‹ La Légion d'honneurChapitre 165 sur 209 · CHAPITRE XÎX. m · texte numérisé non relu

CHAPITRE XÎX. m

L'empereur prit Toffeosive le i4 février, à uae heure après midi, en poussant sur le centre de la ligne prussienne la division Ricard^ en la faisant appuyer par toute la garde, commandée par le gé-nëral Priant. L'ennemi ne peut résister à ce premier choc ; la colonne française, pratiquant une trouée à travers les masses allemandes, sépare ainsi legé«néral Kleist, commandant le second corps prussien, du généralissime Blûcher, qui s'écarte trop de son centre par un mouvement excentrique ayant pour but d'appuyer la division russe qui occupe Étoges. Le général Grouchy, profitant d'une manière trèshabile de l'isolement dans lequel la mauvaise ma« nœuvre de Blûcher vient de laisser le général Kleist, attaque ce dernier avec une impétuosité sans égale; nos cuirassiers et nos dragons fournissent des charges successi\es, en longeant le flanc des co- . lonnes prussiennes, et y font un horrible carnage. Kleist, ayant perdu son artillerie, qui forme son principal moyen de défense, détermine son mouvement de retraite. L'empereur, suivant avec at* tention les incidents qui se produisent sur les deux points opposes, envoie au général Grouchy l'ordre réitéré d'abandonner la poursuite des Prussiens de Kleist, pour diriger tous ses efforts contre Blûcher; son intention est remplie avec exactitude, et le généralissime de l'armée de Silésie se voit abordé à son tour par la cavalerie de Grouchy. Cette attaque produisit l'effet que Napoléon en attendait : nos cuirassiers et nos dragons, prenantà revers les bataillons ennemis, les renversenten foulant les hommes

sous les pieds des chevaux; nos cavaliers percent à travers les lignes et arrivent jusqu'au lieu où se tenait Blûcber, lequel est obligé de mettre Tépée à la main pour sa propre défense; les nombreux officiers de son état-major se groupent autour de lut afin de garantir sa personne. L'élite de l'infanterie allemande, accourant par bataillons au secours du généralissime, parvint à le dégager un instant; mais legénéral Saint-Germain, ayant rallié les escadrons de cuirassiers, qui chargeaient en ligne sur une grande étendue, les forme une seconde fois en colonne d'attaque, et s'avance de nouveau en bon ordre sur la ligne prussienne. A l'aspect de cette démonstration, qui doit être décisive, Blûcher ordonne la retraite, et lui-même la dirige en prenant la direction de l'Aisne. Le général Grouchy, qui vient d'être blessé, lance le reste de la cavalerie sur les Prussiens, qui sont mis en pleine déroute. Saint-Germain, le plus ardent à poursuivre l'ennemi, atteint encore une fois Blûcher, qui se voit enveloppé par nos cuirassiers; le généralissime de l'armée de Silésie ne dut son salut qu'à la vitesse de son cheval et aux ombres de la nuit, qui protégèrent sa fuite.

Napoléon, dont le regard pénétrant s'est rarement trompé, a jugé que Blûcher et Kleist, ébranlés dans leurs positions, allaient être obligés de les abandonner; il ordonna au maréchal Marmont de se porter rapidement sur Éloges et d'y assaillir la division russe laissée à la garde de ce poste ; le maréchal s'acquitta de sa mission de la manière la

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