CHAPITRE XYI
ses ordres 409OO0 Bavarois, iS^ooo Autrichiens , plus f les 5,000 Cosaques de Czernichef. Sa droite s'appuyait au pont de Lamboi , construit sur la rivière de Kintzig, qu'il' faut passer pour gagner Hanau. Son centre coupait la chaussée; on y avait établi une batterie de 60 pièces de canon , qui s'élevait comme une barrière infranchissable. Les Autrichiens tenaient la gauche, laquelle se prolongeait dans la direction de la route de Friedberg. Les Cosaques flanquaient cette aile gauche.
Plusieurs escarmouches assez meurtrières avaient eu lieu dans la soirée du ag. I^a division bavaroise, commandée par le général Lamotte, détachée pour arrêter notre avant^garde, avait été culbutée et mise en pleine déroute par le générai Pacthod. Le lendemain 3o , après la reconnaissance faite par l'empereur, la journée étant déjà avancée, le gêné* rai Dubreton, qui s'était immortalisé l'année précéden<te par sa belle défense de Burgos, commença l'attaque, à la tête de sa division, contre la droite de Tennerai, et , presque en même temps, le maréchal Macdonald s'avança avec deux divisions sur la chaussée, afin d'en forcer le passage; mais l'artillerîe des alliés, concentrée sur ce point, rendit pendant longtemps ses efforts inutiles. Cette démons*^ tration n'était que le prélude de la bataille. L'artillerie de la garde n'avait pu cheminer que lentement, vu le mauvais état des chemins et la lassitude des chevaux : elle arriva vers les trois heures; elle était conduite par le général Drouot. Au lieu de s'en servir pour chei'cher à démonter les
pièces qui couvraient le centre de l'ennemi, Napoléon en dirigea le feu contre l'aile gauche, composée des Autrichiens et des Russes. Les canons furent mis en ligne avec une célérité merveilleuse ; jamais l'artillerie ne préluda d'une manière aussi terrible à l'ouverture d'une action ; jamais elle ne fut dirigée avec autant de supériorité que le fit en ce moment le général Drouot. Napoléon , placé derrière les pièces, soutenait par sa présence l'héroïque résolution des artilleurs ; le feu rapide de ces pièces produisit un effet des plus terribles. Les projectiles tombaient au milieu des bataillons autrichiens, pas un boulet ne fut perdu.
Le prince de Reuss, commandant en chef toute cette aile gauche des alliés, ému en voyant les ravages causés dans ses rangs par rartillerie de la garde, voulut y mettre un terme. En conséquence, il ordonna à une brigade de cuirassiers^ qui flanquait l'extrémité de sa ligne, de se porter rapidement sur ces canons et de les enlever. Les cavaliers autrichiens se précipitent pour remplir les instructions de leur général ; emportés par la charge, ils arrivent jusqu'au milieu des pièces, mais ce ne fut pas impunément. On s'était préparé à soutenir un pareil choc : huit escadrons de cuirassiers, sousies ordres du général Saint-Germain, s'étaient formés en colonne sur deux escadrons de front; ils étaient soutenus par les grenadiers à cheval et les dragons de la garde, aux ordres du général Nansouty. Der* rière ces derniers suivaient quatre escadrons des gardes d'honneur, commandés par le major de Sa-