‹ La Légion d'honneurChapitre 163 sur 209 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

nos affaires^ tout ce qui n'était point un avantage signalé devait être r*egardé comme un revers; îa nouvelle de celui-cî eut un retentissement immense au de)à du Rhin. Les journaux de l'Allemagne le t*eprése nièrent comme un triomphe qui devait effacer, pour les peuples germaniques, le souvenir de la défaite essuyée par leurs soldats dans les cbamps d'Austerlirz; ces feuilles publiques décorèrent la journée de la Rothière du nom pompeux de bataille des Nations. En voici les motifs : chaque peuple de l'Allemagne s'y trouvait représenté. Les généraux Blûcher et Yorck y commandaient les Prussiens; le général de Wrède, les Bavarois; le prince de Wurtemberg, les troupes de la Confédération germanique; le feld-maréchal Giulay, les divisions autrichieniies; enfin, le grand-duc Constantin y combattit à la tête de la cavalerie russe.

La ville de Brienne avait vu reparaître dans son sein, en souverain et en chef d'armée, cet ancien élève de son école militaire dont le souvenir s'était conservé parmi ses habitants; les alliés se chargèrent d'attacher une signification à ce singulier rapprochement : ils livrèrent aux flammes, en se retirant, la ville de Brienne et ses faubourgs. L'impéritie que Blûcher, d'un côté, et Schwartzeraberg de l'autre, montrèrent à la suite de la bataille de la Rothière, fournit à Napoléon une de ces inspirations heureuses qui savent produire des l*ésultats inattendus. L'empereur, voyant Blûcher décidé a opérer isolément sur les bords de la Marne, prend la résolution de tourner tous ses efforts con-

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tre lui pour le détruire complétemeot : il s'agissait, pour frapper un coup si hardi, de rassembler dans sa main toutes ses ressources. Napolëon^ persuade que Scliwartzemberg n'était pas homme à exécuter seul la marche sur Paris, lui abandonne Troyes, en rappelant le corps tout entier de Mortier, chargé de défendre cette ville. Les renforts amenés par ce maréchal firent élever à 4O9O00 hommes Tarmée française.

Le 10 février, l'empereur attaque auprès de Champàubert, cinq lieues nord de Sezanne (Marne), le corps russe du général Âlsufiew, qui couvrait le flanc droit de l'armée de Silésie; il le met en pleine déroute. La prise du commandant Alsufiew, de deux autres généraux, de 4o officiers, 2,000 soldats et a5 pièces de canon attestent les avantages remportés dans cette journée.

Ce corps russe, destiné à unir entre elles les deux armées de Silésie et de Bohème, fut détruit en entier; les communications furent rompues sans retour. La grosse cavalerie, cuirassiers et dragons, conduits par les généraux Doumerc et Girardin, contribuèrent puissamment au gain de la victoire; ce furent eux qui enlevèrent à l'ennemi la majeure partie de son artillerie.

Le général russe Sacken manœuvrait depuis plusieurs jours pour effectuer sa jonction avec le corps prussien, commandé par le général Yorck. Napoléon^ devinant son intention, se mit à sa poursuite et l'atteignit, le 1 1 février, auprès de Monlmirail (Marne). Les maréchaux Ney, Mortier

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