais, forl de 8,000 hommes, commandé par le prince Poniatowsky, formait notre extrême droite; il fit preuve d'une bravoure héroïque pour contenir les efforts de l'élite de larmée autrichienne, qui cherchait à le tourner. L'eni* pereur s'était porté sur ce point, où l'engagement paraissait être le plus vif. Il nomma le prince Poniatovirsky maréchal et grand aigle.
Le colonel Maringoné, du a^ tirailleurs de la garde, détaché pour appuyer le corps polonais, soutint une lutte terrible contre la i^ division des grenadiers hongrois, conduite par le feld-maréchal Blanchi, et contraignit cette troupe d'élite à lui céder le terrain. Le régiment des tirailleurs eut la moitié de ses officiers mis hors de combat, et le colonel Maringoné fut blessé grièvement. L'empereur, accouru sur le lieu de l'action, nomma conimandant de la Légion d'honneur cet intrépide officier.
A l'extrémité opposée de la ligne, le maréchal Ney, qu'un accident de terrain séparait du centre, supporta sans reculer les attaques réitérées de toute l'armée prussienne, commandée par Blûcher; de ce côté, nos soldats se battirent constamment dans la proportion d'un contre quatre. A deux heuras, Napoléon prit à son tour l'offensive, et attaqua l'ennemi dans toutes ses positions au moyen de son artillerie, qui ne cessa de tonner jusqu'à la