‹ La Légion d'honneurChapitre 17 sur 209 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

le compte des hommes de cetle époque ^ seront charmés de savoir à quels titres les savants dont il est ici question jouissaient déjà d'une si grande réputation. Il n'entre pas dans notre sujet de faire leur biographie complète ^ mais de montrer quelle était leur situation, en i8o4'* Ceux que l'on choisit dans l'Académie des sciences furent :

Berthollet, né en Savoie, vint en France de bonne heure, suivit à Paris les cours de chimie, publia tout jeune des ouvrages tellement remarquables, qu'il fut appelé à l'Académie des sciences en 1787. Plus heureux que Lavoisier, il échappa aux coups des révolutionnaires. Bonaparte l'emmena en Egypte, et à son retour en France, le chargea de la reconstitution des écoles publiques; il lui donna ensuite la mission d'aller en Italie choisir dans les diverses collections les objets d'art destinés à être transportés en deçà des Alpes pour enrichir nos musées. En i8o4 Berthollet passait pour le chimiste le plus habile de l'Europe; il était sénateur, et fut nommé grand officier.

Lagrange, né à Turin de parents français expatriés à la suite de revers de fortune. A l'âge de vingt-six ans, il passait pour le plus grand géomètre de son temps. Les rois de Sardaigne et de Prusse

* Bien d'autres savants et littérateurs reçurent la croix dans le cours de Tempire: nous en parlerons en temps utile; nous nous bornerons maintenant à citer les noms de ceux que Ton admit dans Tordre à sa création .

se'disputèf'eDt en quelque façon sa possession : le dernier l'emporta. Lagrange fut nommé directeur de l'Académie des sciences de Berlin. Après la mort de Frédéric, il céda aux offres qui lui furent faites de la part de Louis XVI. Ce prince le logea au Louvre, et lui accorda une pension de six mille francsi que l'Assemblée constituante maintint dans son intégrité. En 1793,1e comité de salut public le jugea suspect comme étranger, et ordonna son expulsion du territoire français. Il parvint à se cacher jusqu'au 9 thermidor, puis il reprit avec ardeur ses travaux. Lagrange fut appelé le premier à la classe des mathématiques lors de la formation de l'Institut ; plus tard il entra au sénat, (Grand officier.)

Laplace, mathématicien, professeur à l'École militaire, et membre de l'Académie des sciences avant 1789. Il ne marqua point dans la révolution, fut un instant ministre de l'intérieur. Laplace était en i8o4 sénateur. (Grand ofBcier.)

Legendre, né à Toulouse. Il avait professé, avant 1789 les mathématiques à l'Ecole militaire de Pari$. il échappa par miracle aux fureurs révolutionnaires: les beaux ouvrages qu'il publia sur les mathématiques transcendantes de 1796 à 1800 le IGirent entrer à l'Institut. Il était^professeur à l'École polytechnique en !8o4. (Officier de la Légion d'honneur.)

Lalande, néà Bourg-en-Bresse. Astronome, directeur de rCfcservatoire, membre de l'Académie des sciences avant 1789, il méritait certainement d'entrer dans la Légion d'honneur au plus haut degré;

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