‹ La Légion d'honneurChapitre 166 sur 209 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

plus heureuse, surprit le prince Urusow et lui livra combat au milieu du village; le général russe fut tué à la tête des siens; cette division ennemie perdit a^Soo hommes tués ou pris et lo pièces de canon.

Les trophées de la victoire de Vauxcbamp^ remportée le i4 février, consistèrent en 7,000 hommes tués ou blessés , laissés sur le terrain par Blûcher, 2,000 prisonniers et i5 pièces de canon. Notre cavalerie eut la plus grande part au gain de cette victoire.

En résumé, dans Fespace de cinq jours, l'empereur avait fait essuyer à Tarmée de Silésie une perte de a6,ooo hommes tués, blessés ou prisonniers, et 5o pièces de canon. Voyant Blûcher en pleine retraite dans une direction qui l'éloignait de l'armée de Schwartzemberg, il prend la résolution d'attaquer à son tour te généralissime autrichien, qui, ayant occupé Troyes, a déjà poussé ses colonnes sur le chemin de Paris. Rempli de son projet, dont la hardiesse doit déconcerter ses adversaires. Napoléon quitte Montmirail le }5 février, fait avec sa garde vingt-huit lieues en deux jours. Ayant rallié les corps de Victor et d'Oudinot, il attaque impétueusement auprès de Nangis, le 17 février, quatre divisions austro-russes, commandées par Wittgenstein, et les écrase. L'ennemi perd 10,000 hommes tués ou pris. Le lendemain, le prince de Wurtemberg , assailli dans Montereau, en est chassé laissant dans l'intérieur de cette ville sept raille des siens tués ou prisonniers.

3S6 LA LfifilOK D'HOIMëUR.

Le général Sacken, qui avait réparé ses pertes au moyen de plusieurs brigades détachées de Tarmée principale, se dirigea Rapidement le 22 février vers Méry-sur-Seine, avec l'intention d'y forcer le passage du fleuve et de se porter sur les flancs de Napoléon ; cette manœuvre devait placer les Français dans une situation très-périlleuse. Le général Boyer, chargé de défendre une partie du cours de la Seine, arriva au pas de course à Méry, h la tête d'une faible division, au moment où les tirailleurs deSacken pénétraient dans le faubourg. Boyer , favorisé par la situation des lieux et le dévouement des habitants, défendit ce poste important toute la journée contre des forces quintuples. Sacken se vit obligé de renoncer à son projet et battit en retraite, en laissant sur le terrain plusieurs milliers des siens. Une portion de la ville de Méry-sur-Seine fut incendiée en cette occasion T.

Les colonnes de l'armée autrichienne, parties de Troyespour marcher sur Paris, battent en retraite. L'empereur les poursuit , les refoule et rentre en

J Le caractère du soldat français se montre le même dans les situations les plus diverses. A Wagram, les trompettes des cuirassiers jouaient la fanfare de la Caravane: La victoire est à nous. Le 22 février 18 14 se trouvant être le mardi gras, les soldats de Boyer aperçurent dans une boutique, en traversant Méry, des masques; ils les prirent, se les attachèrent au visage, et allèrent ainsi au feu ; plusieurs d*entre eux furent tués masqués, mais leurs balles avaient fait mordre la poussière à bon nombre de Russes et d'Autrichiens.

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