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po^seission dé là capitale de la dharripalgiyé, qUé le génëValîssim'e Scliwarlzemberg et Tempereur de Russie abandonnent en toute hâte. A la nouvelle des avantages remportés d'tine mahière si rapide par les Français, les trois souverains alliés, tremblant au tiiilieu des masses de leurs troupes, se représedlent Napoléon s'avançant sur eux comme Briarée, prêt à les • étouffer dans ^es terribles étreinteà.
Ces avantages remportés avec une célérité miraculeuse auraient suffi dahs des circonstances ordinaires pour relever la fortune d'un souverain attaqué dans ses États. Mais cent étrangers tombaient-ils sous nos coups : deux cents se présentaient à l'instant même pour les remplacer. La gauche de Tennemi reculait-elle devant les efforts de nos bataillons, la droite de leur ligne s'avançait dans la direction de Paris. C'était la digue que la violence des eaux emporte sur un point, quand on la rétablit sur un autre.
Pendant que l'armée de Schwartzemberg est en pleine retraite vers les Vosges, Blùcher suspend son mouvement rétrograde, puis rassuré par Téloignementde la principale armée française, il reprend Toffensive à l'aide de renforts considérables que lui amène le général russe Winzingerode et reprend la direction de Paris en poussant ses opérations jusque sur la Marne. Napoléon abandonne la poursuite de l'armée de Bohême, pour se rejeter une seconde fois sur Blûcher, en ordonnant aux maréchaux Marmont et Mortier, de combiner leurs
mouvements avec les siens. Le général prussien , comprenant le péril dans lequel il s'est engagé en se portant trop avant, se décide à battre de nouveau en retraite dans la direction de l'Aisne : les corps français le suivent chaudement, le harcèlent et lui tuent beaucoup de monde. Blûcher, blessé en cherchant à modérer la poursuite des Français, hâte sa marche avec l'intention de mettre l'Aisne entre eux et lui. Napoléon se porte rapidement vers Reims, et vient prendre possession entre cette ville et Soissons. Les maréchaux Mortier et Marmont, jaloux de remplir les intentions de l'empei*eur, redoublent de vigueur dans la poursuite du généralissime prussien, dont l'armée commence à se mettre à la débandade. Blûcher, resserré de tout côté, se voit acculé à la rivière de l'Aisne : sa perte paraît inévitable, les savantescombinaisons de l'empereur vont aboutir à un résultat immense : la destruction définitive de l'armée de Silésie et la capture des chefs qui la commandent. Blûcher et les siens n'ont qu'un seul moyen pour sortir de ce pressant danger : c'est de franchir l'Aisne par le pont de Soissons. Pressés par le péril, Blûcher et ses lieutenants prennent la résolution de réunir leurs efforts, pour diriger une tentative désespérée contre Soissons ; ils savent d'avance que, si la place oppose lamoiïidre résistance, tout est fini pour eux: car les Français qui les harcèlent sur les deux flancs ne tarderont pas à les atteindre. Qui le croirait! Soissons, qui devait être le tombeau de l'armée de Silésie, devient pour elle la planche de salut au
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milieu du naufrage. Blûcher se présente devant là place, s'attendant à être foudroyé par son artillerie; loin de là : des uniformes de sa nation garnissent les reniparts, les barrières s'ouvrent, les ponts* levis s'abaissent, et les Prussiens se précipitent dans la ville, qui se trouve au pouvoir des alliés sans que les deux partis fussent instruits d^une circonstance aussi importante. Voici le mot de cette fatale énigme.
Soissons, jadis capitale d'un royaume épbémère sous les Mérovingiens, n'avait rien gardé de son antique splendeur; ce n'était plus qu'une place de troisième ligne, dont le gouvernement avait négligé depuis longtemps la défense, en raison de son éloignement des frontières. Au premier bruit de l'invasion de notre territoire, le ministre de la guerre donna des ordres pour réparer à la hâte ses fortifications ; la ville fut pourvue d'une faible garnison^ que l'on mit sous le commandement du général Rusca, l'ami et le compatriote de Masséna. Rusca s'était vu contraint, par la gravité de ses blessures, de renoncer de bonne heure au service actif; il s'empressa d'offrir le secours de son épée dès que la patrie fut menacée par l'étranger. Une forte division russe, détachée du corps d'armée du général Woronzoflf, qui occupait les Ardennes, se présenta inopinément devant Soissons le 1 4 février ; le général Rusca sortit de la place pour reconnaître l'ennemi, et dirigea en personne plusieurs lignes de tirailleurs ; il fut tué au bout de quelques heures, et les Russes occupèrent Soissons, dé-
afff> L4 L$G10N D'HONNEUR.
