‹ La Légion d'honneurChapitre 171 sur 209 · CHAPITRE XX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XX

Dernières promotions et nominations faites dans la Légion d'hon* neur, par Napoléon, durant la campagne de 1814. — Changements opérés dans l'ordre par le gouvernement de la restauration. — I^ maréchal Macdonald nommé grand chancelier de la Légion d'honneur. — Conclusion.

Lai campagne de t8i4 sera un sujet des plus intéressants, aussi bien pour l'observateur politique que pour le militaire : ce fut le triomphe de la stratégie sur la force numérique. Les habitants des provinces de l'Est, effrayés d'abord en voyant leur pays inondé par des flots d'ennemis, se montrèrent frappés de stupeur; le cliquetis des armes finit par ranimer chez eux les sentiments patriotiques. Les paysans de la Champagne, de la Lorraine, de l'Alsace, de la Franche-Comté, secondèrent nos soldats autant qu'il fut en leur pouvoir. Cet exemple aurait été infailliblement suivi par tous les Français. Les souverains alliés le comprirent fort bien; ce qui

explique les efforts qu'ils firent pour brusquer le dénoûment en occupant la capitale de Tempire.

Les maréchaux Ney, Berthier, Macdonald, Mortier, Victor y Marmont, Oudinot, prirent part aux opérations de cette guerre et firent noblement leur devoir. Le maréchal Lefebvre, qui aurait pu, sans ternir sa réputation, se retrancher derrière les graves infirmités qui l'affligeaient, demanda avec instance à concourir avec ses collègues à la défense du territoire; Tempereur lui donna le commandement* de l'aile gauche. Lefebvre eut un cheval tué sous lui à la bataille de Champaubert Augereau avait reçu la mission de couvrir Lyon avec un corps de i5,ooo hommes, dont la force ne tarda pas à être doublée par de nombreux détachements tirés des garnisons des Hautes, des Basses^AJpes, et des dépôts de l'intérieur. Ce maréchal aurait pu faire une diversion des plus favorables par la Franche-Comté, en se liant à l'aile droite de l'armée de Champagne ; il montra en cette occasion autant de timidité que d'irrésolution. Son patriotisme fit naufrage sur les bords de la Saône, et le héros de Castiglione disparut au milieu de cette tempête.

Après les maréchaux on doit citer les généraux qui les secondèrent avec le plus de succès, Grouchy, Kellermann , Saint-Germain , Lefebvre-Desnouettes : commandants des corps de cavalerie trèsfaibles, ils surent suppléer au nombre par leur habileté, et livrèrent une infinité de combats partiels d'où ils sortirent toujours vainqueurs. La

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