CHAPITRE XVI. J
Lé9 soaverraiiiâ allies rangèrent au nombre des prisonniers ffn personnage d'une autre importance, qui n'avait poJfit tiré répëe: c'était le roi de Saxe, Frédéric-Auguste, noble vieillard qui s'était couvert le visage de désespoir en apprenant la honteuse conduite de ses soldats, abandonnant leurs rangs, passant à l'ennemi au milieu du feu. La coalition voulait punir Frédéric-Auguste de n'avoir pas abandonné un bienfaiteur que la fortune abandonnait.
Ce dernier désastre, ajouté à la perte essuyée en tués ou blessés le i6 et le i8, réduisit l'armée frsinçaise à la moitié de son effectif, c'est-à-dire à 75,000 hon^mes'.
IJea le premier jour de marche, les chefs furent impuissants pour maintenir le bon ordre parmi leurs soldats ; la garde, la cavalerie et l'artillerie de marine conservèrent leur organisation ; la moitié de Tinfanterie errait à la débandade. Le lendemain les troupes légères des alliés commencèrent à nous inquiéter sur les flancs; le passage de plusieurs rivières, grossies par les pluies, augmenta la confu-
' Les divers rapports des généraux alliés, reproduits dans les journaux d'Allemagne et d'Angleterre, firent monter la perte des . coalisés à Bo,ooo hommes tués ou mis hors de combat. Les Autrichiens furent les plus maltraités ; ils eurent quatre feld- maréchaux lieutenants et trois cents officiers tués ou blessés. Les tinsses comptèrent onze généraux mis hors de combat. Les Prussiens et les Suédois n'avouèrent jamais les pertes esstiyées par eux.
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sion; on avait à se battre à chaque pas, et l'on arriva ainsi à Erfurth ; le salut de l'armée dépendait de la conservation d'un point aussi iroportant; on la dut aux vigoureuses dispositions prises par le général Dalton, gouverneur de cette ville ; depuis une semaine il avait résisté aux attaques multipliées des généraux coalisés.
Napoléon parvint aux portes d'Erfurth le 23, et rentra dans ce palais où, cinq ans auparavant, il avait vu tous les souverains de l'Allemagne se prosteiner devant lui pour en obtenir des grâces, où les rois de Bavière, de Saxe, de Wurtemberg, ses créatures, lui faisaient cortège. Ce palais, qui fut alors le théâtre de fêtes splendides^ était maintenant devenu solitaire. En cette situation. Napoléon pouvait s'appliquer dans le sens le plus rigoureux la sentence que renferme le distique si connu d'Ovide :
Donec eris felîx, multos numerabis amîcos ; Tempora si fuerînt niibila, solus eris.
Ija ville d'Erfurth présentait en ce moment l'aspect de la désolation; l'armée y goûta cependant un jour de repos, les troupes trouvèrent dans les magasins de la citadelle des ressources de divers genres. L'arsenal, amplement fourni de munitions, permit d'approvisionner l'artillerie de la manière la plus complète.
Ce repos de vingt-quatre heures, goûté dans Erfurth, donna aux généraux la facilité de rétablir l'ordre parmi les brigades. Le aS, l'armée se remil