pourvu de déf(pn$eurs. Le maréchal Mortier, ch.^rgé 4^ g^ï'dcr le cours de TÂisne, accQuruç en apprepiipt \sL c^ute de Soyissons ; il investit la place, en ^^iogea les ^i^sses le ao février. Jugçapt que cette ville serait la clef des opérations q\/^\ a\iratent lieu sur la rivièrç de FAisne, il y laissa une garnison de dyOQo lipoiaieS} et munit ses remparts d'une nom- ))reuse artillerie. Le co(n maniement ^e ce^e place importante fut confié au général Moreau, nullement parent du vainqueur de Hohenliqden ; l'un avait vu le jour en Bretagne, et l'autre dan^ 1^ environs de Lyon. Le général Moreau , longtemps employé dans l'iptériçur, fut appelé à faire la camps^gne de Russie; il s'y distingua en plusieurs circonstances, p^ipcipalen^ent 9u ps^ssagç de la Bérés,ips^, où, sous les yeux de l'empereur, il fît des prodiges de vçil^ur pour seconder le général Éblé dans la çonstr^cfiQn de ce pont sans lequel ^a mpjtié de l'armée française, déjà fort réduite^ eût péri infailliblement. Le général Moreau reçut plusieurs blessures en s'acquittant de son noble devoir. Napoléon se rappela ces circonstances en revoyant Moreau à l'ouverture de la campagne de Saxe ; il le Uomma, à la fin du mois de mars i8i3, grapd officier de la Légion d'honneur par une exception remarquable, car cette distinction était très-raremept accordée à un général de brigade. Le général Bulow, commandant un corps fort nombreux de Prussiens, investit Soisson^ le i^^ mars 1814, e\ ouvrit contrç la place un feu terrible. Au mépris dp sçs devoirs, le général Mpr^au, sous préte^ifle
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d'épargner aux habitants les horreurs d'une prisa d'assaut, fît les premières démarches auprès du général ennemi pour eptamer des négociations; et cependant les artilleurs placés sur les remparts entendaient distinctement gronder le canon dans le lointain : c'était l'annonce de l'approche des difTérents corps de l'aripée française qui pressaient Blûcher dans sa retraite. Cette seule circonstance suffisait pour que le commandant de Soissons redoublât de fevmeté dans sa défense ; il n'en fut pas ainsi. Bulow, appréciant à sa juste valeur 1^ possession de. Soissons, offrit à Moreau les conditiops les plus honorables : on convint que le commandant sortirait de la pla.ce en emmenant toute sa garnison et une partie de son artillerie, et qu'il pourrait se diriger sans obstacle sur Villers-Cotterets. Cette convention fut exécutée le 3 mars. Le lendemain, Blùcher se présenta devant Soissons, où la fortune devait lui offrir un moyen de salut; il ne s'arrêta pas dans la ville, la traversa, franchit la rivière et. continua son mouvement rétrograde vers Laon, que les souverains alliés avaient choisi comme point d'appui de leurs opérations.
L'empereur fut informé à Fismes de Tévénement de Soissons ; cette nouvelle ruinait les espérances qu'il avait fondées sur la destruction présumable de l'armée de Silésie. Nos historiens du xvi^ siècle racontent que les cheveux d'Henri IV blanchirent en quelques heures le jour où ce prince apprit l'alliance contractée entre le duc de Mayenne et la
cour d'Espagne. Tjes cheveux de Napoléon ne blanchirent point; rëmotion éprouvée par lui en cette circonstance se produisit dans un violent accès de colère; une dépêche formulée en termes virulents fut expédiée au ministre de la guerre : elle lui en* joignait de faire arrêter le général Moreau et de le traduire devant un conseil de guerre, comme coupable de lâcheté et de trahison ' .
Les regrets inexprimables que l'empereur ressentait d'avoir perdu en un instant le fruit de ses savantescombinaisonsy lui firent prendre une résolution que la prudence condamnait : il franchit à son tour la rivière de l'Aisne, et se mit avec emportement à la poursuite de Blûcher. La situation de ce dernier n'était déjà plus la même que sur les bords de la Marne. Comme les réserves des alliés ne cessaient d'arriver après avoir franchi le Rhin, Blûcher, en parvenant aux environs de Laon, fut rejoint par de nombreuses divisions russes, prussiennes, hanovriennes, wurtembergeoîses; au moyen de ces renforts, l'armée de Silésie , réduite des deux tiers, fut reconstituée en entier, et le vaincu de Vauxchamp se vit de nouveau à la tête de 100,000 com-
\ Ijç général Moreau, arrivé à Yillers-Cotterets avec sa garnison, fat mandé à Paris par le ministre de la guerre : on Técroua à la prison de TÂbbaye ; une commission militaire instruisit surle-champ la procédure ; la rapidité des événements ne tarda pas à suspendre le cours de cette affaire, et l'ancien commandantde Soissons, dont la tête était si gravement menacée, fut remis en liberté le i5 avril 1814.