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CHAPITRE XV

contre le onzième corps, et Iui*-méine les appuya à la tête de ses Suédois. La fortune voulut que cette attaque fût soutenue en premier lieu par un de nos généraux les plus intrépides, Durutte; la division qu'il commandait, composée d'excellents régi* rnents, formait le reste de ce septième corps que les Saxons désertaient une heure auparavant en pleine bataille. Durutte les accueillit par un feu des plus nourris, renversa à la baïonnette leurs premiers bataillons et leur enleva plusieurs pièces d'artillerie. Ainsi, les Saxons furent châtiés de leur Félonie par les soldats mêmes qu'ils venaient d'abandonner. Le général Souham, qui s'était serré près du corps de Rey nier, vint à l'aide de Durutte', et ces deux divisions continrent l'attaque de Bernadotle.

Dans cet intervalle, l'empereur, qui avait été instruit de Févénement, se vit obligé de modérer son naouvement offensif contre Schwartzemberg, et envoya la réserve de la jeune garde au secours du septième corps, afin d'éviter un désastre. I^a diversion opérée par le prince royal de Suède avait produit son effet et empêché la défaite du généralissime autrichien.

La nuit étendant déjà ses ombres, l'armée française reprit ses positions; elle avait lutté avec un courage admirable contre des masses qui se renouvelaient sans cesse; on n'avait pu ni l'enfoncer ni

' Le général Souham fut blessé dangereusement à la tête.

ai2 LA LÉSION lyfiONNEUR.

ronpre m ligne ; itiai» les perteâ énormes qu'elle mtBit dû ëproui^er eti aie couvrant de gloire, la mettaient hors d'état At recommencer le lendemaiD une troiaième action^ Le général Diflauloy, comnoaindaiit en chef l^artillerie , Tinf f^ire son rapport^ et dédan que dans les deu?^ journées on avait dépensé plos de deux cent mille boulets, et qu'ail oe restait pas pour trois heures de munitions danfs les caissons.

Napoléon, cerné de tous les côtés par plus de 3oa,ooo hommes, avait eu l'inconcetable habileté de se ménager libres les deux routes de Mersebourg et de Wéissenfels, qui menaient dan$ la direction de Francfort; it fit aussitôt les dispositions pour battre en retraite en traversant Leipsick. L'empereur quitta cette ville le 19 octobre, à neuf heures du matin, un an après et à pareil jour où il était sorti du Kremlin .

Le czar, le roi de Prusse et le prince royal de Siiède entrèrent dans Leipsick par trois portes différentes , et se réunirent vers midi sur la place do Marché, Tune des plus vastes de l'Allemagne. Alexandre et Frédéric^Guillaume côurureut au-devant de Bernadotte, l'embrassèrent avec effusion et le proclamèrent le sauveur de la coalition.

CHAPITHE XVI.

Retraite de Leipsick. — Conseil 4e guerre |enu à Fulde ^^ l'empereur; épisode du général Foumier-Sarlovèze. — hatéaîHe de Banau. — Pénible situation des officiers bavarois àéeûfté^ de 1« Mgimi d'iioiineilr.

La retraite de Leipsîek oommença, avom-noua dit, le même jour qae celle de Moscou; elle eut aussi sa Bërésina. L'arndëe avait employé la nuit du i8 au 19 octobre à traverser les faubourgs de Leipsick pour gagner la route de Weissenfels; Tunique voie qu'elle pét suivre eoiisistait en une chaussée étroite, tortaeuse, longue de huit kilomètres. Cette chaussée, espèce de défilé^ traversait un terrain marécageuit qui servait de Ht aux deux rivières de la Pieiss et deTElster ; le défilé abou tissait au pont deLindenau, construit en pierre sur l^lster; la pluie qui n'avait ces^ de tomber les jours précédents rendait cette rivière très-difficile à passer. Le général Bertrand, commandant le quatrième

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corps, avait été chargé de défendre ce point essentiel ; il combatlit pendant vingt-quatre heures, sanfi relâche, contre des forces triples; il parvint à se maintenir dans sa position et à conserver ainsi libres les communications.

L'empereur, avons-nous dit, acheva de passer le défilé vers les neuf heures du matin. Le pont de Lindenau avait été miné par ses ordres depuis deux jours; un colonel du génie, chargé de ce soin, se • tenait à l'embouchure du pont avec un poste de sapeurs. Napoléon lui enjoignit de faire mettre le feu à la mine lorsque Farrière-garde aurait achevé de passer, et que Ton apercevrait l'ennemi engagé le long de ce défilé, que les voitures renversées encombraient à chaque pas. Le corps du duc de Reggio venait de passer, lorsque le colonel du génie, au mépris de ses devoirs, abandonna son poste sous prétexte de courir après le maréchal, afin de s'informer de la situation de l'armée dans la ville de Leipsick. Pendant son absence, le sergent commandant le poste des sapeurs aperçut, sur sa gauche et sur sa droite, quelques troupes légères russes et autrichiennes qui avaient franchi l'Elster ou à gué ou à la nage. La vue de ces soldats ennemis troubla ses esprits; le sous-officier n'avait ni l'intelligence ni la ternieté de caractère que l'on exige dans un chef supérieur; il crut le moment opportun arrivé, et mit le feu à la mine. Une violente explosion eut lieu : elle fut entendue par la majeure partie des troupes qui couvraient déjà la routé de Weissenfels; deux arches du pont s'abi-

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