‹ La Légion d'honneurChapitre 159 sur 209 · CHAPITRE IVIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE IVIII

Cette fatale opération commença le ai décembre i8i3. La droite de Tarmée combinée , forte de 350)000 bommesy passa le fleuve à Bàle avec le généralissime Schwartzemberg; la gaucbe, forte de aooyooo hommes, aux ordres de Blûcher, franchit le Rhin à Coblentz; une autre armée russe entrait en France par la Belgique ; Wintzingerode ]a commandait. Le premier soin du généralissime Schwartzemberg fut de répandre dans les départements de TEst des proclamations menaçantes, qui ' défendaient, sous peine de mort, à tout habitant non militaire, de prendre les armes.

Napoléon, éclairé sur les véritables dispositions des alliés, avait eu de son côté recours aux mesures les plus extrêmes pour exciter l'élan des belliqueuses populations de la Lorraine, de l'Alsace et de la Franche-Comté. Dans ses proclamations, Fempereur exhortait les fonctionnaires à ne négliger aucun moyen pour engager les habitants des campagnes et des villes à se lever en masse, afin d'arrêter l'irruption des étrangers. Ces exhortations ne produisirent aucun effet : les populations, fatiguées de la guerre, épuisées dans leurs ressources, restèrent froides et silencieuses.

Le sujet que nous traitons nous fournit ici l'occasion de prouver aux esprits indifférents que les récompenses honorifiques contribuent à entretenir dans le cœur de l'homme des sentiments généreux. Lorsque le peuple des faubourgs marcha le lo août 1792 contre le palais des Tuileries, le maréchal de Noailles, octogénaire, qui ne se méprenait pas sur

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le d^pger, sç rendit, au premier bruit deFinsuiTectîpn, à la demeure du souverain. Les giardes oatior pauji^ qui remplissaient la première oour, preuaot en pitié le grand âge du maréchal,, l'engagèrent à se retirer et à regagner sa maison : « Mes&ieurs, dit le maréchal de Noailles, je suis chevalier de Saint* Louis, et à ce titre je dois défendre la vie de mon roi aux dépens de la mienne, é 1^ maréchal de Mailly, encore plus avancé en âge, fit la même réponse aux serviteurs qui voulaient le retenir. D'autres officiers, Bougainville, d'Hervilly, Précy, Grandpréy Lenoncourt, etc., accoururent auji Tuileries, se croyant dans l'obligation, oomn^e chevaliers de Saint-Louis, de braver la mort pour défendre le monarque.

Vingt ans après, les légionnaires retirés du service depuis plusieurs années par suite de blessures^ quittèrent spontanément leur retraite à la première nouvelle de l'invasion. Au terme du serment prêté par eux en recevant la croix de la Légion d'honneur, ces militaires avaient contracté robligatioQ de combattre pour l'intégrité du territoire; ils^ ne faillirent pas à leur foi, pas un d'eux ne resta dans sa demeure; le zèle patriotique de ces vétérans codtrastait avec la tiédeur des autres habitants. Ceux de ces légionnaires dont le domicile se trouvait âans les provinces de l'Ouest, qui n'étaient point menacées, traversèrent toute la France, soit pour se 4?eufermer dans les places fortes, soit pour aller Tejoindre l'armée active dans les plaines de la Champagne. Nous avons vu des légionnaires de la

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