CHAPITRE XIX
Ns^poléop, ayant effectué sa réunion avec le corps çJe Macdonald, affaibli par des rencontres journalières, pouvait encore disposer de 35,ooo combattants. Abandonnant sans retour l'intention de dis-* pu ter à Scbvsrarti^eKnberg la possession de Troyes, persuadé que les maréchaux Mortier et Marmont pourront arrêter la marche du généralissime autrichien sur Paris , il forme le projet de se rejeter sur Blûcher, qq'il sait être posté du côté de Saint- Dizîer, certain qu'une seconde victoire remportée sur le général prussien forcera Schwartzemberg d'arrêter son mouvement sur la capitale.
L'empereur se dirige rapidement sur Saint-Dizier ; ep 2|pprochant de cette ville, il décou-vre d'épaisses colonnes que précèdent 10,000 hommes de cavalerie : il engage avec cette formidable avant*garde le combat (25 mars); il en sort victorieux : le général Kellermann se fait jour à travers cette masse de cavaliers et sème la mort dans leurs raqgs : 52, 000 d'entre eux restent sur le champ de l'action; mais les officiers que l'on fait prisonniers apprennent à Napoléon la véritable situation des choses. L'armée qu'il a devant lui est celle de Winzingerode; ce général, arrivé en France par Cologne, manœuvrait depuis un mois parallèlement à la ligne dii Rhin. Quant à l'armée de Silésie, que l'empereur croyait trouver devant lui, elle avait brusqué son mouvement sur la Marne, et hâtait sa marche pour opérer sa jonction avec Schwartzemberg, en arrière de l'armée française.
A peine l'empereur a-t-il recueilli ce renseigne-
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menty que, sans attendre un seul instant, il met son armée en mouvement en prenant la direction de Paris ; ]a fatigue des troupes l'oblige à s'arrêter au bout de cinq heures. Les bivouacs venaient de s'établir à Monliérender, lorsqu'on vit arriver un courrier, porteur de dépêches; elles dévoilèrent l'affreuse vérité : les maréchaux Marmont et Mortier avaient été culbutés, accablés, en essayant de s'opposer au débordement des troupes alliées; Schwartzemberg et Blûcher avaient opéré leur jonction, et le plan conçu par Moreau allait recevoir son entière exécution.
Le désir d'imprimer à notice récit la clarté né- ' cessaire nous engage à dire quelques mots sur les dernières actions livrées sur les bords de la Marne par Mortier et Marmont. Ces deux maréchaux avaient été chargés^ avons-nous dit, de modérer le mouvement offensif effectué par le prince de Schwartzemberg sur Paris, pendant que Napoléon s'était avancé au delà de l'Aisne pour attaquer Blûcher. Les revers passés devaient rendre plus circonspect dans sa marche le généralissime de l'armée de Bohême. En effet, les deux généraux surent résister, les t2i et 122 mars, à des attaques consécutives ; mais l'approche des avant-gardes prussiennes vint changer la face des affaires. Blûcher était parvenu à dérober son mouvement à Napoléon, qui s'était rejeté sur Reims, après la tentative contre Laon ; il reprit le projet de réunion avec l'armée austro-russe, réunion qui était le but vers lequel tendaient tous les efforts des généraux coa-