‹ La Légion d'honneurChapitre 168 sur 209 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

battants; il apprit sans frayeur Tapproche de Napoléon, et concentra toutes ses forces entre Laon et Craonne.

L'empereur, ayantpourlieutenants les maréchaux Ney, Mortier et Victor, réunit sous ses ordres 30^000 hommes ; il ne balança point à attaquer la nouvelle armée de Silésie. L'action, commencée le 6 mars, se poursuivit le lendemain jusqu'à la nuit; l'honneur de la journée reste aux Français. Btùcher, ayant eu 6,ooo hommes tués, leur abandonne le champ de bataille; il se retire sans laisser néanmoins sur le terrain ni canon, ni prisonnier. I^ies vainqueurs achetèrent cet avantage par la perte de 8,ooo hommes tués ou mis hors de combat.

A la suite de la bataille de Craonne, Napoléon essaye d'enlever Laon, dont les alliés ont fait leur place d'armes ; il échoue dans cette tentative, et se rejette brusquement sur Reims, que défend un corps russe; il reprend cette ville le i4 mars, à la suite d'un combat très-vif.

Le généralissime Schwartzemberg, revenu de sa panique en apprenant la réunion de l'armée de Silésie avec celle de Winzingerode, arrête son mouvement rétrograde comme l'avait fait Blûcher, et se dirige de nouveau vers l'Aube, avec l'intention de rentrer en possession de Troyes. Ce mouvement fait comprendre à l'empereur que le danger dont il a su garantir Paris redevient plus pressant; il détache les corps de Mortier et de Marmont, en les chargeant de couvrir la capitale par la vallée de la

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^ine; lui-même rallie Ict corps de Macdonald, qui (lepuis quipze jours manœuvrait devant Wiozingerode, en lui disputant le terrain pied à pied, li'etmpereur, ayant sous sa main 18,000 hommes, en comptant sa garde, attaque l'ennemi avec une audace inouïe auprès d'Arcis-sur*Aube, avant même l'arrivée du duc de Tarente.

Schwartzemberg a réuni autour de lui 100,000 hommes, dont le cinquième de cavalerie. Napoléon aborde ses masses compactes, et livre un combat terrible le 20 mars ; il expose sa personne comme dans les champs d'Ëssling, les projectiles pleuvent autour de lui'. Une supériorité de forces si disproportionnée devait l'emporter; l'empereur parvient néanmoins à rompre le cercle de fer qui l'entourait et finit par opérer sa jonction avec Macdonald^ sans que Schwarlzemberg puisse s'y opposer. Cette lutte inégale avait couteaux Français490oo hommes et 6,000 aux alliés, pour lesquels des pertes semblables devenaient de médiocre importance.

* Cest dans le combat d*Arcis-suv-Aube qu'eut lieu l'événement de Tobus; cet épisode devînt populaire dans l'armée, et le burin s'empressa de le reproduire. Un obus vint tomber entre Napoléon et l'une des faces du principal carré de sa garde ; le voilsinage du projectile fumant produisit un certain flottement dans les rangs : l'empereur exprima son étonnement de voir des soldats d'une valeur aussi éprouvée que ses grenadiers témoigner une pareille crainte ; il poussa son cheval vers l'obus en lui faisant flairer la mèche; au bout de quelques secondes, le projectile fit explosion : ni l'empereur, ni son cheval, ni les hommes du carré ne furent atteints par ses éclats.

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